Les axes d’innovation les plus porteurs au Québec


Mis en ligne le 26 Avril 2012 à 13:49   |  Luc Vallée

Il existe plusieurs axes d'innovation. On parle souvent des axes suivants : innovation de procédé, innovation de produit, innovation de commercialisation et innovation de gestion (structure organisationnelle).
 
 
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Tous ces axes sont porteurs, mais l’axe d’innovation relié à la commercialisation est sous-développé au Québec et offre, selon moi, le plus de potentiel pour les entreprises québécoises.

En partie, ce déficit est dû à la double concentration de nos exportations vers les États-Unis et dans le secteur des ressources naturelles.

Avec la montée fulgurante d’Internet, les canaux de distribution et de marketing des produits et services sont en train de connaître une véritable révolution qui offre à nos entreprises une occasion unique de pénétrer de nouveaux marchés et de nouveaux créneaux d’affaires au détriment d’entreprises déjà établies sur ces marchés et dans ces créneaux depuis longtemps.

Ces entreprises négligent souvent les opportunités offertes par les nouveaux média et les nouvelles technologies de l’information. Soit parce qu’elles sont déjà bien établies et se pensent à l’abri de la concurrence. Ou soit parce que ces organisations ne sont pas assez flexibles ou n’ont pas les connaissances suffisantes pour s’adapter à cette nouvelle réalité très fluide.

Cette dernière exige non seulement une maîtrise des nouvelles technologies de l’information et des nouveaux média, mais une connaissance de ses impacts sur la conduite des affaires.

Or, ces technologies et ces média sont difficiles à maîtriser car ils sont nouveaux et en évolution rapide.

Le succès de nos entreprises dépendra de leur capacité à innover dans ces domaines et à tabler sur l’innovation pour mettre en marché leurs produits et services dans leurs marchés traditionnels (É.-U.) et dans de nouveaux marchés en expansion rapide (BRIC).

En deuxième lieu, l’innovation de gestion jouera un rôle crucial dans le déploiement des stratégies de commercialisation des entreprises de demain.

La mondialisation exige de plus en plus que les entreprises se spécialisent dans les créneaux où elles sont le plus efficace ou qu’elles se repositionnent dans des créneaux ou même des secteurs plus porteurs.

Pour cela, elles doivent examiner comment elles se positionnent présentement dans la chaîne de valeur de leur secteur et choisir de se concentrer seulement dans des créneaux où elles ont des avantages comparés et où elles peuvent ajouter de la valeur.

Non seulement cela leur permettra de maintenir leur position concurrentielle plus longtemps dans les marchés qu’elles occupent déjà, mais elles éviteront ainsi de gaspiller des ressources précieuses à des activités condamnées à disparaître à court terme.

Ces ressources pourront ainsi être redéployées dans les créneaux porteurs de l’entreprise afin de maintenir ses avantages et réinvesties dans de nouvelles stratégies de commercialisation de ces avantages dans d’autres marchés et d’autres créneaux.

En conclusion, les axes d’innovation de procédé et de produit vont continuer à occuper une place importante dans  le paysage de l’innovation, mais les axes de l’innovation de commercialisation et de gestion constitueront de plus en plus des éléments incontournables de la réussite en affaires.

En d’autres mots, le succès n’appartiendra pas d’emblée à ceux qui inventent de nouveaux produits et des nouveaux procédés, mais bien à ceux qui sauront comment adapter leur organisation pour maximiser la commercialisation de leur produits et services.

Le succès commercial permettra alors à ces entreprises d’avoir les moyens de leurs ambitions et de consolider leur place sur les marchés simplement en finançant l’innovation ou en l’acquérant.

Toutefois, ces entreprises devront rester aux aguets car elles ne sauront préserver leurs position dominante que si elles travaillent sans relâche à rendre leurs organisations plus optimales et à continuellement raffiner leurs stratégies de commercialisation.

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Ex-économiste en chef de la Caisse de dépôt et placement, il publie un blogue, The Sceptical Market Observer, sur les turbulences socio-économiques. Luc Vallée est actuellement économiste en chef et directeur de la recherche et de l’analyse à Développement économique Canada. Il a été aussi vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec de 2001 à 2008. De 1999 à 2001, M. Vallée a été successivement chef de la direction financière et vice-président, stratégie corporative de Mediagrif. De 1997 à 1999, il a été trésorier associé au Canadien National. M. Vallée a aussi été professeur agrégé d'économie appliquée à l'École des HEC de 1989 à 1996. Il déteint un Ph.D. en économie du M.I.T. Depuis juin 2009, il publie son blogue à l’adresse suivante : http://scepticalmarketobserver.blogspot.com