Séries de la LNH : un scénario de rêve pour NBC Sports Network


Mis en ligne le 2 Mai 2012 à 5:12   |  Jean-Pierre Racine

L’un des principaux faits saillants de la dernière saison de la LNH, qui est grandement passé inaperçu, a été le lancement du nouveau NBC Sports Network de NBC le 2 janvier dernier. Il s’agissait là d’un événement majeur dans le monde de la télévision américaine et pour la LNH.
 
 
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Le nouveau NBC Sports Network est tout simplement né de la réorganisation par NBC de son ancienne chaîne de télévision spécialisée dans les sports professionnels, Versus.

En avril 2011, NBC et Versus annonçaient qu’ils avaient conclu une entente de deux milliards de dollars pour prolonger de 10 ans l’entente qui les lie avec la LNH pour la diffusion des matchs partout aux États-Unis.

Le principal fait d’armes de Gary Bettman, le commissaire de la LNH, est sans équivoque tout le travail qu’il a accompli pour permettre à la ligue de décrocher ce qui lui avait toujours échappé, c’est-à-dire un très lucratif contrat de télévision avec une des grandes chaînes nationales aux États-Unis.

À l’exception d’un essai d’un an pour la saison 1974-1975, la LNH n’avait jamais
eu d’entente avec un des quatre grands de la télévision aux États-Unis. C’est avec l’arrivée de Bettman que tout est devenu possible, car, tel un artisan, le commissaire a su mettre en place les conditions gagnantes pour que la LNH y arrive enfin.

Une première entente est survenue avec ABC à temps pour la saison 1992-1993. ABC a assuré une couverture nationale somme toute minimale des activités de la LNH jusqu’à la conclusion de la saison 2003-2004.

NBC a par la suite pris la relève d’ABC en 2006. C’est avec NBC que la LNH a enfin obtenu un statut se rapprochant à celui de la NBA, des MLB et de la NFL en terme de visibilité nationale à la télévision américaine.

Le gros lot de deux milliard de dollars que la LNH a soutiré à NBC tient à une seule
chose : la LNH est aujourd’hui présente dans la plupart des régions des États-Unis.

Par le passé, la LNH ne pouvait pas conclure d’entente avec les chaînes nationales américaines du fait que la LNH était à leurs yeux une ligue régionale aux États-Unis. Grâce au travail de Gary Bettman, la LNH est maintenant présente en Floride, dans le sud au Tennessee et en Caroline, au Texas, en Arizona, en Ohio et peut-être bientôt dans le nord-ouest à Seattle (une bonne région de hockey pour ceux qui connaissent les Chiefs de Spokane).

En faisant de la LNH une véritable ligue nationale aux États-Unis, Gary Bettman a ouvert un univers de possibilités sur un marché de près de 325 millions de consommateurs. Le
potentiel de croissance pour la LNH et le hockey y est tout simplement énorme.

Les actuelles séries éliminatoires de la LNH sont un véritable scénario de rêve
pour NBC et le nouveau NBC Sports Network.

En effet, une équipe de chacune des grandes régions des États-Unis y participe, ce qui assure une certaine uniformité de l’intérêt partout au pays.

Les Panthers de la Floride ont participé à la première ronde. Les Predators de Nashville, malgré les contre-performances et les frasques d’Andrei Kostitsyn et Alexander Radulov à Phoenix, font vivre de beaux moments aux gens du Sud. Les Kings font rêver les Californiens, les Blues ceux du Midwest. Finalement, un certain engouement pour le hockey de la LNH revit à Phoenix en Arizona, à un point tel que l’équipe a maintenant de bonnes chances de survivre.

Le hockey de la LNH à Phoenix doit être vu comme un mal nécessaire. La LNH est prête à y perdre de l’argent afin de continuer à offrir une présence sur le marché clé du
sud-ouest des États-Unis à son partenaire NBC qui paye le gros prix à la LNH pour la télédiffusion des matchs. Avec Phoenix, ce que la LNH perd d’une main
au guichet, elle le reprend de l’autre avec la télévision nationale.

Grâce à 16 parties en prolongation, un record, et 32 parties qui se sont terminées avec un écart d’un but lors de la première ronde des séries éliminatoires 2012, NBC a fracassé tous les records d’écoute pour une première ronde des séries éliminatoire de la LNH aux
États-Unis selon les données de Nielsen.

La première ronde des séries éliminatoires 2012 a été regardée par 30,9 millions de téléspectateurs sur NBC et NBC Sports Network comparativement à 23,9 millions la saison dernière sur NBC et Versus, une augmentation de 29 %!

Le septième match de la série Bruins-Capitals a été vu par 1,32 million d’Américains,
ce qui représente une hausse de 43 % par rapport au septième match de la série Bruins-Canadiens de la saison dernière qui avait été vu par 926 000 de téléspectateurs.

La LNH, NBC et NBC Sports Network sont bien placés pour continuer à fracasser des records d’écoute au cours des prochaines rondes. Imaginez une finale qui opposerait les équipes des deux plus gros marchés de la ligue, New York et Los Angeles!

Au Canada, la LNH a en quelque sorte atteint le sommet de sa popularité. Le potentiel de croissance y est donc beaucoup moins grand. De plus, la clientèle est passionnée de hockey et elle est acquise à la LNH, peu importe la qualité du produit.

Au fur et à mesure que la LNH et NBC continueront de progresser et de transformer les gains potentiels en gains réels comme c’est le cas en ce moment dans les séries éliminatoires 2012, les partisans de la LNH du Canada, qui ont été choyés pendant très longtemps, devront apprendre à vivre avec le fait que le centre de gravité politique de la LNH se déplace de plus en plus vers les marchés américains.

L’influence suit l’argent et le marché. Les décisions risquent donc se prendre de plus en plus en fonction de l’intérêt de ces marchés. C’est pour cela que Québec demeure malheureusement rien d’autre qu’un gros plan B pour la LNH.

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Jean-Pierre Racine est impliqué dans les sports de compétition d’élite (hockey, baseball et football) depuis plus de 35 ans. Détenteur d’une certification d’entraîneur du Programme national de certification des entraîneurs (PNCE-Coach Canada – Baseball), il est le père de deux garçons pratiquant des sports de compétition. Diplômé de l’Université Concordia à Montréal en sciences politiques, Jean-Pierre Racine est à l’emploi du Gouvernement du Canada à titre d’analyste et conseiller en matière d’élaboration de politiques depuis 1998. Actuellement en poste depuis 2001 à l’Agence de développement économique Canada pour les régions du Québec à Montréal, il a travaillé auparavant au Conseil du trésor (1998-1999), au ministère du Revenu national (1999) et à l’Agence des douanes et du revenu du Canada (2000-2001) à Ottawa.