Gestionnaire de fonds mutuels : mission impossible


Mis en ligne le 16 Mai 2012 à 6:06   |  Louis Rhéaume

Est-ce qu'un gestionnaire de portefeuille peut battre un indice sur une longue période de temps?
 
 
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Seule une minorité de gestionnaires réussissent cet exploit. Des études indiquent qu’au moins 75 % des gestionnaires de fonds mutuels sont incapables de battre les indices de marché à long terme S&P TSX ou encore S&P 500.

Et en capital de risque, c’est encore pire. Une étude de la Kauffman Foundation démontre que seulement 22 % des fonds de capital de risque américains battent le Russel 2000, l’indice de marché à long terme de l’industrie.

Mon professeur en finance à Concordia, Lawrence Kryzanowski, aimait répéter que les meilleurs gestionnaires de fonds mutuels de l’année dans les magazines financiers sont rarement les mêmes, d’une année à l’autre.

Le gestionnaire de fonds mutuels «étoile» qui bat largement les indices à court terme peut aussi faire la couverture des journaux ou magazines, mais il faut s’en méfier.

Est-il la saveur du jour ou plutôt un gestionnaire qui peut véritablement créer de la valeur à long terme?

Je me souviens de Franck Mersch d’Altamira qui prenait des positions gigantesques dans l’or et les titres aurifères et qui a été pendant quelques temps «le gestionnaire de fonds mutuels de l’année». Le Financial Post l’a même appelé le Wayne Gretzky des fonds mutuels au Canada.

Lui et plusieurs de ses collègues ont couru des risques importants qui se sont retournés contre eux quand le prix de l’or a chuté. De plus, il a été banni quelques mois par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario pour un mensonge sur une transaction d’initiés. Il a dû se tourner vers un fonds de couverture pour poursuivre sa carrière en finance.

Et il y a ces gestionnaires de fonds mutuels qui copient volontairement l’indice de marché (par industries et par titres vedettes). Est-ce qu’ils méritent leur 2 % annuel en frais de gestion? Pas vraiment quand on peut acheter un fonds indiciel qui reproduit l’indice de marché pour aussi peu que 0,25 % en frais annuel.

La profession de gestionnaire est donc difficile à long terme, et le succès est souvent ponctuel et aléatoire.

Tout le monde voudrait bien être Warren Buffett, mais il n’y a qu’un seul et unique oracle d’Omaha.

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Louis Rhéaume est consultant en gestion et finances et enseigne à la Télé-Université. Il a aussi son propre blogue, Infocom Analysis, qui couvre le secteur technologique.