À la prochaine fois pour les amateurs de hockey du Québec qui souhaitent le retour de la LNH dans la Vieille Capitale.
C’est la conclusion que j’ai tirée en regardant la conférence de presse du commissaire de la LNH, Gary Bettman, lundi soir, au sujet de l’entente de principe entre la ligue et Greg Jamison qui se porte acquéreur des Coyotes de Phoenix.
M. Jamison s’est engagé à maintenir l’équipe dans le désert de l’Arizona moyennant qu’il réussisse à obtenir 17 millions de dollars par saison de la ville de Glendale pour la gestion et l’entretien de l’amphithéâtre où évoluent les Coyotes en banlieue de Phoenix.
Il appert que l’aide de la ville de Glendale à l’équipe de la LNH serait, cette fois-ci, à
l’abri d’éventuelles poursuites de l’Institut Goldwater, l’organisme néolibéral de politiques publiques basé à Phoenix, qui a à l’œil la LNH et la ville dans ce dossier et qui s’oppose à toute participation publique dans le projet.
Avec les succès inespérés des Coyotes sur la patinoire, un certain engouement s’est de nouveau emparé des amateurs de sport spectacle de l’Arizona pour leur équipe de
hockey. Cet engouement privera possiblement, également, l’Institut Goldwater de l’appui d’une partie de l’opinion publique, omnibulée par le rêve de la Coupe Stanley.
Ce regain de popularité arrive à point nommé pour la LNH et pour Jamison, car ils
pourront relancer, à court terme, les ventes de billets et ainsi assurer la survie de la franchise pour encore quelques saisons.
Selon toute vraisemblance, la fenêtre d’opportunité semble donc s’être fermée pour la ville de Québec en ce qui concerne la possibilité que les Coyotes y déménagent prochainement.
Malheureusement, cette fenêtre d’opportunité semble également s’être fermée en ce qui concerne les Panthers de la Floride qui, à l’instar des Coyotes, ont renoué avec les succès sur la patinoire et au guichet cette saison.
Les Islanders de New York et leurs partisans, quant à eux, entrevoient le futur avec optimisme avec l’éclosion de l’excitant John Tavares et avec la possibilité de jouer des parties locales à Brooklyn dans le tout nouveau et luxueux Barclays Center localisé près de l’une des principales gares de New York.
Le quartier de Brooklyn est situé à l’extrémité ouest de Long Island où évoluent présentement les Islanders.
Par ailleurs, le quartier de Queens, qui fait également partie du territoire des Islanders, est l’endroit où est né et a grandi Garry Bettman.
Les promoteurs d’un retour de la LNH à Québec doivent maintenant se concentrer sur la mise en place des conditions gagnantes afin d’être fin prêt lorsque la prochaine fois arrivera.
Comme je l’expliquais dans mon billet de la semaine dernière intitulé, Séries de la LNH : un scénario de rêve pour NBC Sports Network, le marché de Phoenix et de l’Arizona doit être considéré comme un marché stratégique pour la LNH en raison de l’importance qu’il revêt pour le lucratif partenariat entre la ligue et la chaîne nationale de télévision NBC.
Ceux qui travaillent au retour de la LNH à Québec devront bien jauger l’importance stratégique pour la ligue des franchises qu’ils ciblent.
J’ai toujours cru que la concession des Panthers de la Floride aurait dû être celle que les promoteurs de Québec ciblent en tout premier lieu. En effet, le marché de la Floride étant également occupé par le Lightning de Tampa Bay, le départ des Panthers ne mettrait pas en péril la visibilité de la ligue dans cette région. Pour cette raison, le marché du sud de la Floride n’est pas aussi stratégique que celui de Phoenix.
Avec le projet du nouvel amphithéâtre, les promoteurs d’un retour de la LNH à Québec ont mis en place une des principales conditions gagnantes pour l’obtention d’une concession.
Ils devront maintenant travailler à d’autres conditions gagnantes comme l’engagement de l’ensemble du monde des affaires de la région de Québec au projet, et plus particulièrement, à l’engagement envers l’achat de loges corporatives et d’abonnements de saison.
On le sait, le monde du sport spectacle dépend aujourd’hui de la clientèle corporative en ce qui concerne les ventes au guichet.
Près de 75 % des 21 273 billets pour les matchs des Canadiens de Montréal sont vendus à des entreprises détenant des abonnements de saison.
Les promoteurs du projet à Québec devraient essayer d’obtenir un engagement formel et concret pour l’achat de 12 000 abonnements de saison (41 matchs X 2 billets
X 100$ = 8 200$ pour une paire) et pour l’achat des loges. Un tel effort nécessiterait l’implication immédiate de 3 000 à 5 000 entreprises de la région et des régions environnantes.
Une franchise de la LNH à Québec n’amènera pas vraiment de revenus supplémentaires (ou très peu) à ligue en ce qui concerne les contrats de télévision. Ainsi, contrairement à certains marchés américains, l’attrait de Québec pour la LNH serait avant tout pour les revenus de guichet, d’où l’importance de démontrer, d’entrée de jeu et hors de tout doute, la viabilité du projet pour le long terme.
L’ensemble des conditions gagnantes devront être en place dès qu’une opportunité se
présentera de nouveau, car comme on le voit présentement, une fenêtre d’opportunité finit toujours par se refermer plus rapidement qu’on le pense.
À la prochaine fois !
