On le sait, les couronnements de monarques ont toujours été accueillis dans une indifférence relative par les Québécois. Le couronnement des Kings à titre de champions de la Coupe Stanley ne devrait pas faire exception.
Le Québec est un peu comme une quasi-république vivant dans un œuf. Bien que l’éclosion n’ait jamais eu lieu au fil de quatre tentatives républicaines avortées tout au long de son histoire, il n’en demeure pas moins que le rêve républicain n’a pas encore été tué dans l’œuf.
Cet état de fait peut expliquer l’ambivalence et l’ambiguïté collective dont font preuve les Québécois dans bien des domaines.
Pendant que les Kings prenaient, la semaine dernière, une avance de trois parties à zéro sur les Devils, l’attention des amateurs de hockey du Québec s’est portée sur deux événements : la nomination de Michel Therrien à titre d’entraîneur-chef des Canadiens de Montréal et l’approbation par le conseil municipal de la ville de Glendale du plan de sauvetage des Coyotes de Phoenix.
Vraiment, cette finale n’a pas semblé avoir suscité beaucoup d’intérêt au Québec.
Aux États-Unis, les cotes d’écoutes pour les quatre premières parties de la finale ont été bien en deçà des attentes. Selon les données, NBC a attiré en moyenne 2,1 millions de téléspectateurs par partie pour les quatre premiers affrontements de la finale, soit la plus faible moyenne depuis 2004.
L’indifférence quant au couronnement des Kings risque donc d’avoir été généralisée.
Le point tournant de ce sixième match a sans contredit été la pénalité majeure à Steve Bernier des Devils pour avoir donné de la bande, au milieu du premier engagement, ce qui a résulté à un avantage numérique de cinq minutes pour les Kings et à l’expulsion de Bernier du match.
Les Kings ont fait flèche de tout bois lors de ce jeu de puissance, enfilant rien de moins que trois buts (Dustin Brown, Jeff Carter et Trevor Lewis), si bien qu’ils n’ont plus jamais regardé en arrière par la suite, forts d’une avance de trois à zéro.
Le Trophée Conn Smythe, octroyé au joueur le plus utile des séries éliminatoires, a été décerné à Jonathan Quick le cerbère des Kings qui a été dominant tout au long des séries éliminatoires avec une impressionnante moyenne de buts alloués de 1,41 et un taux d’efficacité de .946.
On dit souvent que les Québécois ont deux passions ou sports préférés : le hockey et la politique.
Au même moment où les Kings, une équipe fondée en 1967, soulevaient la Coupe Stanley pour la première fois de leur histoire, le Parti Québécois, une formation politique fondée en 1968, gagnait pour la première fois de son histoire la circonscription électorale d’Argenteuil que le Parti Libéral détenait depuis 1966.
J’ai l’impression que le résultat des partielles fera autant jaser, sinon plus, les Québécois que la conquête de la Coupe par les Kings.
La victoire des Kings, qui n’ont même pas joué pour .500 lors de la saison régulière (lorsque l’on comptabilise les défaites en prolongation et en tirs de barrage avec les défaites à la régulière), confirme que tout est toujours possible pour les équipes de la LNH au cours d’une saison.
Dans mon billet portant sur mes prédictions en vue de la Coupe Stanley, j’avais qualifié cette finale, de finale de l’espoir.
Les partisans des Canadiens peuvent se réjouir. Leur équipe pourrait rapidement être de nouveau compétitive et ce, dès la saison prochaine.
J’ai comme l’impression que les Québécois seront forts occupés à leurs deux sports favoris tout au long de l’automne et de l’hiver prochain.
Il faudra garder à l’esprit l’ambivalence et l’ambiguïté des Québécois lesquelles font en sorte, à l’instar de la parité dans la LNH, qu’il n’y a jamais rien de gagné et de perdu d’avance pour quiconque.
Après tout, qui croyait, au début du mois d’avril dernier, que les Kings gagneraient la Coupe?
Bilan final de mes prédictions pour les séries éliminatoires 2012 : 9 bons choix sur 15 pour une moyenne de .600.
