Quel buzzword! Je crois que le mot est plus tendance que la vague associée, il y a deux ans, aux médias sociaux. (Avez-vous une stratégie de médias sociaux? Quelle honte, vous n’avez pas de community manager!).
Et kossa donne, comme dirait l’humoriste Yvon Deschamps? Un gros boui-boui de réflexions qui n’aboutissent à rien de concret, qui partent dans toutes les directions.
On dirait une grande recherche de la «voie», de la quête de la parole ultime, du Saint Graal de la réussite.
Le dictionnaire de la physiologie du cerveau y passe : hémisphère droit, hémisphère gauche, lobe frontal, zone de réflexion arrière du cerveau, et quoi d’autres?
Ah oui! Saviez-vous que les rencontres de remue-méninges, c’est out et que la théorie des deux cerveaux est dépassée? Nous en sommes à la mémoire intelligente et au design thinking.
Barry Gordon et Lisa Berger parlaient déjà de mémoire intelligente… en 2004! Imaginez comme vous êtes out!
Sentez-vous poindre une montée de lait? Je suis à la fois découragé, mais aussi impressionné par ces nouveaux gourous de l’innovation qui crée avec beaucoup de succès ce buzz et complexifie avec abus ce qu’est l’innovation.
Ce qu’ils cherchent à faire? À vous de juger… Probablement du développement d’affaires. Oups! De l’innovation d’affaires!
Ce qui me décourage, c’est la panoplie de pseudo spécialistes qui brouillent les ondes et rendent le tout (c.-a.d. la compréhension de la créativité, de l’innovation et de la création des idées) moins digeste.
Ce qui me dérange, c’est que Steven Johnson parlait de tout ça, en 2010, et c’était pas mal plus clair qu’aujourd’hui comme en témoigne son livre, Where Good Ideas Come From.
En résumé, c’est simple : l’innovation ou les idées proviennent d’autres idées générées par les multiples interactions entre les humains. Me voyez-vous venir avec les remue-méninges?
Rien ne se perd, rien ne se crée. Tout provient d’une autre idée!
Quant à moi, je sais une chose : le remue-méninge, ou le brainstorming comme on l’appelle dans les milieux de travail, n’est pas inutile, dans la mesure ou la rencontre n’est pas la finalité.
On ne trouvera pas nécessairement l’idée géniale. On ne créera pas un nouveau produit lors d’une rencontre d’une heure.
Mais, plus tard, naitra certainement un «moment Euréka». Vous savez, ce petit moment où les «fils se touchent», et que l’idée géniale surgit.
Ça peut être dans votre douche, lors d’une conversation, en lisant un livre, lors de votre entraînement quotidien. Ce petit moment inattendu surgit souvent lors de moments de grand calme où le cerveau ne tente justement pas de résoudre un problème.
C’est la capacité du cerveau de faire des liens entre des notions acquises – bien souvent enregistrées dans un tiroir du cerveau – et de nouvelles infos qui arrivent et qui doivent être enregistrées dans un nouveau tiroir. Lle cerveau décortique alors et catégorise les infos dans notre cerveau.
À certains moments, le cerveau prend deux tiroirs et les lie ensemble. C’est le «moment Euréka» ou la collision des pressentiments, intuitions ou feelings comme le décrit Steven Johnson.
Avons-nous besoin alors d’une conférence à 3 000 dollars ou juste de la stimulation humaine et de celle du cerveau?
Des idées, des humains
Une autre certitude : il faut mettre en place une multitude de conditions gagnantes pour générer de l’innovation. Il n’y a pas de pilules magiques, pas de trucs simples, pas de saveurs de mois ou de tours rapides. Tout est basé sur «l’humain».
Parmi les conditions gagnantes, il faut :
- se rappeler que la peur est l’ennemi public nº 1 d’une culture d’innovation. Dans la même veine que le statu quo est l’ennemi principal des organisations. Donc, permettez-vous de faire des erreurs. Selon certaines sources, entre 50 et 70 % de toutes les nouvelles innovations de produits échouent, …même dans les entreprises à succès. La différence entre ceux qui réussissent à innover et ceux qui n’y parviennent pas, c’est que les entreprises fructueuses ont beaucoup d’idées, des tests, des pilotes et des «innovations» dans leurs portefeuilles de projets.
- avoir du plaisir dans votre environnement de travail. Donc, pas de control freak dans les parages.
- augmenter les «stimulis» de vos employés. Pour créer de l’innovation, vos employés ne doivent pas se sentir dans une salle d’attente d’urgence d’hôpital aux murs verts malades. Mettez de la couleur, ajoutez des photos inspirantes. Cela aidera vos équipes à penser différemment.
- faire «voyager» ses employés. Envoyez-les visiter des musées, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions photos.
- donner du temps pour voir autre chose. Suggérez des TED Talks. Je trouve que cette plateforme est la parfaite «image» de ce concept de partage et de diffusion des idées.
- faire de vos clients des partenaires de votre innovation. Vous ne développerez pas d’innovation révolutionnaire avec vos clients. Toutefois, vous allez améliorer de façon très efficace vos produits si vous «écoutez» vos clients. Ainsi, il faut toujours obtenir le «feedback» des clients avant d’engager des ressources sur le développement d’un produit.

