Inactif depuis le mois d’octobre dernier en raison d’une blessure ligamentaire à un genou, Galchenyuk était en quelque sorte la carte cachée de ce repêchage.
Les Canadiens ont considéré que cette blessure n’aurait pas d’impact sur le développement de ce gros et talentueux joueur de centre.
Avant sa blessure, Galchenyuk arrivait en tête de bon nombre de listes des plus beaux espoirs en vue du repêchage de cette année.
Compte tenu qu’il n’y avait pas vraiment un joueur qui ressortait plus qu’un autre après le premier choix, Nail Yakupov (Oilers d’Edmonton), et le deuxième choix, Ryan Murray (Blue Jackets de Columbus), la décision du CH de choisir Galchenyuk au troisième rang représente un beau risque.
Une fois prêt pour la LNH, Galchenyuk devrait permettre au CH de résoudre une vieille lacune à la position de centre.
Galchenyuk possède non seulement un gros gabarit (six pieds et un pouce et deux cents livres), mais il est également reconnu pour son éthique de travail, son intensité au jeu, ses bonnes mains et la qualité de ses tirs.
Reconnu comme un fabriquant de jeu, Galchenyuk a récolté, à sa dernière saison junior complète, il y a deux ans, 83 points en 63 parties (31 buts et 52 passes).
Galchenyuk est un Américain natif de Milwaukee, au Wisconsin, d’un père russe qui a joué quelques saisons dans la Ligue américaine. Du hockey, il en mange donc depuis qu’il est né.
Puisqu’il a été inactif toute la saison, il serait très étonnant que Galchenyuk réussisse à percer l’alignement du CH pour la prochaine saison. Je ne crois pas non plus qu’il retournera avec son équipe de la Ligue junior de l’Ontario, le Sting de Sarnia. Il portera sans doute l’uniforme des Bulldogs d’Hamilton la saison prochaine.
Conséquemment, à moins d’un échange ou d’une signature d’un agent libre de premier plan, il appert que Lars Eller ou Louis Leblanc pourraient se retrouver à la position de centre la saison prochaine après avoir été utilisés, en grande partie, comme ailiers la saison dernière.
Le CH semble donc en mode reconstruction sur le moyen et long terme plutôt que sur une relance immédiate du club.
L’arrivée de Galchenyuk renforce également le fort contingent de joueurs américains chez le CH (Cole, Pacioretty, Gionta, Gomez, Geoffrion, Tinordi, Kristo).
Il faudra s’habituer à voir de plus en plus d’amerloques évoluer avec le CH et dans la LNH, car les succès de l’équipe junior américaine aux championnats du monde juniors sont de plus en plus importants et soutenus.
Depuis quelques années, l’équipe junior américaine se retrouve sur le podium année après année alors qu’elle n’y accédait qu’une ou deux fois par décennie par le passé.
Les hockeyeurs américains n’ont plus vraiment rien à envier aux autres. D’ailleurs, je crois que les États-Unis devraient être considérés comme les grands favoris pour les prochains jeux olympiques de Sochi en Russie en 2014. Les Jonathan Quick, Ryan Suter, Patrick Kane et Zach Parise m’impressionnent.
Il faut dire que les jeunes hockeyeurs américains peuvent compter sur ce qui est considéré comme le meilleur système de développement des athlètes amateurs au monde. Le modèle du sport scolaire au secondaire (High School) et celui du réseau de la National Collegiate Athletic Association (NCAA) ont fait leurs preuves.
Le hockey québécois quant à lui, ne semble pas connaître ses meilleurs moments. Le seul québécois repêché en première ronde, Michael Matheson au 24e rang par les Panthers de la Floride, a décidé en 2010 de passer outre une carrière dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) préférant poursuivre son cheminement dans le réseau collégial américain.
Le déclin du hockey au Québec est multifactoriel.
Dans mon prochain billet, la semaine prochaine, j’explorerai quelques effets pervers de la structure de développement du hockey au Québec et des programmes sports-études qui selon moi expliquent en partie les déboires du hockey québécois.
