Pourquoi les jeunes joueurs de hockey devraient jouer au baseball l’été


Mis en ligne le 11 Juillet 2012 à 5:16   |  Jean-Pierre Racine

Au fil de plusieurs générations, les jeunes du Québec jouaient au hockey l’hiver et à la balle l’été. Les hockeyeurs professionnels québécois ont, dans la très vaste majorité des cas, grandement bénéficié de la pratique du baseball dans leur cheminement d’athlète et de carrière.
 
 
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Cette tradition mériterait d’être maintenue dans le développement de nos jeunes joueurs de hockey, car la pratique du baseball offre des possibilités uniques de développement pouvant être fort utiles aux hockeyeurs.

On dit souvent des bons joueurs de hockey qu’ils ont de bonnes mains. Eh bien, ça prend de bonnes mains pour jouer au baseball. La pratique de ce sport est en fait une excellente façon de développer les «mains» d’un athlète.

Le baseball est probablement le sport de prédilection pour le développement des capacités de coordination œil-main qui s’avèrent également fort utiles au hockey, notamment pour la réception des passes et les tirs sur réception, par exemple.

Ponctué de plusieurs longs temps morts, le baseball est le sport d’équipe faisant le plus de place à des éléments d’ordre cérébral. Essentielles à la pratique du baseball, les capacités d’observation, de collecte et de traitement de l’information, d’anticipation, de gestion de l’échec et de prise de décision tactique sont généralement bien développées chez les adeptes de ce sport.

Ces éléments sont formateurs pour la pratique des sports d’action comme le hockey dans la mesure où ils peuvent amener les hockeyeurs à utiliser de manière plus optimale leurs capacités cérébrales sur la patinoire.

Le baseball est également un sport de haute concentration. Toujours en raison des nombreux temps morts, le joueur de baseball doit constamment faire l’effort mental de garder un niveau élevé de concentration, car les moments d’oisiveté peuvent être très coûteux au baseball.

Un bon gardien de but au hockey se doit d’avoir un niveau de concentration comparable à un receveur au baseball à titre d’exemple.

La principale faiblesse de Carey Price est probablement son incapacité de garder un niveau de concentration des plus élevés pendant 60 minutes. Carey semble toujours avoir un petit moment d’inattention dans un match, si bien qu’il accorde souvent un mauvais but.

Patrick Roy et Martin Brodeur jouaient au baseball l’été.

Émile «Butch» Bouchard, dont le numéro trois a été retiré par le CH, est le fondateur d’une des plus vieilles équipes juniors, tous sports confondus, en opération au Québec : les Ducs de Longueuil, de la Ligue de baseball élite du Québec (LBEQ), fondés en 1957.

Stéphane Richer a joué à la fois dans des équipes junior élite au hockey (Bisons de Granby de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ)) et au baseball (les Pirates d’Ahuntsic, aujourd’hui les Orioles de Montréal de la LBEQ).

Ron Fournier a également évolué avec les Pirates d’Ahuntsic qui ont été présidés dans les années 60 par Maurice Richard.

Pierre Turgeon et Stéphane Matteau étaient tous les deux membres de l’équipe pee wee de baseball de Rouyn-Noranda qui a représenté le Canada à la Little League World Series à Williamsport en 1982.

Depuis quelques années, les jeunes hockeyeurs québécois se sont éloignés du baseball en raison des programmes de sports-études qui mènent à la pratique du hockey à l’année longue et en raison de la baisse de popularité du baseball au Québec.

Baseball Québec a réussi freiner cette baisse, une hausse des inscriptions ayant été observée à la fédération au cours des dernières années.

Le baseball demeure profondément ancré dans notre culture particulièrement dans des régions comme Québec et la Mauricie (Trois-Rivières). Le baseball connaît présentement un bel essor au Saguenay.

On le sait, les programmes de développement de sports-études sont un véritable succès. Une des seules critiques qui leur est adressée, en plus de leur accessibilité pour les jeunes issus de milieux défavorisés (voir mon billet intitulé «Le hockey : sport national ou sport de riches»), est le fait qu’ils poussent souvent les athlètes à se spécialiser trop rapidement dans un sport et à le pratiquer 365 jours par années.

En pratiquant le même sport à l’année longue, les jeunes athlètes sollicitent constamment le même groupe de muscles et d’articulations de leur corps, ce qui n’est pas nécessairement optimal pour leur développement athlétique à long terme en plus d’augmenter les risques de blessures.

Au baseball, la sur-spécialisation en bas âge des athlètes fait en sorte que des adolescents doivent maintenant subir la fameuse opération chirurgicale de Tommy  John qui vise à reconstruire des ligaments dans le coude, du jamais vu par le passé!

Les jeunes hockeyeurs du Québec ont donc intérêt à pratiquer un autre sport durant la saison morte dans le but de diversifier leur expérience athlétique, de faire reposer le groupe de muscles lié à la pratique du hockey, de faire travailler d’autres muscles et de réduire les risques de blessures.

Nicklas Lidstrom, un Européen qui n’a pas grandi avec le baseball, recommanderait la pratique du soccer, mais dans la mesure où ce sport se rapproche davantage du hockey que le baseball, il appert que le baseball demeure un meilleur choix dans la mesure où l’objectif principal est d’offrir quelque chose de vraiment différent à l’athlète.

De par ses patrons de jeux, le soccer est fort semblable au hockey. C’est un cadre mental similaire qui prévaut dans chacun de ces sports . De plus, le soccer n’offre rien aux hockeyeurs en matière de développement des mains, de la coordination œil-main et du contrôle d’un bâton.

***

Spéculations d’ascenseur :

Plusieurs partisans des Canadiens de Montréal suivent avec intérêt les pourparlers pour la mise sous contrat de l’agent libre Shane Doan pour lequel Marc Bergevin aurait démontré de l’intérêt.

Je ne crois pas ces rumeurs. Cependant, le dossier de Shane Doan est néanmoins intéressant, car le choix de ce dernier pourrait indiquer ce qui pourrait arriver avec un possible transfert des Coyotes de Phoenix à Québec. Advenant, qu’il retourne avec les Coyotes, je crois qu’il faudra voir là un autre signe que les Coyotes demeureront à Phoenix, du moins, pour la prochaine saison.

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Jean-Pierre Racine est impliqué dans les sports de compétition d’élite (hockey, baseball et football) depuis plus de 35 ans. Détenteur d’une certification d’entraîneur du Programme national de certification des entraîneurs (PNCE-Coach Canada – Baseball), il est le père de deux garçons pratiquant des sports de compétition. Diplômé de l’Université Concordia à Montréal en sciences politiques, Jean-Pierre Racine est à l’emploi du Gouvernement du Canada à titre d’analyste et conseiller en matière d’élaboration de politiques depuis 1998. Actuellement en poste depuis 2001 à l’Agence de développement économique Canada pour les régions du Québec à Montréal, il a travaillé auparavant au Conseil du trésor (1998-1999), au ministère du Revenu national (1999) et à l’Agence des douanes et du revenu du Canada (2000-2001) à Ottawa.