Une relève de Québec Inc. qui manque de passion


Mis en ligne le 27 Juillet 2012 à 9:49   |  John D.

Ils sont presque tous passés dans mon bureau.
 
 
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De grosses pointures de Québec Inc. venues m’expliquer un projet d’affaires et, depuis les dernières années, me présenter leur progéniture qui prendra leur relève.

C’est toujours un exercice intéressant qui me permet de classer le fils ou la fille dans trois grandes catégories.

La première est celle des écrasés. Ceux qui sont incapables de sortir de l’ombre du fondateur. Ils écoutent le patriarche en hochant la tête et ne prononcent pas un seul mot. Ils sont éteints et plusieurs d’entre eux éteignent aussi l’entreprise quand ils finissent par en prendre le contrôle, habituellement à la mort du père.

La seconde est celle des résignés. Reprendre l’affaire familiale n’était pas leur premier choix, mais ils le font par devoir ou parce qu’ils n’avaient pas d’autre alternative.

Les résignés sont souvent bardés de diplômes, ont une sainte horreur du risque et sont les meilleurs candidats pour une vente potentielle de l’entreprise familiale. Jje ne sais pas combien de fois j’ai entendu la phrase : «je n’avais pas le choix de vendre avec l’offre sur la table.»

Et il y a les pressés. Les ambitieux qui veulent dépasser rapidement le fondateur. Ils veulent construire leur empire. Laisser leur marque. Réaliser leurs transactions. D’expérience, les pressés atteignent leur objectif ou foncent dans le mur. Il n’y a pas de juste milieu pour eux.

Mais ce qui manque cruellement dans cette relève, c’est la passion.

Car la première génération de Québec Inc en est une de passionnés, de gens qui avaient des convictions et une vision de ce qu’ils voulaient accomplir.

Ça dérange la passion quand tu te fais appeler à 23h pendant tes vacances par un chef d’entreprise qui veut te parler d’une acquisition potentielle et qu’il te tient au bout du fil pendant deux heures.

Mais ça rassure aussi quand un entrepreneur te décrit un de ses rêves et que tu as la certitude qu’il va l’atteindre et peut être même le dépasser.

Je ne vois pas cela dans la relève. Elle est instruite et méthodique. Elle a des plans d’affaires et des réseaux.

Mais il lui manque l’étincelle dans l’oeil et ce sentiment d’urgence qu’il y a quelque chose à faire maintenant et que c’est très important.

Je ne les blâme pas. Parfois, il y a des centaines de millions de dollars en jeu. Et la deuxième génération a le devoir de protéger le patrimoine de la première.

Mais j’avoue qu’il a moins de fun maintenant dans le monde des affaires québécois…

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Notre nouveau collaborateur secret accompagne les ténors du Québec Inc depuis plus de 40 ans, et il est à l'aube de sa retraite.