Rona : une collision entre l’économique et le politique qui fera des blessés


Mis en ligne le 9 Août 2012 à 7:26   |  John D.

Rona était sur ma liste.
 
 
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Il y a de cela quelques années, j’ai dressé une liste d’entreprises québécoises susceptibles d’être la cible d’une offre publique d’achat.

Rona y était, comme CGI, l’Industrielle-Alliance, Bombardier, SNC-Lavalin et Uni-Sélect.

Ce sont toutes des entreprises solides et rentables qui peuvent compléter un réseau américain ou s’intégrer à une grosse firme internationale.

Ce sont aussi des entreprises qui sont souvent à une croisée de chemins. Les fondateurs vieillissent, les conditions de marché se détériorent, un concurrent a une stratégie mieux définie et exécutée.

Dans le cas de Rona, l’entreprise est une belle cible parce qu’elle a une couverture nationale, que son titre est dévalorisé et que le plan d’affaires de la haute direction est en panne.

C’est vrai que c’est un fleuron de l’économie québécoise. C’est aussi vrai que c’est un gros employeur et un client important pour des centaines d’entreprises d’ici.

Mais est-ce qu’il faut que le gouvernement et ses agences se mêlent de cette affaire et tentent de bloquer la prise de contrôle de Lowe’s?

Ma réponse est qu’avant d’aider Rona, le gouvernement doit adopter une politique claire pour intervenir dans une transaction privée.

Il doit identifier et quantifier les raisons qui le poussent à commettre ce geste.

Et surtout, il doit déterminer d’où proviendront les fonds pour intervenir dans ces situations.

La Caisse de dépôt et placement? Ce n’est pas l’argent du gouvernement, mais bien de ses déposants qui ont besoin de chaque sou de capital et de rendement pour garantir et payer les retraites de leurs cotisants.

Investissement Québec? Cette société d’État doit-elle aussi se transformer en chevalier blanc quand une transaction menace une grosse pointure de Québec Inc.? (En passant, la SGF, qui est aujourd’hui intégrée à Investissement Québec, a déjà détenue une part importante du capital-actions de Rona qui a été cédée pour toucher un rendement de 49 %…)

Je crains toujours les interventions des politiciens sur la scène économique, surtout en période électorale!

Facile de dire qu’il faut protéger un champion économique. Plus difficile de proposer une politique qui se tient debout pour le faire.

Car au-delà des déclarations, il faut une proposition qui passe le test du temps.

Mon pronostic pour Rona : l’offre de Lowe’s sera bonifiée et acceptée…après le scrutin du 4 septembre.

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Notre nouveau collaborateur secret accompagne les ténors du Québec Inc depuis plus de 40 ans, et il est à l'aube de sa retraite.