Dans exactement un mois, soit le dimanche de Pâques, les Canadiens seront en vacances.
Geoff Molson aura alors au moins deux bonnes journées pour se préparer à affronter une horde de journalistes qui frapperont à sa porte au retour du congé pascal pour lui demander des explications et ce qu’il comptera faire pour relancer cette organisation jadis si fière qui n’est aujourd’hui plus l’ombre d’elle-même.
Contrairement au mois de décembre dernier, où il avait été incapable de faire face aux
journalistes pour répondre à leurs questions au sujet de la nomination controversée d’un entraîneur unilingue anglophone, M. Molson devra cette fois-ci faire face à la musique.
M. Molson se doit de montrer l’exemple. Comment peut-on demander aux joueurs de se sacrifier dans le coin de la patinoire match après match alors que le président se montre incapable de répondre aux questions des journalistes lorsque tassé dans le
coin?
Par ailleurs, les journalistes devront eux aussi faire leur travail en n’hésitant pas à poser les bonnes questions et à dire les choses qui méritent d’être dites.
Depuis quelques années, il y a une forme de petite promiscuité entre certains médias
et le CH.
Pour le bien de l’organisation et de ses partisans, on devra faire une pause à ce petit jeu du «je te flatte, si tu me flattes».
C’est probablement pour cette raison que les journalistes, et par la bande les partisans, se seront fait passer un véritable sapin par le CH le 8 février 2010.
À ce moment, l’organisation avait annoncé le départ de son impopulaire directeur général, Bob Gainey.
Sous les recommandations de ce dernier, le CH avait alors nommé Pierre Gauthier, le bras droit de M.Gainey depuis 2003, pour le remplacer.
Du même souffle, il avait été annoncé, en douce, que M. Gainey demeurerait dans l’organisation à titre de conseiller de M. Gauthier.
Toute une astuce. C’est à croire que M.Gainey et ses complices se seront inspirés du fameux précis, Le Prince, de Machiavel. L’art de rester au pouvoir. L’art de créer l’illusion du changement pour mieux poursuivre la même recette plate et improductive.
Plus que toute autre personne de l’organisation, le Prince Gainey devrait être le premier à partir (pour de vrai!) dans le cadre d’un grand ménage du printemps.
Bob Gainey a fait un tort incalculable à l’organisation. Il est l’architecte de la plus
longue disette de l’histoire des Canadiens.
Il a non seulement fait du CH une équipe perdante et ennuyante sur une base régulière, mais il a également fait perdre au CH son identité en s’employant à sortir de Montréal les joueurs francophones, les uns après les autres.
Comprenez-moi bien. D’une part, dire que les joueurs francophones représentent une facette intrinsèque de l’identité historique du CH n’est pas une opinion, mais bien un fait.
D’autre part, ça ne veut pas dire que les autres joueurs ne sont pas appréciés et recherchés.
Comme la majorité des partisans, je souhaitais que M. Gainey signe Marian Gaborik en 2009. J’adorais Jaroslav Halak. J’aurais aimé que M. Gainey réussisse à convaincre M. Gauthier de mettre sous contrat Jaromir Jagr, l’été dernier. Les joueurs de premier plan européens et américains font l’unanimité.
Ce qui ne passe pas, c’est que l’on ait sacrifié les Mike Ribeiro, Patrice Bergeron et Claude Giroux pour des joueurs d’ailleurs au talent douteux et au parcours discutable.
Que l’on ait préféré un joueur de secondaire du Minnesota, David Fischer, qui n’avait jamais évolué dans les rangs juniors ou universitaires, à Claude Giroux qui avait fait ses preuves avec les Olympiques de Hull de la LHJMQ, dépasse le gros bon sens.
Ce qui ne passe pas ce sont ces imbroglios à répétition impliquant Gainey, directement ou indirectement, et des francophones : l’affaire Brière et les congédiements des Julien, Carbonneau et Martin.
Ironiquement, un des meilleurs joueurs du CH ce soir a été celui-là même qui est imposé aux entraîneurs par le duo Gauthier-Gainey. En effet, Scott Gomez a préparé, entre autres, une belle pièce de jeu qui a mené au deuxième but des Canadiens (Max Pacioretty).
Les Canadiens ont connu une excellente troisième période prenant tout d’abord les
devants trois à deux grâce à un deuxième but en avantage numérique (Thomas Kaberle) puis quatre à deux sur un but chanceux de Lars Eller qui a tiré de l’arrière du filet des Oilers, la rondelle rebondissant sur le dos du gardien, Nikolai Khabibulin, jusque derrière la ligne rouge.
David Desharnais a quitté le match en deuxième période, fort probablement en raison
d’une élongation au muscle arrière de la cuisse.
La dernière victoire du CH à Edmonton remontait au 22 novembre 2003.
Le CH ayant gagné cette bataille pour le 28e rang, il est donc maintenant positionné pour l’obtention du premier choix ou du troisième choix au repêchage de juin prochain.
La principale question que devraient se poser les amateurs n’est pas de savoir à quel rang le CH choisira au repêchage, mais plutôt de savoir qui aura la responsabilité de faire les choix à ce repêchage.
M. Gainey et M. Gauthier méritent-ils la confiance des partisans?
Le joueur du match : PK Subban (un but et deux passes).
L’attaquant du match : Max Pacioretty (deux buts et une passe).
