Les Canadiens sont dirigés par une toute petite poignée d’hommes. Sur le plan administratif, l’un des trois propriétaires, Geoff Molson, agit à titre de président et sur le plan hockey, Bob Gainey et Pierre Gauthier prennent toute la place.
Le CH est une grande entreprise, mais il est dirigé comme une petite PME familiale d’antan alors qu’il devrait être mené comme une entreprise moderne globale. La gestion d’une PME familiale est souvent l’affaire d’un seul homme.
L’économie mondialisée et la complexité croissante de l’environnement d’affaires dans
lequel opèrent les entreprises remettent plus que jamais en question ce type de gestion du style PME familiale.
Les «One Man Show» à la Bob Gainey sont choses du passé!
On le sait, la croissance économique passera plus que jamais par l’accroissement de la productivité au cours des prochaines années, la simple augmentation de la population active (augmentation de la quantité de travail) ne pouvant plus suffire étant donné le vieillissement de la population.
Contrairement aux idées reçues sur la place publique, la productivité est plus souvent qu’autrement l’affaire des gestionnaires que simplement celle des travailleurs.
L’éminent chercheur du Laboratoire de recherche sur la performance de PME de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Bruno Fabi, a démontré, à l’aide d’études empiriques, que la productivité des entreprises peut être grandement améliorée par l’adoption de nouvelles pratiques de gestion.
Devant la complexité de leur environnement d’affaires, de nombreux dirigeants de PME ont développé un angle mort si prononcé qu’ils en viennent souvent à méconnaître la réalité qui sévit dans leur entreprise ignorant par le fait même les façons avec lesquelles ils pourraient réorganiser les activités de l’entreprise afin d’optimiser son rendement.
Le travail d’équipe en matière de gestion est un facteur de succès.
Geoff Molson devrait considérer les éléments susmentionnés dans sa réflexion quant
aux changements à apporter à la direction du club une fois la saison terminée.
M. Molson devra non seulement remercier Bob Gainey et Pierre Gauthier, mais il devra les remplacer par une équipe de dirigeants qui amènera avec elle une nouvelle façon de faire les choses.
Dans cette optique de «plus de dirigeants que moins», M. Molson devrait laisser son poste de président à un homme qui pourra être visible au quotidien dans les médias et auprès des partisans tout en donnant à l’organisation une vision et une orientation claires et efficaces. Serge Savard pourrait-être un candidat idéal pour ce poste.
Un directeur des opérations hockey, un directeur du développement des joueurs, un directeur du recrutement et un directeur des relations hockey avec la communauté devraient également être nommés.
Bien que le nom de Patrick Roy soit régulièrement mentionné comme candidat idéal pour remplacer l’entraîneur chef Randy Cunneyworth, je crois que le retour de Roy dans l’organisation serait tout aussi approprié à titre de directeur des opérations hockey.
M. Molson et son nouveau président devraient innover en créant un nouveau poste dans l’organisation, soit celui de directeur des relations hockey avec la communauté.
Cette fonction viserait à rapprocher les dirigeants des partisans par le biais des médias sociaux, à approfondir les liens avec le hockey amateur québécois et à améliorer la capacité du CH à trouver des agents libres non repêchés au Québec comme David Desharnais.
La direction du CH devra tôt ou tard s’ouvrir aux minorités et ce poste de directeur des relations hockey avec la communauté pourrait être confié à Danièle Sauvageau qui a une solide expérience à la fois dans le hockey et le développement des capacités organisationnelles en matière de travail d’équipe.
La venue de Danièle Sauvageau dans l’organisation serait un beau clin d’œil au hockey féminin qui gagne en importance au Québec depuis quelques années.
Mario Tremblay serait également un candidat intéressant pour ce genre de fonction.
Bref, M. Molson se doit de remplacer son trio de gestionnaires actuels par au moins deux ou trois trios (incluant les adjoints) d’individus qualifiés afin d’apporter une diversité de compétences susceptibles d’améliorer la direction du club.
Après le «One Man Sow» d’Erik Cole à Montréal hier contre les Sénateurs, le CH affrontait ce soir les Flyers de Philadelphie qui peuvent compter sur quatre très bons trios équilibrés et diversifiés.
Les unités spéciales ont fait toute la différence dans ce match. Pour une des rares fois cette saison, l’unité du CH en désavantage numérique a failli à la tâche cédant trois fois en cinq occasions alors que les déboires de l’unité en avantage numérique se sont poursuivis.
Non seulement le CH n’a pu marquer lors de ses cinq supériorités numériques, dont
un double avantage d’une minute en troisième période, mais il a obtenu son premier tir au but lors du quatrième jeu de puissance!
L’unique but du CH a été marqué par Thomas Plekanec à la quatrième minute de la deuxième période sur une belle échappée.
Il s’agissait de la 47ième défaite des Canadiens, soit le plus grand nombre de défaites de l’histoire du club pour une saison.
Les joueurs à qui j’enlève un point pour ce match : Louis Leblanc, Rene Bourque et
Ryan White.
