Marc Bergevin a tout à gagner à nous parler!


04 mai 2012  |  Mis en ligne à 05h58  |  Jean-Pierre Racine
Avec l’embauche de Marc Bergevin, les Canadiens ont fait un pas de plus dans la bonne direction.
 
Partager:  
avatar
Jean-Pierre Racine est impliqué dans les sports de compétition d’élite (hockey, baseball et football) depuis plus de 35 ans.
 

Il faut maintenant se concentrer sur ce qui sera l’étape la plus déterminante pour la suite des choses : l’élaboration de la vision et de l’approche qui guideront les décisions hockey au cours des prochaines semaines et années.

La nomination de Marc Bergevin ne pouvait faire autrement que d’être accueillie favorablement par la majorité des médias et des partisans.

Le CH sera dirigé par un fils du peuple. Un francophone de Montréal qui a grandi à quelques coins de rue du Centre Bell à Pointe-St-Charles, au cœur même des dualités confessionnelle, linguistique et sociale sur lesquelles notre pays a été érigé.

L’anglophone du haut de la côte Atwater, Geoff Molson, a tendu la main à un francophone du bas de la côte, Marc Bergevin, pour reconstruire, ensemble, une riche tradition montréalaise. C’est de bon augure!

Bergevin a non seulement joué 20 ans dans la LNH, mais il a également œuvré sept ans à différents postes de direction d’une équipe de la LNH.

Comme si ce n’était pas assez, Bergevin à une bouille sympathique et son humour est un vrai délice en conférence de presse. Le côté divertissant de l’homme est l’un des éléments qui ont le plus retenu l’attention des médias et des partisans depuis sa nomination.

Un de mes collègues de bureau me faisait remarquer avec raison que Bergevin était de loin le candidat le plus charismatique et que cet élément avait possiblement influencé la décision du club.

J’espère que les médias et les partisans ne se laisseront pas aveuglés par ce charisme.

On le sait, Bob Gainey et Pierre Gauthier étaient des individus taciturnes qui dirigeaient le club avec une mentalité de bunker comme s’ils étaient à la tête d’un service de renseignement secret.

Il est à souhaiter que cela changera, non seulement en surface, mais aussi en profondeur. Bergevin devra être plus qu’une simple promesse et plus qu’un simple dirigeant habile devant les médias et les caméras.

Je vous avouerai avoir été un peu déçu lorsqu’il a mentionné que le processus qui mènera à la sélection du prochain entraîneur demeurera secret. Cela m’a déçu, car d’une certaine façon, avec cette affirmation, Bergevin envoyait le message qu’il sera peut-être un autre Pierre Gauthier, à la seule différence qu’il sera plus divertissant.

Je comprends que le secret doit être maintenu autour des fins détails de certains processus, mais le CH et Bergevin auraient intérêt à faire preuve de transparence à l’égard de la vision et de l’approche qu’ils comptent mettre en place pour guider les opérations hockey au cours des prochaines semaines et des prochaines années.

Quelle sera la place des joueurs francophones et du Québec dans l’équipe? En fonction de quel type de jeu, voudra-t-on reconstruire l’équipe ? Le style possession de la rondelle ou le «dump and chase»? Les joueurs agitateurs auront-ils un rôle clé à jouer? Des gros gabarits ou des petits joueurs habiles ? Un mixte des deux?

Bill Parcells, le grand entraîneur et dirigeant de football de la NFL, estime que le
premier facteur de succès dans la construction d’une organisation gagnante est la communication par les dirigeants, de manière claire et simple, de la vision et de l’approche du club à tous les membres travaillant dans l’organisation.

En gros, tout le monde doit savoir comment on s’y prendra pour gagner et avec quel type de joueurs.

Une fois que la vision et l’approche sont connues, Parcells considère que le deuxième facteur de succès d’une organisation est l’assurance que tous les membres de l’organisation adhéreront à la vision et à l’approche, du premier jusqu’au dernier, sans
exception.

Cet élément est fondamental. Bergevin ne devrait pas nécessairement embaucher le meilleur entraîneur disponible, mais bien celui qui, parmi les candidats compétents, comprendra et croira le plus en sa vision et son approche.

Finalement, toujours selon Parcells, tous les membres d’une organisation doivent agir dans leurs actions quotidiennes dans le sens de la vision et de l’approche. Bref, tout
le monde doit ramer dans la même direction, du DG à l’entraîneur-chef, en passant par le directeur du recrutement.

Bergevin devrait non seulement communiquer la vision et l’approche retenues à l’ensemble des membres de l’organisation, mais aussi aux médias et aux partisans. Du moins, les grandes lignes.

Bergevin a la chance de pouvoir compter sur des amateurs passionnés qui pris dans leur ensemble, connaissent très bien le hockey. Il devrait en profiter plutôt que de s’en méfier comme le faisaient ses prédécesseurs.

En communiquant sa vision et son approche aux journalistes et aux partisans, il pourra en soutirer une rétroaction constructive sur une base continue.

Sans faire des médias et des partisans des partenaires, Bergevin doit en faire des alliés. Il doit développer les synergies. Si les médias et les partisans connaissent son approche, ils seront plus susceptibles de mieux comprendre ses décisions et ainsi mieux les accepter. Une forme d’adhésion.

À l’ère des médias sociaux, Bergevin devrait aller au-delà de son charisme et de son sens de l’humour pour se connecter avec ses partisans. Il ne devrait pas hésiter à leur parler. À établir un dialogue avec eux. À faire appel à leur intelligence.

Hartland Molson, le grand-oncle de Geoff Molson, a déjà affirmé que le CH appartenait au peuple. Plus récemment, Serge Savard nous le rappelait.

Maintenant que le CH est dirigé par un petit gars du peuple, j’espère qu’il n’hésitera pas à nous parler. Il ne pourra qu’en sortir gagnant.

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

*

Vous pouvez utiliser ces attributs et tags HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>