Go, go, go!


Mis en ligne le 17 Avril 2012 à 0:33   |  Guy Mathieu Leroux

Dans un vieil épisode de Lance et compte, l’entraîneur du National, Jacques Mercier, est très frustré du piètre rendement de ses joueurs.
 
 
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Durant une pratique, il les oblige à retirer leur chandail tant «qu’ils ne seront pas plus fiers de porter l’emblème du National».

Quelle image saisissante pour faire le point sur l’état actuel du sentiment national québécois.

Au Québec, j’entends dire régulièrement que la question nationale n’est plus d’actualité, qu’elle est dépassée et qu’elle n’a plus de pertinence dans l’arène politique.

Ceux qui font de telles affirmations n’ont absolument rien compris de ce qu’est la politique, d’une part, et s’ils sont Québécois francophones, d’autre part, probablement aussi désorientés quant à leur propre identité, voire en perte de repères.

D’abord, mettons les choses au clair. Ce n’est pas parce que les partis en place sont en panne d’idées et de vision que le peuple québécois, lui, cesse de vouloir s’émanciper en tant que nation et de vouloir affirmer son caractère et son identité nationale.

Autrement dit, ce n’est pas parce que les élites ont perdu le sens de ce qu’est l’honneur et la fierté que le peuple, lui, n’est pas en quête de quelque chose dans ce sens-là.

À ce que je peux voir,  le Québec serait bien le premier endroit au monde à mettre de côté la question nationale.

Partout où je me tourne, je la vois rouler à plein régime : Nicolas Sarkozy qui la joue à coup de République et de valeurs immortelles. Barack Obama qui fait appel à l’histoire, la culture et le sens d’appartenance des Américains. Même Stephen Harper qui tisse peu à peu une identité canadienne qui s’assume, en opposition au Trudeauisme.

Bien sûr, il s’agit de leur question nationale, mais justement, ils en ont une. Ils sont fiers, n’ont pas de complexe et crient haut et fort leur autonomie.

Il m’apparait que nier l’importance de la question nationale au Québec et sa pertinence revêt soit de l’ignorance, soit de l’aveuglement.

La CAQ de François Legault est fondée sur cette prémisse qui, à première vue, n’est pas si bête.

Puisqu’elle nous divise, répète son chef, mettons-la de côté et occupons-nous des vrais problèmes. Il reste à voir ce que les Québécois penseront de cette formule qui , pratiquement, vient sceller leur défaite morale à trouver une voie pour s’affirmer et leur renvoyer l’image déprimante de l’impasse dans laquelle ils se trouvent, sans espoir de résolution. Pour l’inspiration, on repassera.

Déjà que les libéraux de Jean Charest ont fait beaucoup, depuis 10 ans, pour faire comme si ce problème n’existait pas, tandis que les péquistes, les seuls, en fin de compte, à s’en préoccuper, restent figés dans un mouvement de fuite en avant passéiste.

Ce n’est pas en proposant un changement de structure en santé que nos élites politiques parviendront à soulever les masses. Mais c’est pourtant bien là que nous en sommes.

En fin de compte, nous serions tous dus pour une bonne séance d’engueulade par Jacques Mercier. Ça nous mettrait les pendules à l’heure.

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Ex-conseiller de Mario Dumont, Guy Mathieu Leroux est le principal concepteur de la position autonomiste de l’ADQ, «S’affirmer sans se séparer», endossée par la CAQ. Il a commencé sa carrière en 1988 à Montréal et œuvré au sein de différentes agences de relations publiques avant de devenir conseiller en affaires publiques à son propre compte depuis 2004.