Le premier ministre italien Mario Monti a été le dernier à visiter l’empire du Milieu pour convaincre ses dirigeants de mettre l’épaule à la roue.
Mais les Chinois ne succomberont pas à la tentation pour trois raisons.
1. Les Européens ne sont pas prêts à adopter les réformes nécessaires pour se sortir de leur marasme et tout endettement supplémentaire ne fera que retarder l’inévitable au dépens des créditeurs. Les Chinois le savent. La semaine de quatre jours leur est non seulement inconnue, mais inconcevable.
2. Les Chinois savent aussi qu’ils n’auront rien à dire sur la façon dont leur argent sera dépensé. On veut leur argent, mais sans condition, ce qui est absurde. Parallèlement, donner les fonds au Fonds monétaire international (FMI) qui pourrait alors imposer ses propres conditions est aussi une mauvaise idée puis que le FMI est contrôlé par les Européens. Et cela aussi les Chinois le savent.
3. Enfin, vendre des actifs aux Chinois pourrait permettre aux Européens de financer leur propre plan de sauvetage, mais l’idée n’emballe pas les Chinois. Ils savent que le régime réglementaire européen et les syndicats rendent la propriété européenne une proposition très risquée.
Les pouvoirs politiques locaux peuvent liquider les actifs d’une entreprise des propriétaires vers les travailleurs, expropriant de facto le propriétaire étranger. La montée du socialisme en France laisse présager que ce risque d’expropriation est de plus en plus préspondérant. Tant que les droits de propriété ne seront pas mieux protégés en Europe, les étrangers demeureront prudents. Et ça aussi les Chinois le savent car ils pratiquent eux-mêmes ce petit jeu à la perfection.
Pendant ce tant les Européens, insousciants, continuent de se la couler douce. Mais le drame, c’est qu’ils sont vraiment en train de couler doucement. Le drame semble donc inévitable.
