Droite ou gauche? Telle est la question


Mis en ligne le 24 Avril 2012 à 11:40   |  Guy Mathieu Leroux

Dans la foulée du congrès de la CAQ cette fin de semaine, plusieurs porte-parole ont déclaré encore une fois refuser les étiquettes, ce qui soit dit en passant est une grave erreur stratégique, mais enfin.
 
 
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Jean Allaire a déclaré que «la droite ou la gauche, personne n’y comprend rien de toute façon» alors que François Legault a soutenu «que le parti n’est certainement pas à droite».

La question que je pose est celle-ci : est-il encore pertinent de parler de droite ou de gauche aujourd’hui?

M. Allaire a raison sur un point : c’est vrai que les gens n’y comprennent que dalle, je l’ai vu de mes yeux vus dans des groupes de discussion. Toutefois, les circonstances font en sorte que ces catégories sont plus pertinentes que jamais.

En effet, on peut séparer les grandes écoles de pensée en deux camps : ceux qui veulent un rôle plus limité de l’État, moins de taxes et de dépenses, et plus de libertés individuelles. Ceux-là sont de droite.

Dans le présent contexte économique et de finances publiques, ce sont des réformateurs. S’ils prennent le pouvoir, ils voudront faire des sacrifices douloureux pour le mieux-être de la société dans l’avenir.

Les autres, ceux qui tiennent à un rôle accru de l’État, au maintien des programmes, à l’universalité en santé, aux frais modiques ou même à la gratuité en éducation, ceux-là sont de la gauche.

Dans le présent contexte, ce sont des rêveurs, car force est de constater que l’économie n’est plus à même de fournir la richesse requise pour maintenir ne serait-ce que le minimum de programmes sociaux que nous avons déjà.

Que ce soit ici, au Québec, en France ou aux États-Unis, le dilemme est le même : soit faire des sacrifices par nous-mêmes ou encore, attendre que nous n’ayons plus le choix et qu’ils nous soient imposés.

Quand je dis imposés, bien sûr, je ne parle pas de force extérieure, mais simplement de marchés qui refusent de nous laisser emprunter ou encore, qui nous prêtent à des taux beaucoup plus élevés.

Donc, la dépendance des sociétés occidentales au crédit est devenue bel et bien le nœud du problème, et le courage politique pour faire face à la situation fait défaut partout.

Le politicien, de par sa nature, refuse d’être le porteur de mauvaises nouvelles. Il préfère de loin être celui qui suscite l’espoir, et tant qu’à faire, être celui qui réagit à la crise plutôt que celui qui la provoque. À moins qu’il ait été élu avec un tel programme, ce qui est parfois le cas, comme Mike Harris l’a été dans les années 90.

En somme, être de droite ou de gauche est la question la plus pertinente qui soit, car l’électeur a le droit de savoir dans quel camp vous vous trouvez et vous avez un devoir de le lui dire.

Mais malheureusement, l’homme politique fuit les contraintes comme la peste et refuse tout autant qu’il le peut tout engagement qui pourrait le peindre dans un coin.

C’est dommage, car seul un programme électoral clair et courageux peut conférer à l’élu la légitimité d’agir et de faire accepter des mesures douloureuses par le peuple.

Ce ne sera vraisemblablement pas la chance que nous aurons, au Québec, au cours des prochaines élections.

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Ex-conseiller de Mario Dumont, Guy Mathieu Leroux est le principal concepteur de la position autonomiste de l’ADQ, «S’affirmer sans se séparer», endossée par la CAQ. Il a commencé sa carrière en 1988 à Montréal et œuvré au sein de différentes agences de relations publiques avant de devenir conseiller en affaires publiques à son propre compte depuis 2004.