Or, la plus grande crise que nous pourrions connaître serait une combinaison d’une crise économique, sociale et écologique. Qui pourrait alors s’en remettre? Certains la prédisent dès 2016, comme Nouriel Roubini qui avait déjà prévu celle de 2008.
Ce qui me trouble le plus, c’est la similitude des réactions entre les chefs d’entreprise et les politiciens.
Les premiers ont eu le réflexe en 2008 de réduire, voire sabrer, leurscoûts opérationnels : fermetures, licenciements, annulation de projets «innovants», etc.
Par conséquent, ces entreprises ont aujourd’hui du mal à se redresser et elles ont perdu deux choses fondamentales : des parts de marché et la confiance de leurs employés.
Au contraire, les entreprises qui s’en sont le mieux tirés ont continué à innover. La crise leur a permis de recruter de nouveaux talents inaccessibles et d’aller de l’avant. Généralement, elles affichent un milliard ou moins de chiffre d’affaires et ont un ADN entrepreneurial.
Alors, s’inspirant de cet exemple, pourquoi nos politiciens continuent-ils à prôner la rigueur «extrême» comme une voie de sortie de la crise?
Beaucoup d’économistes s’entendent sur le fait que la rigueur ne génère pas la croissance, mais dégénère en crise sociale. Les premiers signes avant-coureurs sont des électeurs qui ne font plus confiance aux politiciens traditionnels et qui votent aux extrêmes, qu’elle soit gauche ou droite.
Si l’on regarde la situation des entreprises aujourd’hui, celles-ci essayent de regagner leurs «électeurs», c’est-à-dire à la fois leurs clients, qui commencent à réaliser que les entreprises innovantes ont plus de valeur ajoutée à leur proposer, et leurs employés, qui ont du mal à s’engager à nouveau, après des périodes de licenciements difficiles. Mieux vaut tard que jamais.
Cependant, il faut garder à l’esprit certains facteurs clés.
- Le monde a changé en 2008 pour entrer dans une ère où l’état de crise est permanent. Finis les cycles maîtrisés de croissance puis de décroissance. On parle dorénavant d’une économie de chaos.
- On ne décide pas d’innover du jour au lendemain. Une entreprise innovante est une entreprise qui a une culture d’innovation.
- Pour se transformer et se donner un élan nécessaire pour demeurer compétitives, les entreprises ont besoin de vrais LEADERS à tous les niveaux de l’organisation qui sont authentiques, motivateurs, créatifs et qui brisent une fois pour tout les ilôts organisationnels dont nous avons hérités, comme du temps de la guerre froide.
Alors, pourquoi une telle recette ne s’appliquerait-elle pas aux politiciens européens? Il suffirait de :
- développer une réelle stratégie de croissance, industrielle, entre autres, car elle crée des emplois;
- faire preuve d’humilité, attirer du talent créatif et briser les silos dans ses ministères.
Le contrôle des budgets et de la dette sont nécessaires, mais ne se feront pas en l’espace de quelques années.
Par contre, le temps presse, et sans stratégie de croissance, il n’y a aucune porte de sortie…
