Pouf-pouf les bourses


Mis en ligne le 24 Mai 2012 à 10:14   |  Alain Cognard

La grève étudiante de 2012 est l’exacte réplique de celle de 2005.
 
 
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Quand les libéraux sont arrivés au pouvoir en 2003, ils prônaient le gel des droits de scolarité. Deux ans plus tard, ils étaient contre et «transformaient» 100 millions de dollars de bourses en prêts, provoquant une grève étudiante identique à celle qu’ils ont provoquée en 2012.

Cette conversion, une simple écriture de comptabilité créative, avait déjà été réalisée longtemps auparavant.

C’est un classique, un moyen insidieux de revenir sur des progrès réalisés en vertu d’un programme mis sur pied démocratiquement.

Il n’est pas difficile d’imaginer le sort que l’on fera à la «bonification» des prêts et bourses» de Jean Charest et de ses deux ministres de l’Éducation.

Quand on parle de légitimité, nous y sommes. Faire en coulisse ce qu’on ne peut faire avec les moyens démocratiques. Refuser de parler avec 250 000 manifestants, sans compter ceux qui ne pouvent s’exprimer parce qu’ils travaillent, c’est mépriser à peu près le quart de la population de Montréal et d’une bonne partie d’autres villes, Sherbrooke, Rimouski, Gatineau…

Il est évident que notre démocratie manque cruellement de moyens de contrôle. Une ministre ose affirmer qu’elle parle avec des porte-parole quand tout démontre le contraire, y compris elle-même dans une interview dont elle a le secret où se mélangent trémolos et propos fermes pour rappeler qu’elle ne bougera pas d’un poil-vous-me-connaissez.

Le gouvernement gouverne avec des stratagèmes qui visent à contourner la volonté populaire et sa propre parole. Il pratique l’évasion politique comme d’autres font de l’évasion fiscale.

Mais dans la tête du bon citoyen, un gouvernement doit être honnête. Nous présumons que lorsqu’une autorité nous demande de payer une amende, par exemple, elle ne le fait pas au hasard ou d’une manière frauduleuse.

On en demande autant de l’autorité gouvernementale : qu’elle ne mente pas, qu’elle n’ait pas «en arrière de la tête» l’idée dévastatrice et fourbe de voler votre consentement et de faire le contraire de ce qu’elle-même vous a proposé.

Pour l’instant, les propositions du gouvernement ressemblent pourtant bien à cela, trémolos et fermetés inclus.

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Alain Cognard a été successivement directeur de journal, professeur de physique et de chimie et administrateur de sociétés. Il a également participé avec Georges Lapassade à l’analyse de l’Université du Québec à Montréal, lors de sa création, ainsi qu’à la rédaction de deux ouvrages connexes. Observateur des groupes humains et des nations, il s’intéresse particulièrement à l’expression sociale des exclus et à la dissidence en général.