La cause de tous les remous des derniers mois — démissions au PQ, tensions au sein du PLQ et obstruction d’Amir Khadir — s’expliquerait par une réticence de donner un chèque en blanc à Régis Labeaume et Pierre Karl Péladeau.
Malgré tout, le gouvernement Charest a fait adopter le projet de loi 204, qui protègera l’entente entre les deux hommes. La croisade de Denis de Belleval prendrait alors fin, et le ciel du Québec redeviendrait azur dès septembre.
Quant à moi, les vrais problèmes ne feront que commencer. La construction d’un nouvel amphithéâtre tournera assurément au cauchemar, parce qu’au Québec, dès qu’on parle de construction, il y a d’importants dépassements de coûts.
Il y a quelques mois, une nouvelle entente collective est passée en douce. Dorénavant, il en coûte 63 $ de l’heure pour engager un ouvrier. Non, vous n’hallucinez pas! J’ai fait mon enquête et ailleurs dans le monde, il en coûte au mieux deux fois moins.
Le pire, c’est que l’ouvrier lui-même ne gagne pas autant. La Commission de la construction du Québec (CCQ) et les différents syndicats tels que la FTQ et la CSN ont droit à leur large part du gâteau. Et croyez-moi, ces deux organismes veillent à leurs intérêts!
En tant que particulier, si vous avez le malheur d’engager des ouvriers, qui n’ont pas leurs cartes, vous prenez le risque qu’un enquêteur de la CCQ ferme le chantier et vous mette à l’amende.
Mais avoir ses cartes, est-ce une garantie de compétence et de probité? Pas du tout. Un ouvrier peut être le roi des incompétents et le pire des fraudeurs, la CCQ et les syndicats s’en fichent royalement et le défendront à la vie, à la mort, parce que tout ce qui compte pour ces organismes, c’est qu’il les enrichisse.
En plus d’être parasitaire et antidémocratique, la CCQ, qui est un organisme gouvernemental, fonctionne exactement comme une mafia.
Le commun des mortels, qui s’engage dans un premier chantier, sera à même de le constater. Au mieux, il verra que les travaux lui coûtent les yeux de la tête et au pire, il devra poursuivre des entrepreneurs incompétents et peu scrupuleux.
Parce que, oui, l’industrie de la construction est infestée d’ouvriers et d’entrepreneurs incompétents et peu scrupuleux. Pas surprenant que les mafias italiennes et québécoises y aient fait leur nid.
La solution est simple et comporte deux volets. Primo, réduire ce que ça coûte d’engager un ouvrier, qui a ses cartes et diminuer l’énorme part du gâteau de la CCQ et des syndicats.
Secundo, que le gouvernement donne le mandat à la CCQ de chasser avec autant de zèle les mauvais ouvriers et les mauvais entrepreneurs qu’elle ne le fait avec les particuliers, qui embauchent des ouvriers, qui n’ont pas leurs cartes.
En attendant, la CCQ reste un organisme parasitaire, antidémocratique et malheureusement, gouvernemental.
Tant et aussi longtemps que le gouvernement ne mettra pas de l’ordre dans le secteur de la construction, il faudra s’attendre à des dépassements budgétaires ridicules.
Expliquez-moi comment au Québec, on réussirait à construire un nouvel amphithéâtre au coût de 400 millions de dollars comme c’est le cas ailleurs en Amérique du Nord, alors qu’il nous en coûte le double pour engager un ouvrier?
Qu’est-ce qui arriverait si le nouveau Colisée coûtait le double? Et pourquoi pas un milliard?
