La Belgique et le Canada


Mis en ligne le 1 Juillet 2012 à 7:40   |  Michel Brûlé

Si j’ai un regret dans la vie, c’est de ne pas avoir découvert la Belgique et surtout la Flandres avant.
 
 
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Pourtant, j’avais tout pour me prédestiner à cette découverte. À 16 ans, alors que j’étais sauveteur au Château Montebello, j’avais rencontré un Flamand de mon âge, qui parlait parfaitement le français, qui était venu passer une semaine de vacances avec sa famille dans cet hôtel de luxe.

Tous les deux, on était fervents de politique. Nous venions de perdre le référendum  du 20 mai 1980, mais j’étais toujours aussi souverainiste. Lui, il militait pour la cause flamande. Je me suis rendu compte que nos causes se ressemblaient beaucoup. À la différence près que les francophones étaient en Belgique dans le siège de commande.

La première fois où je suis allé à Bruxelles, c’était en 1986. Je me souviens d’avoir défendu la cause flamande dans des bars bruxellois, mais comme c’est l’Allemagne qui m’attirait à cette époque, je ne suis resté dans la capitale belge que deux jours.

En 2008, j’ai mis le cap sur Anvers dans l’espoir de faire des ventes de droits en langue néerlandaise en passant par la Flandres. Après tout, j’étais passé par la Moldavie pour faire des ventes de droits en langue roumaine.

La maison d’édition Cartier, sise à Chisinau, a publié quelques-uns de nos livres. Mon expérience à Anvers a été assez négative, et l’éditeur que je devais rencontrer s’est désisté à la dernière minute.

Par ailleurs, j’ai trouvé que les gens étaient plutôt francophobes, bien qu’ils parlaient presque tous le français. Le fait que je leur dise que j’étais Québécois ne me rendait pas beaucoup plus sympathique.

Puis, l’année dernière en juin 2011, j’ai rencontré brièvement une Gantoise à Québec, qui m’a parlé de sa ville avec ferveur. J’étais alors décidé à donner une autre chance à ce pays. D’ailleurs, c’est cette rencontre qui m’a incité à aller à Liège.

Ça m’a tout pris pour me convaincre d’y aller, parce que mon premier séjour en Wallonie avait été désastreux. J’avais passé une soirée à Charleroi, qui est l’une des villes les plus lugubres de la planète.

Mais à Liège, il règne toute une ambiance! J’ai adoré cette ville.

Puis, je suis allé à Gand en Flandres. Côté ambiance, les Gantois n’ont rien à envier aux Liégeois. À Liège, par contre, il y a le Brasilia, un restaurant gastronomique ouvert 24 heures par jour. À Gand, à la sortie des bars, il faut se contenter de fritures. Cependant, la beauté de la ville médiévale flamande dépasse largement celle de Liège et je me sens parfaitement bien dans cette ville.

Je fais beaucoup d’efforts pour apprendre la langue néerlandaise et il me suffit de demander en néerlandais : «Est-ce que vous parler le français?» pour que les gens me répondent dans ma langue.

Néanmoins, il existe de profondes tensions entre les deux groupes nationaux. Pourtant, si la Belgique devait imploser et que la Flandres devenait un pays et que la Wallonie se rattachait à la France, il resterait encore une part de Wallonie en Flandres et vice-versa.

À Gand, les noms de commerces français pullulent, on entend de la musique francophone partout et les Flamands ont intégré des centaines de mots français dans leur langue. Pour leur part, les Wallons disent s’il vous plaît dans le sens flamand du terme.

Malgré leur division, les Flamands et les Wallons partagent une culture commune. Au Canada anglais, la culture québécoise n’existe pas.

Est-ce qu’on appelle ça du mépris ou de l’indifférence?

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Michel Brûlé est le PDG de la maison d'édition Les Intouchables, l’un des plus gros éditeurs au Québec. Son entreprise a vendu cinq millions d’exemplaires des livres qu’il a publiés.


  • Lyne Urkun

    Québécoise d’origine, je suis “exilée” depuis plus de douze ans… Je vis en Ontario (à Ottawa plus précisément) et je peux affirmer qu’ici, il y a une co-existence des deux cultures (francophone et anglophone)… En fait, il n’y a qu’une rivière qui sépare les Québécois des Ontariens… nous avons même des festivals qui se déroulent sur les deux rives de la Rivière Outaouais (par exemple “Winterlude” à Ottawa et “Le Bal des Neiges” à Gatineau) et qui se complètent… Les Québécois, les Ontariens et les gens d’origine diverses se côtoient tous les jours dans les tours à bureaux du gouvernement fédéral (aussi bien du côté québécois que du côté ontarien) et on y entend parler l’anglais, le français et le “franglais”… Ici, les anglophones (vivant sur la rive ontarienne) connaissent bien la culture québécoise et ils en profitent… toutefois, ils ne se préoccupent guère de la politique québécoise, tout comme les francophones (vivant sur la rive québécoise) ne se préoccupent guère de la politique ontarienne, mais aiment bien profiter de la culture ontarienne… Et! les gallicismes aussi bien que les anglicismes fusent de toutes parts sur les deux rives… et c’est très bien comme ça!!!

  • Lyne M. Pétancourt

    Quelle courte vue, Monsieur Brûlé. Non seulement vos observations sont erronées, mais en outre l’analyse que vous en faites est pauvre, pour utiliser un euphémisme.

    D’emblée, comparer la Belgique, un minuscule pays situé au cœur de l’Europe, avec le Canada, un pays d’une étendue si grande que ses côtes touchent trois océans (Atlantique, Pacifique et Arctique), à quelque chose de fallacieux.

    Rappelons seulement que dans l’espace belge, les différents groupes linguistiques et politiques s’entendent si mal qu’ils ont été sans gouvernement pendant 540 jours. La communauté flamande vit clairement au nord, et la communauté française, au sud. (Bien sûr qu’on trouve des francophones au nord et des Flamands au sud. Il y aurait tant à dire sur l’organisation spatiale des communautés linguistiques de la Belgique. Mais contentons-nous de l’essentiel.)

    Vous écrivez: « […] les Flamands ont intégré des centaines de mots français dans leur langue. Pour leur part, les Wallons disent s’il vous plaît dans le sens flamand du terme. »

    Oui, et cela prouve quoi? L’anglais a intégré des centaines de mots français. Même les Canadiens anglais d’autres provinces utilisent les termes « dépanneur » et « poutine », et l’expression « un je-ne-sais-quoi ». Et ils sont même capables de dire « merci » en français, quand on est aimable avec eux.

    Les Wallons et les Flamands partagent une culture commune, dites-vous? Dans vos rêves, peut-être bien. Et vous ajoutez, à l’appui de votre thèse souverainiste à peine déguisée : « Au Canada anglais, la culture québécoise n’existe pas. »

    Ah, mais vous, Monsieur Brûlé, c’est quand la dernière fois que vous vous êtes soucié de la culture des habitants de la Nouvelle-Écosse? Ou de ceux de la Colombie-Britannique? Parce que, Monsieur Brûlé, mis à part le fait de partager une même langue, les anglophones du Canada ont une culture distincte selon leur province d’origine.

    Mais cela, vous ne l’avez sans doute jamais remarqué, trop occupé à observer votre nombril. Est-ce du mépris de votre part ou de l’indifférence? Ou de l’ignorance crasse?

    • http://www.lesintouchables.com Michel Brûlé

      Madame,

      Je vous rappelle que le Québec ne fait pas partie du giron constitutionnel depuis plus de 20 ans. Je persiste et signe : mon texte est juste. Quant à vous, vous êtes obnubilée par votre point de vue fédéraliste qui vous permet même de m’insulter. Au dernier référendum, 62,5 % des francophones ont voté OUI. De toute évidence, vous n’en faisiez pas partie.

      Michel Brûlé

      • Lyne M. Pétancourt

        Monsieur,

        Votre commentaire ne porte même pas sur le texte de départ, qui a pour objet, rappelons-le, une comparaison fallacieuse entre la Belgique et le Canada, et dont la conclusion attendue est l’idée que la culture québécoise n’existe pas chez les Canadiens anglais (et que ces derniers sont méprisants et terribles, bien sûr). Je vous invite à vous relire.

        Je vous pose donc la même question à nouveau : Monsieur Brûlé, vous qui êtes si prompt à dénigrer les anglophones du pays (et même ceux du Québec), dites-nous, c’est quand la dernière fois que vous vous êtes soucié de la culture des habitants de la Nouvelle-Écosse? Ou de ceux de la Colombie-Britannique?

        Observons à nouveau l’édifice de votre argumentation. Vous écrivez : « […] les Flamands ont intégré des centaines de mots français dans leur langue. Pour leur part, les Wallons disent s’il vous plaît dans le sens flamand du terme. »

        Oui, et cela prouve quoi?

        L’anglais a intégré des centaines de mots français. Même les Canadiens anglais d’autres provinces utilisent les termes « dépanneur » et « poutine », et l’expression « un je-ne-sais-quoi ». Et ils sont même capables de dire « merci » dans le sens français du terme, quand on est aimable avec eux.

        Votre texte est juste? Je ris.

        Bien à vous.

      • Lyne M. Pétancourt

        Pour ce qui concerne mes allégeances politiques et mes positions philosophiques, vous avez tout faux, Monsieur Brûlé. Tout faux. Vos points de vue sont très réducteurs : si on est pas, comme vous, un indépendantiste pur et dur, on est forcément obnubilé par une vision fédéraliste. Ce n’est pas très nuancé. La réalité accueille par chance une plus grande diversité.

        En résumé, disons que je suis de gauche pour de nombreux aspects collectifs, mais de droite contre la bêtise.

        • http://www.lesintouchables.com Michel Brûlé

          C’est vrai que vous êtes nuancée. Vous vous dites de gauche et vous affirmez être fière de vous abonner à La Presse.

          • Lyne M. Pétancourt

            Votre processus de pensée binaire est loin d’être tout en nuances. Pierre Foglia (que j’apprécie beaucoup) écrit dans La Presse – il est, comme vous, indépendantiste.

            Et puis, relisez mon commentaire : je suis de gauche pour de nombreux aspects collectifs, MAIS de droite contre la connerie.

            Je ris encore.

            Cela dit, vous n’avez toujours pas répondu à la question : Monsieur Brûlé, vous qui êtes si prompt à dénigrer les anglophones du pays (et même ceux du Québec), dites-nous, c’est quand la dernière fois que vous vous êtes soucié de la culture des habitants de la Nouvelle-Écosse? Ou de ceux de la Colombie-Britannique?

            Bien à vous.

          • Lyne M. Pétancourt

            Je vous invite à lire la chronique de Pierre Foglia, laquelle porte sur La Presse, Monsieur Desmarais et Power Corp. Monsieur Foglia est indépendantiste et de gauche. Et j’éprouve beaucoup de respect pour lui.

            Votre commentaire est désolant mon cher Monsieur Brûlé – il ne vous fait pas honneur, mais là, pas du tout.

            http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201206/09/01-4533313-pro-domo-pour-ma-maison.php