Pourquoi?
On a beau chercher, on ne trouve pas de réponse. De réponse logique, en tout cas. Il n’existe aucune raison pour que la pauvreté induise la saleté. Or, s’il n’y a pas de réponse, c’est qu’il n’y a pas de question (merci Desnos). Ou que la question est autre.
La corrélation entre pauvreté et saleté est pourtant flagrante. Mais, si la corrélation entre deux états est réciproque, la relation de causalité qu’elle peut impliquer ne fonctionne, elle, que dans un seul sens. Il suffit de découvrir ce sens. Pas compliqué, il n’y en a que deux. Si ce n’est pas l’un, c’est l’autre. La bonne question à se poser apparaît alors évidente, et ce n’est plus «pourquoi les pauvres sont-ils sales?», mais «pourquoi les sales sont-ils pauvres?»
Dès lors, tout devient clair.
Est sale celui qui se méprise lui-même et méprise son environnement; est sale celui qui ne veut accepter aucune responsabilité à propos de son corps, qu’il soit physique ou social; est sale celui qui abdique devant ce qu’il croit être une fatalité mais n’est que le résultat de son abdication, de son impuissance acceptée face à lui-même et face à son environnement. Et celui-là a toutes les chances de rester pauvre.
On parle d’ignorance crasse, mais la crasse précède l’ignorance.
S’il n’y aucune raison pour que les pauvres soient sales, il y en a beaucoup pour que les sales soient pauvres.
CQFD.
