Quand Ottawa a voulu bannir le fromage à base de lait cru, il y a une levée de boucliers au Québec, mais de l’autre côté de la rivière Outaouais, on a fait la sourde oreille.
Les Italiens se sont réveillés, ils ont à leur tour protesté contre ce projet de loi et on les a écoutés.
Trois-quarts des Italiens de Montréal — ils sont 200 000 en tout — sont anglophones. Les Italiens ne sont pas minoritaires au Québec car ils ont choisi de faire partie de la majorité canadienne-anglaise.
C’est vrai que notre clergé n’a pas toujours favorisé l’intégration des immigrants dans la première moitié du 20e siècle. Depuis lors, il y a eu des tentatives de rapprochement de notre part, mais la majorité des Italiens ont préféré demeurer dans l’autre camp.
Nos médias fédéralistes aiment la Squadra azzura pour des raisons politiques, bien sûr. Que Pirlo et Buffon soient des meneurs et des joueurs extraordinaires n’a rien à voir avec ce parti pris.
L’équation est simple : les Italiens sont fédéralistes, et une victoire de l’Italie est une victoire du fédéralisme. Les stratèges fédéralistes ont effectivement des raisonnements aussi simplistes. Sinon, comment expliquer l’enthousiasme suscité par l’équipe italienne?
Depuis des décennies, le foot italien est rongé par les scandales de tricherie et de matchs truqués. Qui plus est, les joueurs italiens sont les plus grands spécialistes de la simulation.
En 2006, les fans de foot italiens étaient tellement dégoûtés par la tricherie qu’ils se sont mis à déserter les stades.
Des Italiens très influents ont alors décidé qu’ils allaient se servir du Championnat du monde pour donner une nouvelle virginité au foot italien. La copa nostra! Si c’est possible d’acheter des arbitres au niveau national, pourquoi il n’en serait pas de même au niveau international?
Regardez tous les matchs de l’Italie lors du Weltmeisterschaft de 2006, et vous verrez que plusieurs décisions ont favorisé la Squadra azzura. Par exemple, les Australiens ne comprennent toujours pas pourquoi l’Italie a bénéficié d’un penalty en fin de match, provoquant ainsi leur élimination du tournoi.
Le match de finale contre la France est de loin — tous sports confondus — le match le plus sale que j’ai vu de ma vie.
Alors que le slogan du championnat était : «Fairplay is the name of the game» et qu’on voyait des réclames : «Unite against racism» partout, les joueurs italiens ont proféré des injures racistes pendant tout le match non seulement contre Zidane, mais contre les joueurs noirs et ils se sont surpassés dans la simulation.
À partir de la 14e minute de jeu, l’arbitre argentin, Horacio Elizondo, a tout laissé passer. À la 89e minute, Malouda était seul devant le gardien Buffon qui était couché par terre. Un défenseur italien a fait trébucher le joueur français et il n’y a pas eu de penalty. Pourtant, la faute était tellement énorme!
Après cette victoire dégueulasse, les Italiens de Montréal étaient en liesse. Je me souviens d’en avoir vu un qui était debout dans une voiture avec son drapeau dans les mains.
En le voyant, de jeunes immigrants asiatiques ont scandé : «Viva Italia!» L’Italien n’a pas fait attention à eux et il a crié : «In the Italian team, no fucking Blacks, Arabs like the French!» Vous auriez dû voir la gueule des pauvres Asiatiques…
En 2012, le foot italien a tellement été frappé fort par les scandales que le président Monti a suggéré que l’Italie se retire du championnat européen le temps de faire toute la lumière.
Malgré tout, la Squadra azzura a joué, mais elle n’a pas réussi à répéter le miracle de 2006. Les Espagnols étaient trop dominants pour qu’un arbitre fasse la différence. À la 49e minute, il aurait dû y avoir un penalty à cause d’une faute de main de Banucci.
Le foot italien n’avait pas besoin d’une victoire qui lui aurait encore permis de glisser la poussière sous le tapis, il a besoin d’un électrochoc. Balotelli, un Noir, a compté les deux derniers buts du championnat, et j’espère que cette situation contribuera à faire régresser le racisme dans ce pays.
Puis, il reste à faire le ménage en Italie suivi d’enquêtes de la FIFA ET l’UEFA, quitte à enlever à l’Italie des championnats pas du tout mérités. Ce jour-là, le ciel du foot international sera couvert d’étoiles.
