L’Italie, le mouton noir du foot international


Mis en ligne le 4 Juillet 2012 à 7:36   |  Michel Brûlé

Nos médias fédéralistes aiment l’Italie. Le Canada anglais aussi.
 
 
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Quand Ottawa a voulu bannir le fromage à base de lait cru, il y a une levée de boucliers au Québec, mais de l’autre côté de la rivière Outaouais, on a fait la sourde oreille.

Les Italiens se sont réveillés, ils ont à leur tour protesté contre ce projet de loi et on les a écoutés.

Trois-quarts des Italiens de Montréal — ils sont 200 000 en tout — sont anglophones. Les Italiens ne sont pas minoritaires au Québec car ils ont choisi de faire partie de la majorité canadienne-anglaise.

C’est vrai que notre clergé n’a pas toujours favorisé l’intégration des immigrants dans la première moitié du 20e siècle. Depuis lors, il y a eu des tentatives de rapprochement de notre part, mais la majorité des Italiens ont préféré demeurer dans l’autre camp.

Nos médias fédéralistes aiment la Squadra azzura pour des raisons politiques, bien sûr. Que Pirlo et Buffon soient des meneurs et des joueurs extraordinaires n’a rien à voir avec ce parti pris.

L’équation est simple : les Italiens sont fédéralistes, et une victoire de l’Italie est une victoire du fédéralisme. Les stratèges fédéralistes ont effectivement des raisonnements aussi simplistes. Sinon, comment expliquer l’enthousiasme suscité par l’équipe italienne?

Depuis des décennies, le foot italien est rongé par les scandales de tricherie et de matchs truqués. Qui plus est, les joueurs italiens sont les plus grands spécialistes de la simulation.

En 2006, les fans de foot italiens étaient tellement dégoûtés par la tricherie qu’ils se sont mis à déserter les stades.

Des Italiens très influents ont alors décidé qu’ils allaient se servir du Championnat du monde pour donner une nouvelle virginité au foot italien. La copa nostra! Si c’est possible d’acheter des arbitres au niveau national, pourquoi il n’en serait pas de même au niveau international?

Regardez tous les matchs de l’Italie lors du Weltmeisterschaft de 2006, et vous verrez que plusieurs décisions ont favorisé la Squadra azzura. Par exemple, les Australiens ne comprennent toujours pas pourquoi l’Italie a bénéficié d’un penalty en fin de match, provoquant ainsi leur élimination du tournoi.

Le match de finale contre la France est de loin — tous sports confondus — le match le plus sale que j’ai vu de ma vie.

Alors que le slogan du championnat était : «Fairplay is the name of the game» et qu’on voyait des réclames : «Unite against racism» partout, les joueurs italiens ont proféré des injures racistes pendant tout le match non seulement contre Zidane, mais contre les joueurs noirs et ils se sont surpassés dans la simulation.

À partir de la 14e minute de jeu, l’arbitre argentin, Horacio Elizondo, a tout laissé passer. À la 89e minute, Malouda était seul devant le gardien Buffon qui était couché par terre. Un défenseur italien a fait trébucher le joueur français et il n’y a pas eu de penalty. Pourtant, la faute était tellement énorme!

Après cette victoire dégueulasse, les Italiens de Montréal étaient en liesse. Je me souviens d’en avoir vu un qui était debout dans une voiture avec son drapeau dans les mains.

En le voyant, de jeunes immigrants asiatiques ont scandé : «Viva Italia!» L’Italien n’a pas fait attention à eux et il a crié : «In the Italian team, no fucking Blacks, Arabs like the French!» Vous auriez dû voir la gueule des pauvres Asiatiques…

En 2012, le foot italien a tellement été frappé fort par les scandales que le président Monti a suggéré que l’Italie se retire du championnat européen le temps de faire toute la lumière.

Malgré tout, la Squadra azzura a joué, mais elle n’a pas réussi à répéter le miracle de 2006. Les Espagnols étaient trop dominants pour qu’un arbitre fasse la différence. À la 49e minute, il aurait dû y avoir un penalty à cause d’une faute de main de Banucci.

Le foot italien n’avait pas besoin d’une victoire qui lui aurait encore permis de glisser la poussière sous le tapis, il a besoin d’un électrochoc. Balotelli, un Noir, a compté les deux derniers buts du championnat, et j’espère que cette situation contribuera à faire régresser le racisme dans ce pays.

Puis, il reste à faire le ménage en Italie suivi d’enquêtes de la FIFA ET l’UEFA, quitte à enlever à l’Italie des championnats pas du tout mérités. Ce jour-là, le ciel du foot international sera couvert d’étoiles.

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Michel Brûlé est le PDG de la maison d'édition Les Intouchables, l’un des plus gros éditeurs au Québec. Son entreprise a vendu cinq millions d’exemplaires des livres qu’il a publiés.


  • Lyne M. Pétancourt

    Décidément, je fais des coquilles! Il fallait lire “minimisez”.
    Toutes mes excuses.
    L.P.

  • http://www.lesintouchables.com Michel Brûlé

    Madame Pétancourt,

    Je vois que vous vous attaquez aussi Laurent Chabin, qui est chroniqueur de ce site. Pourquoi ne lancez-vous pas le Pétancourt News et nous ficher la paix ?

    P.-S. Les Néo-Écossais contemporains ne se sont jamais excusé d’avoir commis le premier cas moderne de nettoyage ethnique avec la Déportation des Acadiens.

  • Lyne M. Pétancourt

    Il fallait lire “outrée”, bien entendu

  • Lyne M. Pétancourt

    Monsieur Brûlé,

    Il y a moins de dix jours, j’ignorais absolument tout de votre existence, j’ignorais jusqu’à votre nom. (Et je m’en portais franchement très bien.) Depuis, j’ai lu une dizaine de vos textes. Croyez-moi, c’est un nombre largement suffisant pour identifier les mécanismes de votre rhétorique.

    Ce que j’y ai constaté, ce sont les généralisations spécieuses, les raccourcis idéologiques, les comparaisons fallacieuses et les affirmations infondées, glissées ici et là. Les condensés « historiques » y manquent de la plus élémentaire objectivité.

    Vous pouvez bien fleurir vos textes de statistiques, l’édifice de votre argumentation n’en demeure pas moins bancal.

    Cela dit, peu importe d’où partent ces textes (généralement de votre personne; aujourd’hui du fromage et des Italiens), le fond est irrémédiablement le même : vous diabolisez la communauté anglophone.

    Il y en a qui s’en prennent aux Juifs, d’autres aux personnes de race noire, d’autres encore aux homosexuels; vous votre truc, c’est tout ce qui touche aux Anglais (et aux fédéralistes). De toute évidence, votre ressentiment et votre hostilité envers les anglophones vous rongent. Vous ne faites que nourrir votre haine.

    Ce qui est manifeste également à la lecture de vos textes, c’est que vous avez un mode de pensée binaire, qui ne fait aucune place à la nuance : selon votre raisonnement, on est soit un indépendantiste (dur ou mou), soit un fédéraliste obnubilé. Comme je l’écrivais ailleurs, la réalité par chance accueille une plus grande diversité.

    Et entre nous, quel anglophone voterait pour l’indépendance avec un discours fielleux comme le vôtre? Poser la question, c’est y répondre. Et pour votre information, les anglophones du Québec sont des Québécois, au même titre que vous et moi.

    Ce genre de discours hargneux qu’est le vôtre, Monsieur Brûlé, n’a aucun pouvoir de persuasion : il ne saurait « convaincre » que les « convaincus ».

    Bien à vous.
    L.P.

    • http://www.lesintouchables.com Michel Brûlé

      Encore une fois, vous me convainquez que j’ai fait fausse route. Non, les fédéralistes n’ont pas triché lors du dernier référendum et le Canada de Harper est pro-Québécois. Mais ça suffit à la fin, trouvez une autre tête de Turc ! Ça fait longtemps que je ne cherche pas à convaincre les convaincus de l’autre camp comme vous. Mon but est de semer le doute chez les indécis. En ce qui concerne, le présent texte, je crois que le foot international se portera beaucoup mieux quand on aura mis au pas les tricheurs. Au Québec, on en a voulu en faire des héros. Il y a quelque chose qui cloche !

      • Lyne M. Pétancourt

        Monsieur,

        Je suis d’accord avec vous : il y a nécessité de faire disparaître la tricherie dans le foot international (et partout ailleurs). Bien entendu. Qui n’est pas pour la vertu?

        Ce qui me gêne dans vos textes, c’est que tous les sujets deviennent des prétextes pour démoniser les anglophones.

        Votre processus de pensée est semblable aux opérations booléennes, qui ne peuvent accueillir que deux valeurs distinctes : il y a “votre camp” composé des francophones et des indépendantistes (les “bons”), puis il y a “l’autre camp” formé des anglophones et des fédéralistes (les “mauvais”).

        Vos propos sont si réducteurs. Si je ne suis pas indépendantiste, est-ce à dire que je suis “pro-Harper” ou “pro-Charest”? Non, bien sûr. Pierre Foglia est un indépendantiste. Est-ce à dire que je le méprise? Non, bien sûr. J’adore Foglia.

        Je vous le répète, les anglophones du Québec sont des Québécois, au même titre que vous et moi. Et je cite Gilles Marcotte: “On peut n’être pas nationaliste, ou même être antinationaliste, en anglais ou en français, tout en étant authentiquement, parfaitement québécois!” (“Nadia, Mordecai et l’autre”, L’actualité.com, 1er juin 1995)

        J’ai longtemps été outré des propos que tenait Mordekai Richler sur les francophones du Québec. J’ai abhorré cet homme. Vous avez la même rhétorique fallacieuse que lui, sauf que vous êtes de “l’autre camp”. Et qu’il avait du talent.

        • Hernan

          Si je peux me permettre Mme Pétancourt,

          En référence au cas des anglophones, il ne faut pas avoir peur d’appeler un chat un chat. Je ne crois pas que M. Brûlé soit raciste, loin de là. Je n’ai qu’a lire qu’il a voyagé dans 55 pays pour en avoir la certitude. Il n’expose pas une thèse ici, ce n’est qu’une brève opinion sur le cas des italiens et du foot. Il écorche par la bande les anglophones, mais je n’y vois ni un cas de démonisation ni un cas de racisme. Je lis, dans son propos,qu’il fait référence à l’aspect ”impérialiste” du fait anglophone. Et ça, madame, il faut être soit ignorant ou malhonnête pour le nier.

          Salutations,

          • Lyne M. Pétancourt

            Je parle de ses textes en général, et non de celui-ci en particulier.
            Je vous invite à relire mon commentaire.

            Bien à vous,
            L.P.

          • Lyne M. Pétancourt

            Monsieur “Hernan”,

            L’”aspect “impérialiste” du fait anglophone” – quand on place tous les anglophones dans un même ensemble, sans distinction, sans nuance, c’est ce que j’appelle un raccourci idéologique.

            Savez-vous bien ce que signifie le terme “impérialisme”?

            Si vous me dites que les anglophones de la Nouvelle-Écosse ou de Terre-Neuve sont des impérialistes, je ris.

            Ou alors, j’imagine que vous utilisez le terme dans un sens très très large.

      • Lyne M. Pétancourt

        Monsieur Brûlé,

        Pour ce qui concerne la tricherie de 1995 dont vous faites état dans votre commentaire, je vous invite à lire “Pour en finir avec 1995″ , de Monsieur Richard Le Hir, Mai 2005 (http://actionsouverainiste.org/documents/richardlehir.html).

        Monsieur Le Hir, que vous avez d’ailleurs publié récemment, y parle des mensonges, des astuces, ainsi que de la manipulation exercée par Parti Québécois durant la période entourant le référendum de 1995.

        En voici un extrait édifiant, pour vous qui cherchez à convaincre les “indécis”, comme vous me l’avez signalé; Monsieur Le Hir rapporte:

        “À quelques semaines du référendum, rencontrant de nouveau M. Parizeau, je lui rappelai l’engagement qu’il avait pris en lui signalant le silence de M. Bronfman. Il me répondit alors : «Le référendum approche et je dois concentrer tous mes efforts sur les «Tabarnacos» (c’est ainsi qu’il avait baptisé ce segment des nationalistes «mous» dont les sondeurs lui avaient expliqué les similitudes de profil avec les Québécois qui se rendaient à Acapulco en hiver). Landry s’occupe des juifs. Il doit en rencontrer un groupe demain à Boisbriand». Je n’en croyais pas mes oreilles. Non seulement reniait-il un engagement qu’il m’avait incité à transmettre aux dirigeants de la communauté juive de Montréal, une communauté dont il connaissait toutes les réserves à l’endroit du projet souverainiste et dont il fallait vaincre l’hostilité, mais voilà qu’il témoignait du plus profond mépris pour ceux-là mêmes dont ils s’apprêtait à solliciter le vote.”

        Bien à vous.

        • http://www.lesintouchables.com Michel Brûlé

          Les révélations, qu’a faites M. Le Hir à l’époque, sont loin d’être troublantes. D’ailleurs, Le Hir n’est pas le seul à avoir tendu la main aux Anglais et de l’avoir regretté. Pontiac l’a fait avant lui. Déçu, il a monté tous les chefs amérindiens contre eux pour restaurer le régime français. C’est alors qu’Amherst a commis un crime contre l’Humanité, celui du premier cas moderne de guerre bactériologique en distribuant des couvertures infestées de petite vérole aux Amérindiens.

          • Lyne M. Pétancourt

            Monsieur Brûlé,

            L’article de Monsieur Le Hir est au désavantage de votre thèse, alors vous en minimiser l’importance. Ce procédé rhétorique ne trompe que les gobe-mouches.

            Vous pointez du doigt, vous accusez le Parti libéral et les fédéralistes de tricherie. C’est possible. Je ne le nie pas. Mais je laisserai les lecteurs décider si les révélations de Monsieur Le Hir sont troublantes ou non. Le lecteur verra que, durant la période entourant le référendum de 1995, le Parti québécois a recouru aux subterfuges, à la tricherie et aux mensonges.

            (Voir “Pour en finir avec 1995″, Richard Le Hir, mai 2005; http://actionsouverainiste.org/documents/richardlehir.html)

            L.P.