Pourtant, il y a cinquante ans, la Wallonie étaient beaucoup plus prospère que la Flandres. D’aucuns prétendent que c’est à cause des investissements que la Belgique a fait à ce moment-là pour développer la Flandres que celle-ci est aussi riche aujourd’hui.
Y aura-t-il un revirement de pôles dans un avenir plus ou moins rapproché ? Peut-être. Qui sait.
Pendant que la crise belge perdure, les tensions linguistiques sont évidentes.
En Flandres, tout est en flamand et en Wallonie, tout est en français. Il n’y a qu’à Bruxelles où le bilinguisme a sa place.
Les plus naïfs d’entre nous diront que c’est comme ça au Canada. En français au Québec et en anglais dans le reste du Canada. Comme dirait Yves Beauchemin : «Le français est la langue officielle du Québec et l’anglais, la langue obligatoire.»
Autrement dit, même si le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue, la seule province bilingue dans les faits est le Québec.
Comme je l’ai dit dans ma chronique précédente, les Wallons ont longtemps occupé le siège de commande et si les Flamands parlaient presque tous le français, rares étaient les Wallons qui parlaient le néerlandais.
Ç’a changé un peu au cours des dernières années, mais encore aujourd’hui les Wallons parlent peu ou prou le néerlandais.
En Suisse, c’est un peu la même chose qui se produit. En effet, les Suisses romands boudent le suisse alémanique et ils préfèrent apprendre le haut-allemand dans le cas où ils daignent apprendre cette langue.
Les Flamands et les Suisses alémaniques sont les chefs de file de leurs pays, mais les francophones de la Belgique et de la Suisse ont dédain de leurs langues. Les leaders économiques de ces deux pays ont trouvé la solution en s’adressant aux francophones en anglais.
Quant à moi, il y a quelques endroits aux États-Unis, qui valent la peine d’être visités, dont Boston, New York, Miami et la Californie.
Je suis allé à Miami, il y a six mois, et j’y ai parlé espagnol et français. Si j’ai parlé deux ou trois fois en anglais, c’est beau.
Je suis allé à New York, il y a trois semaines, et j’ai parlé 60 % du temps en espagnol et j’ai parlé le français et le russe tous les jours.
Selon mon appréciation, 20 % des Québécois francophones sont en réalité des Canadiens anglais. Ceux-ci sont donc prêts à défendre bec et ongles l’anglais et les Anglais.
Je ne gaspillerai pas ma salive à essayer de les convaincre de quoi que ce soit. Je préfère me concentrer sur mes compatriotes qui sont assez lucides pour se rendre compte que l’espagnol est une langue incontournable en Amérique et le sera de plus en plus.
Au-delà d’un certain dédain, les Wallons et les Romands ont un certain attachement à leurs voisins plus nombreux et plus puissants qu’eux.
En effet, le français des Wallons et des Romands est truffés de germanismes. Qui plus est, ils prononcent les noms flamands et allemands pas mal comme il faut.
Au Canada, à CBC, on prononce tous les noms français à l’anglaise. Comment répondre au mépris et à l’indifférence des Canadiens anglais? «Do you speak English?» «No, pero hablo español.» (Parles-tu l’anglais? (dit avec beaucoup de condescendance) Non, mais je parle l’espagnol!)
