Au mépris et à l’indifférence du Canada anglais


Mis en ligne le 10 Juillet 2012 à 10:14   |  Michel Brûlé

Les Flamands les plus nationalistes accusent les Wallons de vivre à leurs frais.
 
 
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Pourtant, il y a cinquante ans, la Wallonie étaient beaucoup plus prospère que la Flandres. D’aucuns prétendent que c’est à cause des investissements que la Belgique a fait à ce moment-là pour développer la Flandres que celle-ci est aussi riche aujourd’hui.

Y aura-t-il un revirement de pôles dans un avenir plus ou moins rapproché ? Peut-être. Qui sait.

Pendant que la crise belge perdure, les tensions linguistiques sont évidentes.

En Flandres, tout est en flamand et en Wallonie, tout est en français. Il n’y a qu’à Bruxelles où le bilinguisme a sa place.

Les plus naïfs d’entre nous diront que c’est comme ça au Canada. En français au Québec et en anglais dans le reste du Canada. Comme dirait Yves Beauchemin : «Le français est la langue officielle du Québec et l’anglais, la langue obligatoire.»

Autrement dit, même si le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue, la seule province bilingue dans les faits est le Québec.

Comme je l’ai dit dans ma chronique précédente, les Wallons ont longtemps occupé le siège de commande et si les Flamands parlaient presque tous le français, rares étaient les Wallons qui parlaient le néerlandais.

Ç’a changé un peu au cours des dernières années, mais encore aujourd’hui les Wallons parlent peu ou prou le néerlandais.

En Suisse, c’est un peu la même chose qui se produit. En effet, les Suisses romands boudent le suisse alémanique et ils préfèrent apprendre le haut-allemand dans le cas où ils daignent apprendre cette langue.

Les Flamands et les Suisses alémaniques sont les chefs de file de leurs pays, mais les francophones de la Belgique et de la Suisse ont dédain de leurs langues. Les leaders économiques de ces deux pays ont trouvé la solution en s’adressant aux francophones en anglais.

Quant à moi, il y a quelques endroits aux États-Unis, qui valent la peine d’être visités, dont Boston, New York, Miami et la Californie.

Je suis allé à Miami, il y a six mois, et j’y ai parlé espagnol et français. Si j’ai parlé deux ou trois fois en anglais, c’est beau.

Je suis allé à New York, il y a trois semaines, et j’ai parlé 60 % du temps en espagnol et j’ai parlé le français et le russe tous les jours.

Selon mon appréciation, 20 % des Québécois francophones sont en réalité des Canadiens anglais. Ceux-ci sont donc prêts à défendre bec et ongles l’anglais et les Anglais.

Je ne gaspillerai pas ma salive à essayer de les convaincre de quoi que ce soit. Je préfère me concentrer sur mes compatriotes qui sont assez lucides pour se rendre compte que l’espagnol est une langue incontournable en Amérique et le sera de plus en plus.

Au-delà d’un certain dédain, les Wallons et les Romands ont un certain attachement à leurs voisins plus nombreux et plus puissants qu’eux.

En effet, le français des Wallons et des Romands est truffés de germanismes. Qui plus est, ils prononcent les noms flamands et allemands pas mal comme il faut.

Au Canada, à CBC, on prononce tous les noms français à l’anglaise. Comment répondre au mépris et à l’indifférence des Canadiens anglais? «Do you speak English?» «No, pero hablo español.» (Parles-tu l’anglais? (dit avec beaucoup de condescendance) Non, mais je parle l’espagnol!)

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Michel Brûlé est le PDG de la maison d'édition Les Intouchables, l’un des plus gros éditeurs au Québec. Son entreprise a vendu cinq millions d’exemplaires des livres qu’il a publiés.


  • Enidorbaz

    Le Général De Gaulle à dit VIVE LE QUEBEC LIBRE!!!!!

  • Lyne Urkun

    Et… à Radio-Canada, on prononces souvent les noms anglais à la française…

  • Lyne M. Pétancourt

    Au mépris de Monsieur Brûlé envers les Anglais de la planète, qu’il classe dans un même ensemble sans s’encombrer de nuances, comme si les anglophones de Terre-Neuve étaient comme ceux de la Colombie-Britannique ou comme ceux de l’Angleterre ou des États-Unis.

    Cet article sur fond de haine envers les anglophones va dans tous les sens. Et au final n’a aucun sens.

    Monsieur Brûlé, je vous invite à lire un beau livre de Marc Angenot, intitulé “L’idéologie du ressentiment”.

    Bien à vous.

    • http://www.lesintouchables.com Michel Brûlé

      Comme d’habitude, vous dites n’importe, Madame Pétancourt. Contrairement à vous, je m’intéresse aux faits. Semaine après semaine, les listes des best-sellers du NY Times, du London Times et du Globe & Mail ne sont composées que de livres écrits par des anglophones. Idem pour le palmarès des chansons les plus populaires. Est-ce que les listes de best-sellers et les palmarès publiés dans les journaux terre-neuviens et britanno-colombien échappent à cet ethnocentrisme ? Malheureusement, la réponse est non.

      • Lyne M. Pétancourt

        Monsieur Brûlé,

        La seule personne qui souffre d’ethnocentrisme ici, c’est vous. Comme si toute la planète devait s’intéresser au Québec francophone.

        Je suis Québécoise (ne vous en déplaise) et francophone, et le cinéma québécois ne m’intéresse pas ou si peu. Ah! Pensez-vous, elle doit regarder des films hollywoodiens. Faux, tout faux. Je raffole du cinéma belge flamand, et Jan Decleirs est mon acteur favori, voyez-vous.

        Littérature québécoise francophone? Elle ne m’intéresse pas plus que la littérature américaine. J’aime seulement les bons romans, peu importe leur pays d’origine. Ah! J’aime Amin Maalouf. Est-ce que c’est mal, Monsieur Brûlé?

        Musique québécoise francophone? Aucun intérêt. Je n’écoute pratiquement que de la musique classique, du baroque allemand en particulier.

        Art culinaire québécois francophone? Pour votre information, je n’ai jamais mangé une poutine de toute ma vie. Ni un Big Mac d’ailleurs. Jamais. Et vous?

        Bien à vous.

        • Hernan

          Mme Pétancourt: dommage que vous ne vous intéressiez pas aux faits qu’exposent M. Brûlé, pourtant vous semblez avoir un bon esprit d’analyse. Regrettable aussi que vous n’ayiez jamais mangé de poutine, il y en a d’excellentes!