Wikileaks fait des adeptes


Mis en ligne le 13 Juillet 2012 à 5:34   |  Alain Cognard

L’affaire Merah refait surface en France.
 
 
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Mohamed Merah, c’est ce tueur au scooter qui a assassiné sept personnes, dont trois enfants d’une école juive en mars 2012, à Toulouse, en pleine campagne présidentielle.

Dimanche soir 8 juillet, la chaine de télévision TF1 a diffusé l’enregistrement des conversations entre la police et Mohammed Merah, retranché dans son appartement pendant une trentaine d’heures.

Cette diffusion a révélé de sérieuses anomalies dans le travail de surveillance assuré par le DCRI, le nouveau renseignement français issu de la fusion des Renseignements généraux (RG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST). Les services américains avaient été avertis des activités de Merah et avaient communiqué avec les Français.

Merah était suivi par les services de renseignement français, mais en novembre 2011, l’écoute téléphonique a été arrêtée. Pourquoi?

Merah n’était pourtant pas un amateur et se baladait entre la Syrie, le Pakistan, l’Afghanistan, la Bosnie, Israël (!) et quelques autres pays. Ce qui, dans les échanges avec «Hassan», l’agent du DCRI qui le suivait, s’est traduit par ce reproche «tu croyais que j’allais faire du tourisme là-bas?», Hassan se plaignant «tu nous a roulés dans la farine».

Certains prétendent maintenant que Merah était un agent double du DCRI et qu’il aurait été tué par la police, plutôt que capturé vivant, pour l’empêcher de faire des révélations gênantes. Est-ce aussi pour cette raison que le nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, n’aurait pas eu accès à toutes les informations des services secrets ?

Si TF1 n’avait pas diffusé l’enregistrement des conversations, il est probable que cette affaire serait restée secrète, comme tant d’autres.

Signe des temps, presque tout le monde approuve la diffusion des enregistrements et ceux qui s’y opposaient ont vite changé d’avis : on ne peut aujourd’hui être contre l’information et avouer que l’on préfèrerait ne rien savoir.

La démarche de TF1 est dans la mouvance de Wikileaks, le célèbre site qui dévoile des informations secrètes depuis 2006, date de sa fondation. Mediapart, en France, a suivi en 2008.

Les grands medias dans le monde veulent reprendre le leadership et se rendent compte, enfin, que leur rôle de «chien de garde» est essentiel à l’exercice de la démocratie. En France, où la presse et le pouvoir sont si intimement liés, le geste de TF1 est une révolution.

La circulation des informations est nécessaire pour que les décisions politiques soient réfléchies par le plus grand nombre plutôt que d’être prises en secret par une équipe dirigeante.

La crise des missiles de Cuba (en 1962), qui, selon certains aurait pu conduire à une guerre atomique (c’est seulement une hypothèse) a été gérée par trois ou quatre personnes seulement, dont le président John F. Kennedy. On considère aujourd’hui que c’est trop peu et très dangereux!

Le 21e siècle verra sans doute de nouvelles formes de prise de décision et de gouvernement. Le temps de quelques politiciens-avocats habiles qui décident pour l’ensemble de la population est révolu.

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Alain Cognard a été successivement directeur de journal, professeur de physique et de chimie et administrateur de sociétés. Il a également participé avec Georges Lapassade à l’analyse de l’Université du Québec à Montréal, lors de sa création, ainsi qu’à la rédaction de deux ouvrages connexes. Observateur des groupes humains et des nations, il s’intéresse particulièrement à l’expression sociale des exclus et à la dissidence en général.


  • roy

    Je pense que les décisions doivent appartenir à une seule autorité: Le Bon Sens!
    Et je pense qu’il y a plus de bon sens chez une “ménagère” voire un “homme d’affaires” (par ex) que chez un politicien quel qu’il soit!
    Enfin la planète ne nous appartient pas vraiment…
    Alors on s’en tape!
    Dieu merci!