Pourtant, la région représente plus de 3 824 221 de personnes, presque la moitié de la population du Québec, et demeure le moteur économique de la province.
Le problème, c’est qu’il n’est pas payant pour un parti provincial de démontrer un parti pris particulier pour la grande région de Montréal.
D’une part, une telle position ne changerait pas grand-chose aux résultats, une majorité des circonscriptions étant déjà acquises. D’autre part, le parti qui oserait s’intéresser à Montréal se mettrait à dos les autres régions du Québec, des régions dont ils ont besoin pour prendre le pouvoir.
Dans les régions du Québec, Montréal est détestée pour ses atouts et pour son importance à titre de seule et unique ville-région du Québec.
Il est donc populaire pour les politiciens, tant au municipal qu’au provincial, d’ignorer la ville-région, de dénigrer ses administrateurs et de prétendre vouloir défendre les intérêts de leur petit patelin contre cette grosse méchante qui est d’ailleurs de moins en moins québécoise, comme le prétendent bien des souverainistes.
Dans une élection provinciale, pour quelque formation politique que ce soit, il n’y a aucun avantage à prendre parti pour Montréal.
De toute façon, les partis provinciaux dans une grande majorité des cas tiennent les circonscriptions qu’ils détiennent dans la région de Montréal comme déjà acquises.
Aux dernières élections, il y avait 47 circonscriptions dans la grande région de Montréal sur un total de 125. On me dira après que la région est bien représentée.
Sur ce total, 30 ont été gagnées par les libéraux, 16 par le Parti québécois (PQ) et un par Québec solidaire; les libéraux possèdent le vote anglophone et allophone à Montréal et à Laval, alors que le PQ fait toujours bonne figure dans les circonscriptions à majorité francophone de l’est de l’île et sur la Rive-Sud.
La composition démographique n’a pas changé depuis quatre ans pour faire une différence. Il serait raisonnable de penser que le portrait au 4 septembre ne soit pas bien différent, mais l’environnement politique a changé avec l’arrivée de la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Les deux grands partis travaillent avec des acquis dans 33 circonscriptions où les majorités obtenues dépassent 3 000 votes. Il y a, par contre, 14 circonscriptions où la majorité était moins de 3 000 votes, et où la CAQ pourrait faire une différence.
Parmi ces circonscriptions, il y en six détenues par le PQ, six, par le PLQ et une chacune, par Québec solidaire et la CAQ.
Il sera intéressant de suivre la course dans Mercier, où les électeurs se sont amusés en envoyant Amir Khadir à Québec. Je crois qu’ils jugeront cette année que la farce a assez duré. I
Il y a aussi les circonscriptions de Borduas où Pierre Curzi a tenté de jouer le rôle de politicien, sans bien connaître son rôle, Gouin, où Françoise David avait tout de même obtenu 7 947 votes aux dernières élections, Laprairie, où se présente François Rebello le vire-capot de la CAQ, et Châteauguay, que Pierre Moreau du Parti libéral avait remporté avec moins de cinq cents votes.
S’ajoutent neuf autres circonscriptions où les majorités étaient moins de 3000 votes et où le PQ et la CAQ pourraient se diviser le vote des insatisfaits. À noter que trois de ces circonscriptions sont à Laval.
Malgré tout, Montréal comme région sera encore ignorée. Gérald Tremblay aura beau faire valoir ses doléances et présenter sa liste d’épicerie, il sera tout simplement ignoré. Si au moins la région de Montréal pouvait s’organiser et voter en bloc pour un parti ou un autre, elle pourrait exercer un certain pouvoir, mais elle demeure divisée.
