La motivation derrière la création de la BDEQ est discutable puisque les entrepreneurs de l’ensemble des régions du Québec ont déjà accès à une panoplie de services financiers.
Si quelqu’un est au courant de la situation, c’est bien la candidate du Parti québécois dans la circonscription de Richelieu, Élaine Zakaib qui a été présidente et directrice générale des Fonds régionaux de solidarité FTQ.
Le Fonds de solidarité a créé 22 fonds régionaux qui ont à leur disposition plus de 146 millions et 77 Fonds locaux de solidarité (SOLIDE) dans à peu près toutes les municipalités régionales du Québec.
Ces SOLIDES avaient investi près de neuf millions dans de petites entreprises au 31 mai 2011. Il faut noter qu’une majorité de ces montants n’est pas investi dans le capital-action des entreprises, mais sous forme de prêts et d’avance portant intérêt, rendement aux actionnaires oblige.
Le Fondaction CSN pour sa part est présent partout au Québec à partir de ses bureaux de Montréal et de Québec.
Le Mouvement Desjardins est également présent dans les régions avec ses 43 centres financiers aux entreprises qui offrent aux PME une gamme complète de services financiers incluant du capital de développement par l’entremise de Desjardins capital régional et coopératif.
Comme si ce n’est pas assez, nous retrouvons aussi en région les 27 bureaux de la Banque de développement du Canada (BDC), les 11 bureaux de Développement économique Canada et les plus de 60 CAE/SADC dont les services s’adressent spécifiquement aux sociétés en démarrage.
Si un entrepreneur ne réussit pas à trouver preneur parmi cette offre diversifiée de sources de financement, la conclusion est simple : son plan d’affaires n’est pas à point ou son idée ne tient pas la route.
Les institutions financières déjà en région se pilent sur les pieds et rencontrent des difficultés à rentabiliser leurs succursales régionales. Qu’est ce que la BDEQ vient ajouter de plus?
Selon la proposition du PQ, la BDEQ vise d’abord à assurer une présence de la nouvelle banque dans les 17 régions du Québec.
Or Investissement Québec, qui deviendra la BDEQ, a déjà 17 bureaux au Québec. De la poudre aux yeux.
La proposition vise aussi à rapatrier les programmes fédéraux, dont la BDC, les SADC, les CAE… Franchement, du pelletage de nuages.
Une diversification de sources de financement pour les entrepreneurs est essentielle et évite les décisions qui pourraient être prises pour des raisons autres que d’affaires.
La vérité dans ce branle-bas ne se cacherait-elle pas plutôt dans la référence à du «capital patient», un terme utilisé par Pauline Marois et sa candidate, Élaine Zakaib?
Le terme «capital patient» est un euphémisme pour «subvention remboursable». L’investissement dans des sociétés en prédémarrage n’est rien de plus qu’un coup de dé et c’est la raison pour laquelle personne ne veut s’y aventurer.
Pourtant, le PQ devrait avoir appris avec son expérience avec le Plan Paillé, un programme créé dans las années 80 et qui avait justement pour objectif d’aider les entreprises en prédémarrage.
L’aventure a coûté cher à la population du Québec. Le Plan Paillé a enregistré des pertes de l’ordre de 143 millions de dollars lorsque 3 970 des 10 548 entreprises qui ont bénéficié du programme ont déclaré faillite. Plus ça change, plus c’est pareil.
