Le scénario est fréquent : un diplomate, peut-être pas à jeun, renverse et tue ou blesse un ou plusieurs piétons. La police ne peut rien faire.
Le diplomate repart tranquillement, sans même devoir se planquer dans son ambassade. Il quitte son appartement sans être inquiété, prend l’avion. L’immunité est sacrée, mais pas partout!
Aujourd’hui, l’Équateur a décidé d’accorder l’asile politique à Julian Assange. Il ne s’agit pas de blanchir Assange, ni d’interrompre un procès. Il existe plusieurs moyens d’assurer la justice même lorsque la personne jugée se trouve dans un pays lointain.
Toute l’instruction peut être menée en Suède, et Julian Assange peut être interrogé où qu’il se trouve.
Nombre de pays refusent d’extrader des personnes lorsqu’il existe un risque que ces personnes soient à leur tour extradées vers un pays qui pratique la peine de mort. Si Julian Assange retourne en Suède, les États-Unis pourraient demander à leur tour son extradition pour des «crimes graves», en fait, dénonciation de crimes d’État.
Le gouvernement britannique menace de lever l’immunité de l’ambassade équatorienne afin de pouvoir y arrêter Julian Assange.
Pourtant, ce principe est mis en avant pour des meurtres ou des affaires bénignes. Même les Chinois l’ont respecté lorsqu’un dissident s’était réfugié à l’ambassade américaine récemment. Mais on n’attaque pas l’ambassade américaine…
Si la menace du gouvernement britannique et si l’entêtement de la Suède se concrétisent, nous ne pourrons plus jamais avoir confiance dans ces deux flambeaux de la démocratie et du progrès.
Cela va très certainement rejaillir sur toutes les politiques de ces deux pays et sur l’idée que nous nous faisons du monde.

