élections - Québec - 2012
Source : Leglobe
Fédéraliste ou souverainiste? La population en a ras-le-bol


Mis en ligne le 28 Août 2012 à 10:11   |  Louis Michel Gratton

Depuis les débats de la semaine dernière, les médias, les analystes et les apparatchiks des vieux partis se démènent pour savoir si François Legault a renié ses croyances souverainistes et est tout à coup devenu un fédéraliste.
 
 
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Cette polarisation est devenue ridicule; il y a au Québec une partie de la population qui croit toujours à l’indépendance sous une forme ou une autre et il y a tous les autres que le Parti québécois (PQ) n’a pas réussi à convertir.

Ils ne sont pas nécessairement fédéralistes. Ils sont plutôt des réalistes qui n’ont pas été convaincus par les promesses souverainistes du paradis à la fin de nos jours.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) en profite et soulève le spectre du chaos d’un référendum possible alors que le PQ demande à la population de renouer sa foi dans le miracle de la souveraineté sans déposer un plan de match crédible. Voilà maintenant 40 ans que dure le débat.

Pourtant, les membres des médias continuent à insister pour que chaque politicien dévoile son allégeance à la souveraineté ou au fédéralisme. Suffit d’écouter les Jean Lapierre de ce monde. Le maintien de cette polarisation est néfaste pour les deux vieux partis et favorise la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui a refusé de jouer le jeu.

J’avais, jusqu’à aujourd’hui, de la difficulté à m’expliquer la déconfiture du Bloc québécois lors des dernières élections fédérales. Je n’achetais pas l’explication, beaucoup trop simpliste, que ce vote massif pour Jack Layton et le Nouveau Parti démocratique était le résultat de la présence de Jack Layton à l’émission Tout le monde en parle, de l’animateur Guy A. Lepage et je mets l’accent sur le terme animateur, parce que c’est tout ce qu’il est, quoiqu‘il en pense.

J’ai beaucoup plus l’impression que la défaite du Bloc a été le résultat direct du ras-le-bol de la population pour le discours souverainiste qui n’évolue pas.

La population du Québec, elle, évolue. Au cours des années, elle a rejeté l’autorité et les instructions de l’Église catholique tout en demeurant chrétienne.

La déconfiture de Gilles Duceppe ne serait-elle pas le résultat d’une évolution similaire; les électeurs, bien qu’ils demeurent nationalistes, seraient sur le point de rejeter les arguments souverainistes et de refuser l’invitation à une autre messe référendaire.

Une majorité de Québécois voteront contre le PQ aux prochaines élections, et cette tendance continuera à l’avenir. La démographie de Québec change, particulièrement à Montréal, et les politiciens devront ajuster leur discours.

Les analystes, en se concentrant sur la question référendaire, manquent le bateau, et ce faisant, obligent les partis à concentrer trop d’efforts sur la question.

Une période électorale devrait être l’occasion rêvée pour une formation politique de présenter un projet de société.

Au lieu de cela, l’un continue à nous offrir le réchauffé souverainiste, l’autre l’épouvantail référendaire et le troisième une recette dite nouvelle de réductions des dépenses pour mettre l’appareil de l’état sur une diète, un appareil qui n’arrive pas à nous donner les services de base.

À court terme, j’ai une solution possible pour briser la polarisation entre les souverainistes et les fédéralistes : le PQ devrait promettre un Québec indépendant formé d’une fédération des régions.

De cette façon, nous serions tous des fédéralistes et nous pourrions passer à un débat autour d’un projet de société.

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Louis Michel Gratton est un spécialiste du financement d'entreprises et un passionné de la politique. Durant sa carrière, il a fondé plusieurs entreprises dans le monde de la finance. Il a aussi publié un premier roman et il exploite aujourd’hui son propre site, Louis Michel Gratton. Il a déjà touché de la politique à titre de maire de Saint-Lambert et préfet de la MRC de Champlain, aujourd’hui l’arrondissement de Longueuil.


  • Frédéric Jeanbart

    Ce qui est très bizarre, c’est de constater combien les économistes du Québec dits des plus sérieux, puissent devenir totalement irréaliste quand vient le temps de parler politique, trop aveuglés par leurs dogmatismes quands il ne s’agit pas de “science économioue”. Exemple simple : comment prétendre en des ré.formes quand on n’a pas le plein contrôle de notre Nation et ses politiques (alors que ces dernières doivent avant tout répondre auxc intérêts d’une autre Nation, colonie d’une encore autre Nation de l’autre côté de l’Atlantique)? Irréaliste et utopiste à défaut d’être simplement trompeur.

  • Baloque Renaud

    Vous accordez un peu trop de crédit aux Québécois. Je pense que la “vague orange” s’explique par des facteurs beaucoup plus simples. Les Québécois sont reconnus pour leur volubilité électorale. Ils votent au gré de leur humeur. À la dernière élection fédérale, une bonne partie ne connaissait même pas le programme électoral du NPD. Ils auraient pu voter pour le parti qui convient le plus à leurs convictions politiques et travaille pour défendre leurs intérêts (le Bloc), mais ça n’aurait pas été l’fun. Il faut s’amuser un peu dans la vie.

  • Jonathan Bergeron

    euh désolé grand champion mais peut-être que cette question est plus importante que tu ne le penses. quand on aspire à diriger le québec, soit on est fédéraliste, soit on est souverainiste. on ne peut pas être les deux à la fois ou ni un ni l’autre. être ”autonomiste” ne veut pas dire grand chose. et legault qui attend que les poules auront des dents et le jour ou tout le monde sera millionaire avant de pouvoir penser à l’indépendance est un grand farceur.

    • Louis Michel Gratton

      Vous n’avez vraiment pas compris. Le terme « fédéral » fait référence à un régime politique et pas au Canada. Les États-Unis sont une fédération et il y en bien d’autres dans le monde. Si un Québec indépendant adoptait un régime politique formé d’une fédération de régions, nous serions tous des fédéraux.

  • Serge Grenier

    J’avoue que j’ai du mal à suivre votre raisonnement.

    Vous parlez d’un projet de société pour le Canada ou pour le Québec ?

    Si c’est pour le Canada, je vois mal comment vous allez faire avaler les idées québécoise dans les autres provinces. Si c’est pour le Québec, alors comment comptez-vous faire avancer ce projet de société sans que le reste du Canada ne s’en mêle et vienne vous mettre des bâtons dans les roues ?

    • Louis Michel Gratton

      Nous ne dérangeons plus le Canada et nous avons tous les moyens pour nous donner un projet de société. Finies les excuses faciles. Les gros méchants du ROC ont d’autres choses à faire depuis qu’ils ont un gouvernement majoritaire sans l’appui du Québec.

      • Lyne Urkun

        Je suis d’accord avec vous… j’habite à Ottawa et il y a belle lurette que le Canada n’est plus dérangé par le Québec et qu’il ne met plus les bâtons dans les roues. Le Québec s’occupe déjà de ses affaires : il n’y a qu’à songer au Régime de rentes du Québec, à Immigration Québec, à Revenu Québec (qui s’occupe du recouvrement de la TPS), etc. Et… est-ce le PQ qui voudrait que la province s’occupe de l’assurance-emploi? Je suis convaincue que Harper n’y verrait aucun inconvénient (plutôt que des avantages!)…

      • Frédéric Jeanbart

        Monsieur Gratton, ce que vous dites est faux! On en a eu un exemple encore très récent alors que Charest se fit rebouter sans façon par le gouvernement Harper alors qu’il voulait amener des politiques de relance économique bonnes pour le Québec (ex. bourse carbone, train TGV, alliances économiques avec l’Ontario, etc)… Irréaliste et utopiste.