Rien ne justifie l’irréparable et l’atteinte à la vie, don sacré de Dieu qui, en tant que Créateur, devrait seul en disposer.
Dans la Bible comme dans le Coran, la condamnation du meurtre est sans appel. Dans le Coran, il est même assimilé, expressément, à un véritable génocide : le coupable d’une mort humaine est considéré comme ayant tué l’humanité dans son ensemble.
Le coran va encore plus loin. Dieu y récompense la personne ayant sauvé une vie comme si elle avait sauvé l’humanité entière.
Par ailleurs, les qualifications de «crime d’honneur» et de «crime passionnel» n’existent ni en droit, ni dans les textes de l’islam.
Les conditions historiques et l’environnement culturel n’y changent rien. Tout assassinat et toute atteinte à l’intégrité de la personne demeure un péché grave devant Dieu et punissable selon la loi.
À ce niveau, il y a lieu d’établir, encore et encore, une distinction entre islam et musulmans, religion et cultures ainsi que religion et coutumes.
Le décalage peut être très grand entre les prescriptions religieuses et morales et l’idéal, d’une part, et, d’autre part, la réalité humaine.
Cela peut être constaté, en l’occurrence, en ce qui a trait à la condition des femmes dans certains pays musulmans où le patriarcat ancestral survit avec ses dérives parfois violentes.
Par exemple, l’Arabie saoudite est l’un des pays les plus barbares et arriérés qui soit en terres d’islam. Mais il reste pourtant bien vu et protégé par l’occident parce que c’est un «bon et fidèle allié des États-Unis».
Dans ces cas, la culture traditionnelle peut l’emporter sur la religion au point où l’on ne se gêne guère pour couvrir indûment d’un enrobage religieux des pratiques archaïques dont certaines sont éminemment et explicitement condamnables, voire anti-islamiques, comme le crime dit d’honneur ou le mariage forcé.
Faire assumer cette violence et ces crimes par l’islam revient à attribuer à Jésus et à l’Évangile les génocides et les affres de l’esclavage, des croisades et de la colonisation perpétrés, comme on le sait, au nom du Christ et de l’évangélisation.
Qui songe à attribuer au christianisme les crimes de guerre et contre l’humanité infligés aux peuples iraquiens et afghans lorsque l’on a vu un Bush II et ses acolytes invoquer à tout va la bible et dieu comme «guides» dans ces nouvelles croisades?
Ou les récents décès d’enfants aux États-Unis, battus à mort par des parents qui suivent aveuglément les prescriptions de «retour aux châtiments corporels» que prône un pasteur dans un livre qui se vend par centaines de milliers d’exemplaires?
Rendre ainsi la population afghane, voire les musulmans dans leur ensemble, coupable par association avec cette sordide et triste affaire Shafia, est tout aussi abject qu’injuste.
Enfin, comment ne pas s’étonner de la non intervention de la justice qui n’a déclenché aucune enquête sur l’incompétence inouïe d’institutions comme la Direction de la protection de la jeunesse qui, malgré des appels au secours dans les deux langues officielles depuis 2008, a laissé les victimes à leur sort.
Pourquoi ces quatre personnes n’ont-elles pas été traitées comme toutes les femmes victimes de violence? Parce qu’elles sont afghanes et musulmanes? N’y a-t-il pas eu là non assistance à des«personnes en danger?
Puisse Dieu accueillir ces innocentes victimes en son infini paradis. Amen!
Avec la collaboration de Touhami Rachid Raffa
