Prostitution : le modèle suédois, une hypocrisie


Mis en ligne le 1 Avril 2012 à 21:09   |  Michel Brûlé

Je veux féliciter le courage de Michèle Ouimet, journaliste de La Presse, pour sa chronique intitulée Libéralisons, bordel! dans laquelle elle réfute la position du Conseil du statut de la femme en matière de prostitution.
 
 
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Alors que le gouvernement canadien ouvre tranquillement la porte à la légalisation de la prostitution, l’organisme féministe québécois continue à s’y opposer farouchement comme en fait foi cet extrait de l’article de Michèle Ouimet.

«Julie Miville-Dechêne [présidente du Conseil] croit au modèle suédois, qualifié de néo-abolitionniste. En Suède, explique-t-elle, les clients et les proxénètes sont criminalisés, mais pas les prostitués. Au contraire, il existe des programmes pour aider les femmes à sortir de la prostitution.»

Dans certains cénacles, ça paraît toujours bien de vanter le modèle suédois. Mais qui parmi nos intellectuels québécois sont déjà allés en Suède?

Je suis loin de me prétendre un spécialiste de ce pays scandinave, mais je peux affirmer y être allé à deux reprises. Je me suis même retrouvé dans la fête annuel donné par le grand prince des médias suédois, Carl-Johan Bonnier.

Avant de discuter avec plusieurs écrivains suédois présents à cette soirée, qui se plaignaient de l’hypocrisie de la société suédoise, j’avais fait le même constat.

Je trouve qu’il y a beaucoup de bonnes choses en Suède, mais la position de ce pays vis-à-vis de l’alcool, qui pourrait aussi être qualifiée de néo-abolitionniste, est très hypocrite. Le gouvernement a beau surtaxer l’alcool pour empêcher les gens de trop boire, ceux-ci trouvent des moyens de contourner ces mesures.

Ainsi, des milliers de Suédois font des croisières pour se retrouver dans les eaux internationales où l’alcool échappe aux taxes dans le seul but de se défoncer. Chaque fin de semaine, des dizaines voire des centaines de personnes se retrouvent dans un coma éthylique.

Ça me rappelle le Core Party, un parti antifrançais du Nouveau-Brunswick, qui a sévi dans les années 90 et dont l’état-major au grand complet s’était retrouvé les «culottes baissées» dans un club de danseuses québécois lors d’un congrès national.

Au moins, cette nouvelle avait fait scandale, et c’est probablement ce qui a sonné le glas de ce parti extrémiste.

En Suède, c’est motus et bouche cousue. Les frasques des Suédois en dehors de la Suède sont tabous. Quand vous verrez un grand blond ben saoul à 10 h sur une plage espagnole, gagez que c’est un Suédois, un Norvégien ou un Danois.

Plus routinier, il y a l’Allemagne, qui accueillent des centaines de milliers de Scandinaves chaque année en mal d’alcool et de prostitution.

Décidément, Michèle Ouimet, vous avez raison de dénoncer le modèle suédois.

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Michel Brûlé est le PDG de la maison d'édition Les Intouchables, l’un des plus gros éditeurs au Québec. Son entreprise a vendu cinq millions d’exemplaires des livres qu’il a publiés.