Cela décrit bien les Québécois face à François Legault : on le voit bouger les lèvres, mais on n’entend rien de ce qu’il dit.
Si la CAQ baisse et baisse encore dans les sondages, c’est pour cette raison : parce qu’elle est invisible non pas aux yeux, mais à l’esprit.
À l’aube du congrès de fondation de la CAQ, les militants sont en peine de comprendre ce qui leur arrive. Je veux bien tenter d’éclairer leur lanterne, d’autant plus que les mécanismes en cause sont tout sauf intuitifs.
L’esprit humain est ainsi fait que seuls les premiers nous apparaissent clairement, retiennent notre attention et frappent notre imagination.
Un athlète olympique le sait très bien : une médaille d’or ou d’argent fait un monde de différence.
La médaille d’or ouvre toutes grandes les portes de la commandite et des revenus publicitaires, de la renommée et de la gloire, tandis que la médaille d’argent ne procure que de l’estime et des encouragements bien sentis.
Si François Legault baisse dans les sondages, c’est en grande partie pour cette raison : parce qu’il n’est premier nulle part :
ni chez les francophones nationalistes, dont le PQ demeure le meilleur défendeur de la langue, de la culture et des prérogatives provinciales auprès d’Ottawa;
ni chez les anglophones et les allophones, allergiques à la séparation et par conséquent, fidèles aux libéraux;
ni dans la région de Québec, dont les électeurs préfèrent un parti plus à droite;
ni à Montréal centre ou dans les régions éloignées, qui sont plus à gauche.
L’échiquier politique québécois a tout ce qu’il faut pour qu’une troisième voie se taille un créneau unique. Mais encore faut-il faire des choix stratégiques éclairés et difficiles à faire.
Disons que telle n’a pas été la direction prise de la CAQ, avec les conséquences que l’on sait. Et dans l’état actuel des choses, il faut s’attendre à voir le parti baisser encore, voire se stabiliser autour du niveau adéquiste de 15 à 18 % des appuis.
En fait, la seule et unique base qui leur reste, ce sont les électeurs qui veulent du changement à tout prix.
C’est bien dommage, mais…. Wish you were here! … comme le chanterait Roger Waters.
