Le livre est-il en train de manquer le bateau numérique?


Mis en ligne le 21 Mai 2012 à 12:30   |  Marc Barrière

Il y avait, il n'y a pas si longtemps, très peu de livres numériques en français. Mais la vague arrive.
 
 
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Le Devoir publie un excellent cahier spécial ce week-end sur le sujet. Les éditeurs québécois cherchent de plus en plus à être présents sur ce marché.

Mais il y a un os.

Depuis quelques mois, je ne cesse de découvrir sur de nouveaux livres disponibles librement sur le Web. Un peu comme du temps de Napster pour la musique, il y a quelques sites francophones qui répertorient et distribuent gratuitement des livres numériques (teamalexandiz.org, ebooks-gratuit.com).

Ce qui frappe aussi, ce sont ces sites privés, présentant des collections de milliers de livres numérisés.

Les adresses ne sont pas directement répertoriées par les Google de ce monde, mais pour peu qu’on soit habile, on les découvre facilement.

On y gère les livres avec un logiciel extraordinaire Calibre qui permet de répertorier, de convertir dans le bon format de sa liseuse et même de lire sur son ordinateur.

On publie sa collection de livres numériques avec un autre logiciel gratuit, Calibre2opds qui crée ces magnifiques planches qu’on peut mettre en ligne.

On lira ces livres sur le Kindle (combien j’aime le Kindle Touch à 99 dollars que je me suis procuré par cher aux États-Unis), le Kodo, mais aussi sur le iPad ou l’iPod Touch.

Ces bibliothèques sont souvent entreposées dans les espaces publics de Dropbox.

Ce n’est pas très difficile de trouver les liens pour ces collections avec un peu d’imagination. Par exemple, Google pointe vers un message Facebook qui répertorie une dizaine de collections…

On y trouve des milliers de livres, des classiques du domaine public, des romans pour ados, du chick-lit et de très bons livres très récents.

On y trouve Maurice Druon (Les rois maudits), beaucoup de Ken Follett (dont le tout dernier, La chute des géants, qui n’est même pas disponible encore sur le site canadien d’Amazon), plusieurs Kathy Reichs et plusieurs Québécois (Patrick Sénécal, Fred Pellerin, Chrystine Brouillet).

Si pour le disque on distribuait un mp3 qui n’était pas bloqué, pour le livre, l’approche est différente.

Dans le marché «des livres piratés», on n’a pas toujours eu à briser la serrure numérique d’un livre acheté. Non, dans beaucoup de cas, le livre papier est scanné avec un logiciel de reconnaissance des caractères. On se trouve ainsi à rééditer l’oeuvre.

C’est malheureux, mais le livre, l’industrie du livre, est en train de manquer le bateau.

On fête l’iPod après 10 ans d’une révolution pour l’industrie du disque. Le mp3 à 99 cents a tout changé.

Pour le livre, cette révolution n’a pas eu lieu. Les livres numériques sont chers. Souvent, il n’y a qu’un rabais d’environ 30 % sur l’édition papier pour un livre qu’on lira une fois et qu’on ne pourra prêter, ni donner, ni revendre…

Certains éditeurs ont compris qu’en offrant un produit différent plus ciblé, il y retrouveront une clientèle différente (Ulysse, l’éditeur des livres voyages, offre l’acquisition d’une partie seulement d’un guide, par exemple, le Maine sans avoir à acheter toute la Nouvelle- Angleterre).

Fondamentalement, les achats de livres numériques sont plus proches de la location : le livre imprimé peut être lu, puis prêté oui et même revendu.

On peut livre un livre numérique, mais pas question de le prêter ou de le revendre. Le modèle actuel est plus proche de celui du club vidéo où on louerait un film pour le même prix que l’achat…

Le marché du livre numérique devrait être revu et la tarification, ajustée. Je suis prêt à payer cinq dollars pour le fichier barré, mais pas 20.

En attendant, le marché du livre pourrait manquer le bateau du numérique…

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Marc Barrière a mené une carrière en communication au Gouvernement du Québec dans de petits organismes et de grands ministères. Intéressé par les technologies, la photographie et le tourisme, il maintient depuis plusieurs années un blogue personnel et est actif sur les médias sociaux.  


  • http://www.algeriafaradase.net Ramdane SADI

    Question pertinente. Il est regrettable que dans le “culture”-bizness les opérateurs n’aillent pas droit au but! Ils perdent du temps, de l’argnent et, surtout, le public perd le profit essentiel d’accéder à la culture (musique, vidéo, littérature).