Capital Innovation est le programme d’investissement le plus important au Québec. Il est un vaste réseau d’anges financiers et de gestionnaires de capital de risque au Canada.
Récemment, à l’occasion de l’une de ses conférences, Chris Arsenault de iNovia Capital, Louis Tétu, PDG de Coveo and ancien président de Taleo, et Robert Talbot, vice-président des investissements chez Anges Québec, étaient réunis autour d’une table.
Selon les panelistes, la vente de la québécoise Taleo à Oracle, au début de 2012, pour 1,9 milliards de dollars américains a des conséquences très positives sur l’écosystème de l’entrepreneurship québécois.
Premièrement, plusieurs employés de Taleo sont devenus millionnaires et peuvent maintenant financer leurs propres startups ou d’autres projets à titre d’anges financiers.
Deuxièmement, les investisseurs étrangers et canadiens en capital de risque sont plus enclins à financer nos entrepreneurs québécois. L’idée de répéter un succès entrepreneurial comme Taleo vient stimuler les investissements au Québec.
Troisièmement, Taleo a importé un savoir-faire et des expertises technologiques des États-Unis vers le Canada.
Ainsi, pour croître plus rapidement et se rapprocher de ses clients, Taleo avait déménagé son siège social en Californie, tout en développant un centre de recherche et de développement dans la Ville de Québec.
Elle est devenue une compagnie publique sur le NASDAQ en 2005. Cependant, Louis Têtu admet lui-même que Taleo a fait une erreur en entrant une année trop tôt, sur le NASDAQ. Cela n’a pas empêché la firme de connaître une croissance fulgurante de 2005 à 2012.
Certaines conditions gagnantes doivent exister pour répéter un succès entrepreneurial canadien de cette ampleur.
Selon les conférenciers, es financements de plus de 100 millions de dollars sont rares et représentent un point d’inflexion important dans l’existence d’une firme.
Plus de capitaux sont requis pour construire une firme d’envergure et stimulers ses revenus. Louis a donné, en exemple, la firme américaine Jive Software.
La capitalisation boursière de Jive est d’environ 1,6 milliards, et son action se négocie actuellement à 60 fois les bénéfices escomptés. Cependant, Jive Software a été en mesure de lever 90 million de dollars en capital de risque.
«Ce sont les nouvelles règles du jeu. Le capital de risque canadien doit compétitionner avec les mêmes armes que ceux des Américains. Les entrepreneurs canadiens ont besoin d’un accès plus facile à des gestionnaires de capital de risque compétents et des poches profondes pour développer rapidement leur entreprise», suggère le PDG de Coveo, un spécialiste de la recherche.
Enfin, Louis Têtu rapporte que les investisseurs de capital de risque américains ont même offert plus d’argent que Taleo demandait dans le but de mieux soutenir son modèle d’affaire et lui permettre d’appliquer plus rapidement ses stratégies.
«Combien de gestionnaires en capital de risque canadiens peuvent faire de même?», a demandé alors Louis Têtu. Bien peu malheureusement.
Ceci dit, l’annonce de nouveaux fonds technologiques comme Teralys et Rho Canada Ventures viendront mieux supporter l’entrepreneurship québécois en technologie.

