New York (CNN) — Meta a annoncé mardi une révision majeure de sa gestion de contenu qui sera mise en œuvre dans les mois à venir, y compris l’abandon de la vérification professionnelle des faits. Toutefois, l’entreprise a également mis à jour discrètement sa politique sur le comportement haineux, en ajoutant de nouveaux types de contenus que les utilisateurs peuvent désormais poster, avec effet immédiat.
Les utilisateurs peuvent désormais, par exemple, désigner « les femmes comme des objets ménagers ou des propriétés » ou qualifier « les personnes transgenres ou non binaires de ‘cela’ », selon une section de la politique prohibant de tels discours qui a été rayée. Une nouvelle rubrique indique que Meta autorisera « les allégations de maladie mentale ou d’anomalie basées sur le genre ou l’orientation sexuelle, dans le cadre du discours politique et religieux portant sur le transgenrisme et l’homosexualité ».
Auparavant, de tels commentaires auraient été supprimés en vertu de la politique de Meta. Les modifications apportées à la politique sur le comportement haineux de Meta ont d’abord été rapportées par Wired.
Meta avait laissé entendre dans son annonce mardi matin qu’elle allait lever certaines restrictions sur des sujets comme l’immigration et l’identité de genre. Mais la politique mise à jour montre à quel point Meta avance rapidement pour concrétiser la vision du PDG Mark Zuckerberg sur la « libre expression ».
Meta a également annoncé qu’elle supprimerait son réseau d’experts indépendants de vérification des faits aux États-Unis pour s’appuyer sur les « notes communautaires » générées par les utilisateurs afin d’ajouter du contexte aux publications. De plus, l’entreprise a prévu d’ajuster ses systèmes automatisés qui scannent les violations de politique, lesquels, selon elle, ont conduit à la censure d’un trop grand nombre de contenus inappropriés. Ces systèmes se concentreront désormais uniquement sur des violations extrêmes telles que l’exploitation sexuelle des enfants et le terrorisme.
Zuckerberg a reconnu que cette nouvelle approche signifierait « que nous allons manquer certains contenus problématiques, mais nous allons également réduire le nombre de publications et de comptes innocents que nous supprimons par erreur ».
Meta n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire concernant les changements apportés à la politique sur le comportement haineux.
Ces changements annoncés par l’entreprise interviennent alors que Meta et son dirigeant cherchent à gagner le soutien de Donald Trump et d’autres Républicains en vue du second mandat du président élu, rappelant les critiques de longue date selon lesquelles Meta « censurait » les voix conservatrices.
Trump a salué ces changements lors d’une conférence de presse mardi, affirmant qu’il pense qu’ils sont « probablement » dus aux menaces qu’il a formulées dans le passé à l’encontre de Zuckerberg. Toutefois, certains experts de l’écosystème de l’information en ligne tirent la sonnette d’alarme, craignant que ces changements n’entraînent une augmentation des fausses informations et des discours haineux sur les plateformes de Meta.
Parmi les autres modifications de la politique sur le comportement haineux, l’entreprise a supprimé l’interdiction concernant les déclarations niant l’existence de groupes « protégés », telles que celles affirmant qu’un certain groupe de personnes n’existe pas ou ne devrait pas exister. La politique autorise également désormais les contenus plaidant en faveur de « limitations basées sur le genre pour les emplois militaires, d’application de la loi et d’enseignement ».
La société a également mis à jour sa politique sur la « désinformation » pour signaler la dissolution de son réseau de vérification des faits basé aux États-Unis.
Article original rédigé par : CNN.
Points à retenir
- Les utilisateurs peuvent désormais faire des références péjoratives à des groupes identitaires sous certaines conditions.
- Le réseau de vérification des faits indépendant de Meta a été supprimé, avec une dépendance accrue aux “notes communautaires”.
- De nouvelles mesures ont été prises pour cibler uniquement les violations extrêmes pour la censure.
- Ces changements viennent dans un contexte politique où Meta cherche à se rapprocher de certains leaders conservateurs.
- Les experts ont exprimé des inquiétudes concernant l’impact possible de ces changements sur la propagation de fausses informations.
Ces évolutions soulèvent des questions importantes sur l’équilibre entre la liberté d’expression et la protection contre les discours haineux. Alors que Meta semble chercher à élargir le discours sur sa plateforme, il est crucial d’explorer les conséquences que cela pourrait avoir sur la sécurité et la convivialité des échanges en ligne. Que pensez-vous de cette approche et de son impact potentiel sur les réseaux sociaux ?
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