dim. Juin 28th, 2026

La police métropolitaine de Londres a dû démentir de fausses informations diffusées par l’intelligence artificielle Grok, sur la plateforme X d’Elon Musk. Cette IA affirmait à tort que des images présentées comme récentes, issues d’un rassemblement d’extrême droite, dataient en réalité de 2020.

Cette affirmation de Grok faisait suite à une question d’un utilisateur demandant où et quand avaient été filmées des scènes montrant des affrontements entre policiers et manifestants.

Le chatbot, dont la réputation pour des réponses erronées n’est plus à faire, avait répondu : « Ces images semblent provenir d’une manifestation anti-confinement à Trafalgar Square, à Londres, le 26 septembre 2020, lors des heurts entre manifestants et police liés aux restrictions sanitaires. »

Cette information a rapidement circulé sur X, y compris par Allison Pearson, chroniqueuse au Daily Telegraph, qui a exprimé sa suspicion en tweetant : « C’était mon intuition », avant d’interroger : « Est-ce que la police métropolitaine a prétendu que ces images de heurts datent d’hier alors qu’elles remontent à l’été 2020 ? »

En réponse, la Met Police a précisé que ces images avaient été filmées samedi, juste avant 15h, à l’intersection de Whitehall et Horse Guards Avenue.

« Ce n’est évidemment pas Trafalgar Square comme le suggère la réponse de l’IA que vous mentionnez. Pour éviter toute confusion, nous avons fourni une comparaison illustrée pour confirmer le lieu », a ajouté la police londonienne.

Ces échanges mettent en lumière les difficultés que rencontrent les forces de l’ordre avec les réseaux sociaux, alors même que samedi, 26 agents ont été blessés lors de scènes de violences, et qu’Elon Musk s’est lui-même exprimé en direct auprès du rassemblement orchestré par le militant d’extrême droite Tommy Robinson.

Lors de son intervention, Elon Musk a déclaré, menaçant, que « la violence approche » et « qu’il faut se défendre ou mourir ». Ces propos ont été vivement condamnés par plusieurs responsables politiques.

Le chef des Libéraux démocrates, Ed Davey, a ainsi déploré : « Elon Musk a ouvertement encouragé la violence dans nos rues hier. J’espère que des responsables de tous bords viendront condamner une rhétorique aussi dangereuse et irresponsable. »

Interrogé sur la BBC, le secrétaire d’État à l’entreprise Peter Kyle a jugé ces propos « quelque peu incompréhensibles et totalement inappropriés ».

Grok, produit par l’entreprise d’Elon Musk, xAI, est intégré à la plateforme X. Il répond aux questions des utilisateurs lorsqu’ils le mentionnent, mais s’est déjà illustré par des réponses trompeuses voire politiquement sensibles, comme lorsqu’il a repris la théorie complotiste de la « génocide blanc » en Afrique du Sud, une thèse largement propagée par certains figures controversées.

Rappelons que Musk soutient ouvertement Tommy Robinson et a été partie prenante dans la récente recrudescence des débats politiques sur les scandales d’exploitation et d’abus en Angleterre. Le Premier ministre a d’ailleurs critiqué Musk après qu’il ait posté sur X qu’« une guerre civile est inévitable » en marge des émeutes violentes à Liverpool l’an dernier.

Points à retenir

  • L’IA Grok, développée par xAI d’Elon Musk, diffuse parfois des informations erronées ou biaisées.
  • La police de Londres a dû rectifier une fausse affirmation selon laquelle des images récentes viendraient en réalité de 2020.
  • Une confusion géographique a aussi été corrigée : les images ne venaient pas de Trafalgar Square mais d’un autre lieu central de Londres.
  • Lors du même rassemblement, Musk est intervenu en direct pour lancer un appel à la violence, provoquant une forte condamnation politique.
  • Les discours hostiles et complotistes, alimentés en partie par Musk et ses plateformes, compliquent le travail des forces de l’ordre et alimentent les tensions sociales.

En résumé, quand la technologie flambant neuve devient l’outil de désinformation, et que le milliardaire en question n’hésite pas à souffler sur les braises, on se dit que les robots pourraient bien finir par être les meilleurs fauteurs de trouble… Mais qui prendra la responsabilité de leur mise en garde ? Ah, la douce ironie du progrès !


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