La Chimie Européenne Face à la Montée de la Production Chinoise
Francesco Buzzella, président de l’association des industriels de la chimie en Italie, a exprimé des préoccupations majeures concernant l’impact de la Chine sur le secteur. Lors d’un récent rassemblement au Teatro Lirico de Milan, il a souligné que l’Europe a fermé des usines produisant 11 millions de tonnes de produits chimiques l’année dernière, dont beaucoup sont désormais importés d’Asie. L’augmentation des importations chinoises, qui sont passées de 6 à 17 % en quelques années, a indéniablement affecté la production locale, qui a enregistré un déclin de 1,5 % après quatre années consécutives de baisse.
Emanuele Orsini, président de Confindustria, a également tiré la sonnette d’alarme, affirmant que des Euro-obligations sont nécessaires pour redynamiser l’industrie. Les industriels semblent se concentrer sur la recherche de subventions et de soutiens financiers, face à la réalité d’une industrie en déclin.
L’Italie, qui a une longue histoire de contribution à l’innovation en chimie, doit maintenant faire face à la perte de compétitivité. Buzzella a clairement évoqué le fait que la mondialisation n’est pas le chemin d’un simple repas, mais plutôt un terrain d’affrontement où la Chine exerce une pression compétitive inégale, fragilisant ainsi l’industrie européenne. Son message est simple : il est urgent de renforcer les investissements pour contrer cette décadence. Cependant, seulement 30 % des entreprises italiennes ont planifié des investissements significatifs pour les années à venir.
La guerre commerciale en cours rend la situation encore plus délicate. Orsini a appelé à une attention particulière sur les marchés américains, où le potentiel économique est supérieur à celui d’autres régions comme le Mercosur. Il a également remis en question l’efficacité du Green Deal, arguant qu’il n’a pas apporté les bénéfices escomptés, tout en pointant du doigt la contradiction d’avoir réduit les émissions à la faveur d’une hausse de la production de charbon en Chine pour satisfaire la demande européenne.
En parallèle, le ministre de l’Environnement, Gilberto Pichetto Fratin, a promis des mesures pour soutenir les entreprises à forte consommation d’énergie, sans pour autant s’attaquer directement à la nécessité d’une action plus robuste. Il réfléchit à des moyens pour préserver l’industrie sans sacrifier ses ambitions environnementales.
Points à retenir
- Les fermetures d’usines en Europe augmentent les importations de produits chimiques de la Chine.
- Les Euro-obligations sont proposées comme une solution pour soutenir l’industrie.
- La production chimique italienne a diminué de 11 % entre 2021 et 2024, avec une légère baisse prévue pour 2025.
- Seule une minorité des entreprises italiennes prévoient des investissements significatifs à venir.
- La domination chinoise dans le secteur a suscité des inquiétudes quant à la compétitivité européenne.
À une époque où la Chine renforce son emprise sur le marché mondial, il est fascinant de constater à quel point les décisions passées des industriels européens ont contribué à leur propre vulnérabilité. Les discussions sur la transition énergétique et la durabilité deviennent alors des enjeux bien plus critiques. Il est impératif de se questionner : dans quelle mesure pourrions-nous réorienter nos efforts vers une industrie résiliente qui ne soit pas à la merci des caprices du marché mondial ? C’est une réflexion qui mériterait d’être davantage explorée.
