Pour la première fois, des scientifiques ont déterminé la forme de l’onde de choc d’une supernova au moment où elle éclate à la surface d’une étoile mourante.
Repérée de manière exceptionnelle en avril 2024, à 23,6 millions d’années-lumière, la supernova SN 2024ggi a brièvement présenté une forme ovale, semblable à celle d’une olive, avant que son onde de choc n’entre en collision avec la matière environnante. Cette observation contribue à éclairer certains aspects des toutes premières phases de l’évolution des supernovas.
Ces détails n’auraient pas été visibles si l’événement avait été observé juste un jour plus tard, soulignant ainsi l’importance de la détection précoce des supernovas et la nécessité de mobiliser rapidement l’équipement adéquat pour se concentrer sur la source de l’événement.
« La géométrie d’une explosion de supernova fournit des informations fondamentales sur l’évolution stellaire et les processus physiques qui mènent à ces feux d’artifice cosmiques », déclare Yi Yang, astrophysicien à l’Université Tsinghua, premier auteur de l’étude sur SN 2024ggi.

La mort d’une étoile massive est un processus complexe, déclenché par l’épuisement du carburant nucléaire au cœur de l’étoile. Les étoiles maintiennent un équilibre délicat en fusionnant des atomes plus légers pour créer des éléments plus lourds. Lorsque ces fusibles s’accumulent, cela peut engendrer une surproduction de fer, qui marque la fin de la fusion, empêchant le cœur de créer la pression nécessaire à la stabilité de l’étoile. C’est à ce moment que la supernova se déclenche.
Une fois ce point atteint, la star implose rapidement, générant une onde de choc qui se propage vers son cœur, rebondit et explose vers l’extérieur, percutant la surface de l’étoile.
Cette phase, où l’onde de choc perce la surface, est brève, suivie d’un éclair de lumière qui s’estompe en quelques heures.
Les astronomes ont réussi à capturer cet instant lors de multiples événements, mais les nouvelles observations de SN 2024ggi se distinguent par l’utilisation de la spectropolarimétrie avec le Very Large Telescope de l’Observatoire Austral Européen. Cette technique permet de mesurer la polarisation de la lumière sur un éventail de longueurs d’onde.
« La spectropolarimétrie offre des informations sur la géométrie de l’explosion que d’autres types d’observation ne peuvent pas fournir », explique Lifan Wang, astronome à l’Université Texas A&M.
Les chercheurs ont commencé leurs observations spectropolarimétriques de SN 2024ggi seulement 26 heures après sa détection, poursuivant leur étude sur plusieurs jours. Leur travail a révélé une onde de choc non sphérique, mais allongée le long d’un axe préféré.
« Les premières observations avec le VLT ont permis de saisir cette phase durant laquelle la matière, accélérée par l’explosion, est sortie de l’étoile », explique Dietrich Baade de l’Observatoire Austral Européen. « Pendant quelques heures, la géométrie de l’étoile et celle de son explosion ont pu être observées ensemble. »
Au fur et à mesure de l’évolution de la supernova, les astronomes ont de nouveau observé cette forme dans le matériau riche en hydrogène projeté vers l’extérieur, suggérant que la forme de la phase de rupture n’est pas aléatoire, mais gouvernée par un mécanisme de grande échelle.
Toutefois, à mesure que l’onde de choc se propage dans la matière éjectée par l’étoile au fil des siècles précédant sa mort, cet axe préféré change, ce qui indique que la matière environnante avait une orientation différente de celle de l’explosion elle-même.
Les implications de cette observation restent à clarifier, mais l’une des possibilités est que l’étoile ait eu un compagnon binaire dont l’influence gravitationnelle a modelé sa fin.
Une découverte fascinante réalisée à une telle distance !
Cette recherche a été publiée dans Science Advances.
Points à retenir
- La supernova SN 2024ggi a été détectée à 23,6 millions d’années-lumière.
- Des observations précoces sont cruciales pour comprendre les phases initiales de l’explosion.
- La spectropolarimétrie a été utilisée pour obtenir des détails uniques sur la forme de l’onde de choc.
- Le processus de mort d’une étoile massive implique plusieurs étapes, avec des implications sur la création des éléments dans l’univers.
- La détection d’axes préférés dans les explosions pourrait révéler des éléments sur leurs compagnons binaires.
En contemplant la profondeur de cette découverte, je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur notre compréhension de l’univers. Chaque étoile, chaque explosion raconte une histoire, reliant la matière, l’énergie et le temps de manière complexe. Cela me rappelle que même à des millions d’années-lumière, nous sommes tous interconnectés, tissant un récit cosmique qui dépasse notre imagination. Quelles autres merveilles l’univers pourrait-il nous révéler si nous continuons à explorer ?
