Il y a deux semaines, María, qui travaille depuis 20 ans dans un restaurant de la zone de Getxo, a été victime d’une escroquerie qui continue de lui peser. Elle peine encore à en parler, ressentant de la honte d’avoir été dupée, et des larmes lui montent aux yeux par moments. Au total, elle a perdu 1 300 euros : 300 provenant du restaurant et 1 000 qu’elle a retirés de son propre compte. Elle souhaite partager son expérience, car son témoignage pourrait aider à prévenir d’autres victimes d’une arnaque qui a récemment touché de nombreuses personnes à Bizkaia.
María a été ciblée par une variante du “voice hacking”, une arnaque où les escrocs clonent la voix de personnes réelles, souvent grâce à des applications d’intelligence artificielle, pour gagner la confiance de leurs victimes. De nombreux cas de ce type ont été documentés à Getxo, Leioa et Bilbao. Ce qui inquiète le plus les victimes, c’est que les fraudeurs ne se contentent pas de cloner des voix, mais qu’ils semblent également connaître des détails personnels, comme les noms des collègues de travail et l’emplacement de la caisse. « Ils savaient qui étaient mes supérieurs et mes coéquipiers. Ils avaient même des informations spécifiques sur le restaurant », explique María.
Dans certains cas, des travailleurs des établissements de restauration ont réussi à éviter de perdre de l’argent après avoir contacté leurs collègues, réalisant que la situation était une arnaque. Toutefois, l’histoire de María a pris une tournure plus tragique. Alors qu’elle était en pleine service, elle reçoit un appel lui demandant de livrer des paquets, une demande banale dans ce secteur. Les escrocs lui ont indiqué des problèmes d’acheminement, prétextant que son supérieur l’appelait en parallèle. Lors de cet échange fictif, elle a entendu la voix de son patron lui ordonner de retirer de l’argent de la caisse et de se rendre dans un bureau de cryptomonnaies d’un centre commercial.
La situation a pris une tournure inquiétante lorsque María a réalisé que les paquets n’étaient jamais arrivés. La supercherie a été révélée lorsque, en discutant avec son supérieur, elle a compris qu’il n’était au courant de rien. « Je me suis senti humiliée et j’ai été submergée par l’émotion. De plus, il est impossible de récupérer cet argent », conclut-elle.
Points à retenir
- La méthode du “voice hacking” utilise des technologies avancées pour frauder les victimes.
- Les escrocs ciblent souvent des employés de restaurants, s’appuyant sur des informations personnelles.
- La communication rapide avec des collègues peut prévenir certaines arnaques.
- Les détails spécifiques sur le lieu de travail sont souvent utilisés pour crédibiliser la fraude.
Cette situation soulève une question cruciale : dans un monde où la technologie évolue rapidement, comment pouvons-nous nous protéger des différentes formes de fraude qui éclosent autour de nous ? En tant que société, nous devons intensifier notre vigilance et partager nos expériences. Je me demande si une meilleure sensibilisation pourrait réellement faire la différence, tout en incitant chacun à réfléchir à sa propre sécurité numérique.
