jeu. Juin 25th, 2026

Le gouvernement tunisien augmente le plafond des transferts pour les frais d’études à l’étranger

La Banque centrale de Tunisie a annoncé une hausse de 33 % du montant maximal autorisé pour les transferts en devises destinés aux dépenses liées aux études et à la formation académique à l’étranger. Cette mesure vise à accompagner près de 80 000 étudiants tunisiens poursuivant leur cursus hors des frontières nationales.

Selon la nouvelle directive publiée récemment, les étudiants pourront désormais transférer jusqu’à 4 000 dinars tunisiens par mois (environ 1 400 dollars) pour leurs frais de scolarité. Ce plafond remplace le précédent, fixé à 3 000 dinars.

La Banque centrale a également fixé la durée de l’année scolaire à dix mois, s’étendant de septembre à juin, au lieu de neuf mois auparavant. Elle a allongé la période autorisée pour les transferts liés aux frais d’hébergement, qui passent de 9 à 10 mois.

Dans ce cadre, la subvention maximale allouée pour les frais de séjour à l’étranger passe de 4 000 à 6 000 dinars par an. Les transferts doivent correspondre aux montants facturés par l’établissement scolaire ou universitaire étranger et doivent porter le nom de l’étudiant ou de l’élève bénéficiaire.

En cas de refus de visa ou d’abandon des études prévues, l’étudiant ou son représentant devra engager les démarches de remboursement des sommes transférées dans un délai maximum de 15 jours ouvrables suivant le refus ou la décision d’abandon.

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Plus de 55 % des étudiants tunisiens inscrits à l’étranger poursuivent leurs études en France, qui reste la destination principale. Ces dernières années, les familles ont fait face à une forte inflation et à la hausse du coût de la vie dans les pays d’accueil, mettant en lumière la nécessité de cette révision des plafonds.

Rim Selim, mère d’une étudiante en France, a salué cette hausse officielle, estimant qu’elle allégera les charges financières pesant sur les familles. Selon elle, les besoins mensuels des étudiants dépassent souvent les 4 000 dinars, conduisant certains à recourir au marché noir des devises ou à des transferts informels sous des libellés comme « tourisme » pour éviter les restrictions officielles.

Des familles tunisiennes cherchent également des solutions alternatives, notamment en s’appuyant sur des proches à l’étranger pour envoyer des fonds en monnaie locale en Tunisie.

Selon le rapport annuel de la Banque centrale, les dépenses totales liées à l’éducation des étudiants tunisiens à l’étranger ont atteint environ 507 millions de dinars en 2024, contre 554 millions en 2023. Ces transferts représentent près de 18,8 % des dépenses totales liées aux services de voyage, qui couvrent également le tourisme et les pèlerinages, pour une somme globale de 2,6 milliards de dinars en 2023.

(Taux de change : 1 dollar = 2,85 dinars tunisiens)

Points à retenir

  • La Banque centrale de Tunisie augmente le plafond mensuel des transferts pour frais d’études à l’étranger de 3 000 à 4 000 dinars.
  • La durée de l’année scolaire est désormais de dix mois, prolongeant la période de transfert des fonds pour frais d’hébergement.
  • Le plafond annuel pour les dépenses liées à l’hébergement passe de 4 000 à 6 000 dinars.
  • Les étudiants doivent récupérer les fonds transférés en cas de refus de visa ou d’abandon des études sous 15 jours ouvrables.
  • La majorité des étudiants tunisiens à l’étranger se trouvent en France, où le coût de la vie pèse sur leurs budgets.
  • Certaines familles ont recours au marché noir ou à des transferts informels pour financer les études de leurs enfants.
  • Les dépenses liées à l’éducation des Tunisiens à l’étranger représentent près de 19 % des dépenses de services de voyage du pays.

Cette nouvelle mesure montre un ajustement nécessaire face à la réalité des besoins des étudiants tunisiens à l’étranger. Elle pourrait toutefois susciter des questions sur l’efficacité des contrôles des devises et la persistance des circuits parallèles. On pourrait se demander si ce coup de pouce administratif suffira à calmer les inquiétudes des familles ou s’il ouvrira simplement une nouvelle ère de règlements un peu mieux encadrés, mais toujours empreints de complexités. Dans tous les cas, voir le régulateur bancaire s’adapter à la réalité concrète de ses concitoyens fait presque plaisir, même si cela rappelle que dans la pratique, les troubles économiques et sociaux trouvent rarement leur résolution dans les seules règles formelles.


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