Depuis plus d’une décennie, l’économie libyenne est minée par des troubles politiques et des divisions institutionnelles qui pèsent lourdement sur la vie quotidienne des citoyens. Bien que la Libye détienne les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique et que son budget dépende à plus de 90 % du pétrole, cette dépendance fragile expose le pays aux aléas des conflits politiques et des affrontements armés, entraînant la fermeture répétée des champs et ports pétroliers. Résultat : une production fluctuante et une chute constante des revenus.
Situation économique en Libye et conséquences pour les citoyens
Parallèlement, le pays fait face à un déficit chronique dans son budget national et à un système financier fragmenté entre l’Est et l’Ouest, plaçant la Banque centrale libyenne au cœur d’une lutte politique et économique entre factions rivales. Début avril 2025, la Banque centrale a abaissé la valeur du dinar de 13,3 % face au dollar, faisant passer le taux officiel de 4,48 à 5,5677 dinars pour un dollar.
Cette mesure a été accompagnée d’une réduction de la taxe sur l’achat de devises étrangères, passant de 20 % à 15 %. Mais l’impact s’est ressenti directement dans les prix des produits importés, ainsi que sur les coûts liés aux voyages, aux soins médicaux ou aux études à l’étranger, alourdissant davantage le fardeau des ménages déjà affectés par une faible capacité d’achat.
[not-theb]
Le marché parallèle et la circulation de fausse monnaie, des complications supplémentaires
La crise est accentuée par l’existence d’un marché parallèle où le dollar s’échange autour de 7,50 dinars, soit un écart de plus de 30 % avec le taux officiel, signe d’une rareté des devises officielles et d’une défiance persistante envers les institutions financières. En outre, la circulation de faux billets, dont certains auraient été imprimés en Russie pour financer les parties belligérantes, complique encore la situation, sapant la confiance dans la monnaie nationale.
La plateforme des « besoins personnels » pour canaliser le marché des devises
Pour contrer ces difficultés, la Banque centrale libyenne a lancé la plateforme officielle « Réservation de devises étrangères », aussi appelée « Système des besoins personnels ». Cette solution permet aux citoyens d’acquérir des devises au taux officiel, avec un plafond annuel limité à 4 000 dollars par personne. L’objectif est de réguler la demande, renforcer la transparence et limiter le recours au marché noir.
Initialement créée en 2017, la plateforme a été remise à jour début 2024. En juillet 2025, la Banque a introduit une version améliorée, le « Système de gestion des devises étrangères », qui étend ses services aux particuliers comme aux entreprises, notamment pour la gestion des crédits documentaires destinés au financement des importations.
Fonctionnement de la plateforme pour les particuliers
Le processus d’utilisation s’effectue en plusieurs étapes :
- Inscription : Saisie des informations personnelles (numéro national, passeport, numéro de téléphone lié à un compte bancaire).
- Soumission de la demande : Précision de l’objectif d’achat de devises (voyage, soins, études, commerce en ligne).
- Validation : Vérification des données et conformité aux critères.
- Exécution : Dépôt des devises sur une carte bancaire internationale ou transfert via des services financiers tels que MoneyGram.
- Suivi : Attribution d’un numéro de référence pour suivre l’état de la demande sur la plateforme ou en agence.
Conditions d’accès à la plateforme
Pour bénéficier du dispositif, il faut :
- Être citoyen libyen âgé d’au moins 18 ans.
- Posséder un numéro national et un passeport en cours de validité.
- Avoir un compte bancaire dans une institution partenaire.
- Respecter le plafond annuel de 4 000 dollars, avec possibilité de fournir des justificatifs complémentaires (comme une lettre d’admission universitaire ou une facture médicale).
Points à retenir
- La forte dépendance de la Libye au pétrole rend son économie vulnérable aux conflits internes et aux fermetures de champs pétroliers.
- La dévaluation officielle du dinar et la réduction des taxes sur les devises ont eu un impact direct sur le coût de la vie en augmentant les prix des biens importés et des services liés à l’étranger.
- Le marché parallèle continue de prospérer avec un écart important des taux de change et la présence de fausse monnaie complique encore plus les transactions.
- La plateforme officielle de réservation de devises vise à encadrer la demande et à protéger les usagers en proposant un accès régulé aux devises étrangères.
- Cette initiative tente aussi de restaurer la confiance dans le système financier, en modernisant ses services et élargissant son public aux entreprises.
Globalement, cette situation révèle les contradictions d’une économie encore fragilisée par des tensions structurelles et politiques. On ne peut que saluer l’effort de la Banque centrale libyenne pour instaurer un semblant d’ordre dans un chaos monétaire. Reste à voir si ces mesures pourront freiner durablement le marché noir et redonner un souffle à l’économie. En attendant, on se surprend à penser que gérer une monnaie dans un pays en proie à la division, c’est un peu comme jongler avec des couteaux : impressionnant, mais risqué. Espérons que la Libye saura transformer ce défi en opportunité.
[not-theb]
Pas des conseils en investissement
Les informations fournies sur ce site web ne doivent pas être considérées comme des conseils en investissement, des conseils financiers, des conseils en trading ou toute autre sorte de conseil et aucun contenu du site web ne doit être considéré de la sorte. LesNews ne vous recommande pas d'acheter, vendre ou détenir des cryptomonnaies. Faites preuve de vigilance et consultez votre conseiller financier avant de prendre toute décision en matière d'investissement
Avis de non-responsabilité
[/not-theb]Avis de non-responsabilité. LesNews ne cautionne aucun contenu ou produit figurant sur cette page. Bien que nous nous efforcions de vous fournir toutes les informations importantes que nous avons pu obtenir, les lecteurs doivent faire leurs propres recherches avant d'entreprendre toute action liée à l'entreprise et assumer l'entière responsabilité de leurs décisions, et cet article ne peut être considéré comme un conseil d'investissement..
