Le besoin de plaire : comment j’ai appris à me préoccuper moins de l’opinion des autres.
J’ai toujours été une personne plutôt réservée, ou du moins très soucieuse de l’opinion des autres à mon égard. Je me suis souvent demandé dans quelle mesure cette facette de ma personnalité me freine. Dans les grands groupes, par exemple, je peux rester très silencieuse, gardant mes pensées pour moi. J’angoisse à l’idée de contrarier quelqu’un, alors je cherche à plaire à tout le monde, ce qui m’a valu plus d’une fois le surnom de People Pleaser. Ces traits de caractère ne me plaisent guère, car ils ne sont ni utiles ni agréables, et j’aimerais pouvoir m’en défaire d’ici 2025.
Le phénomène du besoin de plaire selon les experts
Se soucier moins de ce que pensent les autres n’est pas une tâche facile. J’ai tenté de m’y atteler, mais j’ai échoué (récemment, j’ai annulé des plans parce que j’étais fatiguée, et j’ai ensuite ressenti une grande culpabilité). Je ne vise pas à devenir complètement insensible, mais je cherche un moyen d’atténuer le bruit inutile, cette petite voix intérieure qui ne cesse de me parler.
Pour cela, j’ai consulté le Dr Daniel Glaser, un neuroscientifique de renom qui a beaucoup écrit sur le lien entre neurobiologie et comportement humain. Il m’a rapidement expliqué que j’étais sur une mauvaise voie. En effet, il ne s’agit pas tant de se soucier de ce que les autres pensent, puisqu’en réalité, je ne sais pas ce qu’ils pensent. En fait, je crée des narrations sur ce qu’ils pourraient penser, et ces récits ont souvent une connotation négative. “Les gens ont une sorte de personne dans leur tête, que j’appelle ‘Critique’ ou ‘Rédacteur’. Lorsque cela ne va pas pour eux, ils sont très doués pour invoquer cette voix qui remet en question leur performance,” souligne-t-il. “En tant qu’espèce, nous avons évolué pour créer des narrations. Nous transformons nos pensées en réalité, et ces récits influencent notre comportement.”
Une technique pour réduire la préoccupation face au jugement d’autrui
Comment alors nous défaire de ces critiques intérieures ? Selon Glaser, notre cerveau est très malléable et n’a pas besoin de beaucoup de persuasion (c’est d’ailleurs pour cela qu’afficher un sourire peut nous rendre plus heureux). En gros, il faut remplacer les voix critiques par des voix positives. “Le secret n’est pas de ne pas se soucier de ce que pensent les autres, mais de se soucier des bonnes personnes,” indique-t-il. Si nous essayons de ne pas penser à un éléphant, il est probable que nous y pensions quand même. Il est donc crucial de remplacer cet éléphant par autre chose. “Lorsque vous planifiez des projets, imaginez une personne précise qui dirait des choses vraiment positives à leur sujet. L’astuce consiste à évoquer quelqu’un qui serait enthousiaste à propos de ce que vous avez fait ou créé.”
Si vous vous dites : “Et si ma critique intérieure est simplement réaliste ?” sachez que cela est probablement faux. Une étude de 2018 a révélé que nous avons tendance à sous-estimer de manière systématique l’affection que les autres nous portent dans presque toutes nos interactions sociales. Ce phénomène, appelé “écart de sympathie” (Liking Gap), signifie que les gens ne sont pas animés de haine à cause de votre façon de rire mal à une réunion il y a sept semaines. Ces pensées négatives proviennent généralement de nous-mêmes.
Cependant, tout dans le besoin de plaire n’est pas négatif. Selon Glaser, notre espèce a tiré profit de notre attention à ce que pensent les autres. L’être humain étant un être social, prêter attention aux préoccupations des autres peut être bénéfique (personne ne veut être celui qui ne lit pas la salle). Mais si vous restez éveillé la nuit à ruminer sur des propos embarrassants tenus lors d’un dîner, c’est le moment idéal pour rediriger vos pensées. Rappelez-vous que vous avez également dit des choses formidables lors de ce dîner !
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Points à retenir
- Le phénomène du besoin de plaire peut rendre difficile l’affirmation de soi dans des contextes sociaux.
- Les narrations négatives que nous créons sur ce que pensent les autres sont souvent infondées.
- Remplacer les voix critiques par des encouragements positifs peut aider à mieux se valoriser.
- Les perceptions que nous avons de nous-mêmes dans les interactions sociales sont souvent biaisées.
Réfléchir à nos préoccupations sur l’opinion des autres peut offrir une opportunité d’apprendre à mieux se connaître. Comment diriger notre attention vers des perceptions plus positives pourrait-il enrichir nos échanges sociaux ?
Cet article met en lumière l’importance de se libérer du besoin de plaire. Il est essentiel d’écouter notre voix intérieure, tout en cherchant le soutien des bonnes personnes autour de nous.
C’est tellement vrai ! On oublie souvent que notre perception des autres est biaisée. Apprendre à écouter les voix positives, c’est un vrai chemin vers le bien-être.