
Crédit : Bent Rej
Avec un répertoire aussi riche que celui des Rolling Stones, il est inévitable que certaines chansons ne reçoivent pas l’attention qu’elles méritent.
Au début des années 1970, alors que le groupe enchaînait les albums mythiques, ils avaient une multitude de morceaux dignes de figurer en tête des charts. Cependant, la radio ne pouvait pas accueillir chaque titre au même titre que les célèbres Wild Horses, qui peinaient même à trouver leur place lors des concerts.
Parmi les joyaux souvent oubliés, Loving Cup se démarque, offrant un aperçu fascinant de la dynamique au sein du groupe. La chanson a été interprétée pour la première fois lors d’un concert gratuit à Hyde Park en 1969, qui rendait hommage à Brian Jones, le guitariste disparu deux jours auparavant. À l’époque, elle était connue sous le nom de Gimme a Little Drink.
Après cette performance, elle a été mise de côté pour trois ans avant d’être finalement enregistrée sur Exile on Main St. en 1972. Transformée d’un morceau folk vers une splendide œuvre soul dirigée par le pianiste Nicky Hopkins, Loving Cup est une ode sincère à l’amour et à la passion, des thèmes que les Stones maîtrisent parfaitement.
Malgré son rôle essentiel dans un album emblématique, Loving Cup n’est jamais devenue un incontournable des concerts. Lors de la tournée américaine de 1972, le morceau a été brièvement joué, mais a rapidement été retiré des setlists, jugé moins adapté qu’un ensemble acoustique incluant Love In Vain et You Can’t Always Get What You Want.
Mick Jagger a exprimé que sa décision de retirer Loving Cup n’était pas due à un manque d’affection pour la chanson, mais plutôt à sa conviction que le public ne répondait pas favorablement. Avec tant d’autres morceaux capable de faire bouger les foules, il se voit avant tout comme un entertainer dont le but est de ravir le public.
Il a fallu attendre 30 ans pour que Loving Cup fasse son retour sur scène, grâce à la pression du pianiste et directeur musical Chuck Leavell, qui a su convaincre Jagger de lui redonner une chance.
Lors de la tournée Forty Licks en 2002, quand ils préparaient le setlist pour un concert à Yokohama, Chuck a insisté pour réintroduire Loving Cup. Jagger a d’abord été réticent, déclarant : « Chuck, ça va être un échec mortel à Yokohama. Je peine même à me souvenir de cette chanson, et personne ne l’aime. » Finalement, après avoir cédé, il a eu la surprise de voir l’enthousiasme du public lors de son interprétation.
Bien que Loving Cup ne soit pas devenu un répertoire régulier, elle a été interprétée quelques fois dans les années 2000 avant d’être à nouveau mise de côté. Pourtant, si le groupe devait repartir en tournée, ce titre serait probablement accueilli comme un classique, témoignant de l’impact culturel durable de l’album.
Points à retenir
- Un riche catalogue, mais des morceaux oubliés, comme Loving Cup.
- Interprétée pour la première fois en 1969, née d’une tragédie.
- Transformatrice d’un folk country à une œuvre soul inoubliable.
- Retirée des concerts au profit de morceaux plus populaires.
- Le retour de la chanson, nourri par la détermination de Chuck Leavell.
À travers l’histoire de Loving Cup, c’est fascinant de constater comment une chanson peut évoluer avec le temps et les perceptions. Cela m’amène à réfléchir sur notre relation avec la musique : chaque morceau, chaque mélodie, révèle une facette de notre humanité et mérite d’être redécouvert, parfois bien des années après sa création. Quelles autres chansons pourraient bénéficier d’une seconde chance sur scène, à votre avis ? La magie des notes réside sans doute dans leur capacité à toucher des cœurs, même des décennies plus tard.
