mer. Juil 15th, 2026

Perspectives divergentes en lumière
Un outil d’IA pour réduire les hostilités sur X

Un smartphone affichant des hashtags de haine et d'incitation à la haine sur un post Twitter
La haine en ligne est omniprésente. Cependant, il est possible de la réduire sans bloquer des contenus, comme le démontre cette étude. (Photo : picture alliance/dpa)

Les chercheurs de l’Université de Stanford ont mis au point un outil capable de réorganiser les fils d’actualité de X pour diminuer les hostilités politiques. Les utilisateurs pourraient bientôt contrôler leurs propres algorithmes. Toutefois, un expert allemand souligne des limites quant à son utilisation dans ce pays.

Des chercheurs de Stanford ont développé un outil visant à réduire la rivalité politique dans les fils d’actualité de la plateforme X. Cet outil ne bloque pas les contenus, mais les réorganise, comme l’ont rapporté les scientifiques dans la revue “Science”. Leur étude pourrait un jour permettre aux utilisateurs de prendre le contrôle de leurs algorithmes sur les réseaux sociaux, y compris sur d’autres plateformes.

Suite à l’acquisition de Twitter par Elon Musk en 2022, de nombreuses restrictions mises en place pour protéger les utilisateurs contre la haine et les fausses informations ont été levées. Les voix partageant les opinions politiques de Musk ont bénéficié d’une plus grande visibilité sur le réseau.

Réorganisation en temps réel grâce à l’IA

L’équipe de Stanford a créé une extension de navigateur, sans collaboration avec X, permettant de réorganiser les fils des participants à l’étude. Les publications contenant des discours antidémo­cratiques ou des propos hostiles ont été repositionnées plus bas dans le fil d’un utilisateur. Un modèle de traitement du langage par IA analysait le fil en temps réel, sans supprimer ni bloquer aucun contenu.

L’expérience a été menée avant les élections présidentielles de 2024 avec 1 256 participants. Ces derniers ont été répartis aléatoirement dans deux groupes : l’un recevant en priorité des contenus polarisants, l’autre des contenus moins chargés émotionnellement. Les participants dont les contenus hostiles ont été atténués ont montré une attitude plus positive envers l’opposition, un phénomène observé chez des individus de toutes orientations politiques.

Un fil d’actualité personnalisable

Michael Bernstein, professeur à l’École d’ingénierie de Stanford, a déclaré : “Les algorithmes des réseaux sociaux influencent directement nos vies, mais jusqu’à présent, seules les plateformes avaient la clé pour les façonner”. Il ajoute que leur approche pourrait donner cette possibilité aux chercheurs et aux utilisateurs.

Cet outil pourrait favoriser des initiatives visant à diminuer non seulement les hostilités politiques, mais aussi à renforcer la confiance sociale et à promouvoir un discours démocratique plus sain au-delà des clivages partisans.

Des ajustements algorithmiques révélateurs

Josephine Schmitt, coordonnatrice scientifique au Centre pour les études avancées d’internet à Bochum, a souligné que l’étude montre des effets significatifs sur les tensions émotionnelles entre différents groupes politiques. Elle fait valoir que même de petites modifications algorithmiques peuvent influencer la perception qu’une personne a de l’opposition, prouvant que la gestion des flux d’information n’est pas neutre et impacte les émotions.

Philipp Lorenz-Spreen, du Max-Planck-Institut, a ajouté que les résultats de cette étude ne peuvent pas être facilement extrapolés à la situation allemande. Il est préférable de répéter ce type d’expérience dans d’autres pays pour obtenir des résultats généralisables.

Points à retenir

  • Cet outil d’IA de Stanford redéfinit la manière dont les contenus sont présentés sur les réseaux sociaux sans blocage.
  • Les participants ayant des contenus hostiles atténués ont montré des attitudes plus favorables envers leurs opposants.
  • La personnalisation des algorithmes pourrait renforcer le discours démocratique et la confiance entre utilisateurs.
  • Des ajustements mineurs dans les algorithmes peuvent avoir des effets mesurables sur les ressentis politiques.
  • Il est essentiel d’adapter ces études aux contextes locaux, notamment en Europe.

Elle nous pousse à réfléchir à l’importance des algorithmes dans la formation de nos opinions et nos interactions. L’idée que nous pourrions un jour contrôler ce que nous voyons sur ces plateformes est à la fois enthousiasmante et inquiétante. Qu’en pensez-vous ? La possibilité de reconstruire notre expérience numérique peut-elle réellement changer notre perception du monde ?


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