sam. Juin 27th, 2026

Plus de 3 000 conseillers financiers se sont réunis lors de la conférence annuelle ConnectED organisée par Osaic, un événement qui a su rassembler aussi bien les nouveaux venus que des participants de longue date.

Michael Ferrera, directeur de division chez Independent Capital Management, affilié à Osaic, basé en Californie, confie qu’il assiste à cette conférence depuis 31 ans. Son parcours illustre bien l’évolution du secteur, étant passé par Sun America puis SagePoint Financial, avant leur intégration à Osaic.

Cette année, il est particulièrement intéressé par l’intégration de l’intelligence artificielle dans les métiers du courtage. « Mon équipe utilise ces outils avec beaucoup d’enthousiasme », explique-t-il. « L’IA résume les informations, prépare les réunions avec les clients et rappelle les points abordés précédemment. C’est un outil vraiment pratique. »

Les outils d’IA pour la prise de notes, proposés par Osaic via des prestataires comme Jump ou Zocks, ont suscité un vif intérêt auprès des conseillers. Au-delà de l’IA, d’autres sujets essentiels ont été abordés, tels que les options de financement, les modèles de rémunération à honoraires, ainsi que les investissements émergents, allant de l’indexation directe aux cryptomonnaies.

John Tegtmeier, planificateur financier certifié basé au Texas, participe à la conférence depuis 20 ans. Il se montre curieux de mieux comprendre l’usage de l’IA pour les notes, les dernières réglementations en matière de conformité, ainsi que les transition vers des modèles à honoraires.

Selon lui, le modèle “fee-only” permet de valoriser l’aspect humain dans un métier de plus en plus automatisé. « L’IA offre de nombreux avantages, mais comment s’y opposer ? » s’interroge-t-il. Il rappelle les évolutions successives, de la rémunération à la commission aux actifs gérés, avant d’évoquer une possible évolution vers des contrats de type “rétention” ou facturation à la réunion ou au service.

Benjamin Prescott, fondateur de Prescott Financial en Floride, assistait pour la première fois à l’événement quelques mois après avoir lancé sa propre structure. Malgré son jeune âge, il s’intéresse aux questions de succession, un sujet récurrent auprès de ses clients, probablement inquiets du futur de leur conseiller unique.

Il exclut toutefois tout retour au modèle salarié (W-2), préférant gérer son entreprise en solo avec l’espoir d’y associer un jour son fils. Notons que 99 % de ses clients l’ont suivi dans cette aventure, témoignant d’une fidélité forte et d’une visibilité locale importante.

Deanna Smith, conseillère financière au sein de l’Investment Centre du CBCBank en Géorgie, travaille du côté institutionnel. Elle souligne que les retours des participants à la précédente édition ont conduit Osaic à renforcer les sessions dédiées aux institutions, avec l’intégration récente de la Navy Federal Credit Union, événement notable pour ce secteur.

L’effort pour représenter la diversité des profils était visible dès l’accueil, avec des rubans identifiant la spécialité des conseillers : honoraires, fusions-acquisitions, clientèle fortunée, nouvelle génération ou institutionnel.

Sarah Cicero, partenaire chez StoneBridge Advisors, arrivée via l’acquisition de Lincoln Financial par Osaic en 2024, apprécie ce grand réseau de plus de 11 000 conseillers. « L’idée est de faire en sorte que ce grand ensemble reste convivial, comme une communauté », explique-t-elle, mentionnant en particulier son engagement au sein du conseil des conseillères, une belle opportunité de réseautage.

Ryan Grossman, autre recrue récente de StoneBridge après presque 20 ans chez CoreBridge Financial, découvre tout un nouveau panel de possibilités. « Succession, acquisition de portefeuilles, formation, et planification d’entreprise… À CoreBridge, c’étaient des notions quasiment inconnues. Depuis un mois, tout cela est devenu accessible, c’est comme un gamin dans une confiserie. »

La conférence mettait en avant les nombreux services mis à disposition des conseillers. Un stand dédié aux conseils en affaires et aux technologies invitait à améliorer la gestion de son cabinet, à optimiser l’expérience client, à évaluer les outils technologiques et à diversifier les prestations.

Chris Cybulski, conseiller financier à Chisholm Trail Financial Group, a profité de ces échanges pour discuter des options de financement destinées à faciliter l’acquisition de nouvelles pratiques. Avec une moyenne d’une acquisition par an, son équipe s’intéresse aux conseils pour finaliser leur dernière opération.

Issu de Lincoln Financial, et ancien d’Edward Jones, il reconnaît des processus parfois plus exigeants chez Osaic, notamment en matière de conformité. Mais il valorise clairement les progrès sur le plan technologique et le réseau élargi des partenaires produits.

« Certains aspects ont beaucoup progressé, d’autres demandent un peu plus de patience, mais au final, on sait ce qu’il faut faire et on avance », résume-t-il.

Points à retenir

  • La conférence ConnectED d’Osaic rassemble une grande diversité de conseillers, des novices aux plus expérimentés.
  • L’intelligence artificielle trouve une place grandissante, surtout pour faciliter la prise de notes et préparer les échanges avec les clients.
  • Le passage à des modèles rémunérés à honoraires, voire fee-only, suscite un réel intérêt, comme une réponse à l’automatisation croissante.
  • La question de la succession professionnelle commence à toucher même les plus jeunes conseillers.
  • Le dispositif Osaic inclut désormais davantage de sessions dédiées aux institutions, renforçant ainsi son offre globale.
  • L’accompagnement au financement pour les acquisitions de portefeuilles se structure et séduit particulièrement ceux en phase de croissance.
  • Le réseau Osaic s’agrandit et vise à rester à taille humaine malgré ses plus de 11 000 conseillers affiliés, grâce à une dynamique communautaire.

Le monde du conseil financier, tout en évoluant à grande vitesse, peine encore à clarifier son avenir face à l’IA et aux formes de rémunération. On dirait qu’on cherche encore la meilleure manière de vendre du conseil sans vendre son âme au diable technologique. Ou alors c’est juste moi qui suis un peu méfiant, je vous laisse en juger.


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