La startup de robotique Figure AI a des ambitions considérables pour ses robots humanoïdes, propulsés par l’IA propriétaire Helix. Elle envisage de produire 12 000 unités par an, avec un objectif de 100 000 unités dans les quatre premières années. Le modèle Figure 02, conçu pour des tâches physiques et doté d’une force comparable à celle d’un humain, ne sera toutefois pas commercialisé. En revanche, le nouveau modèle Figure 03, légèrement plus petit (1,68 m) et plus léger (61 kg) que son prédécesseur, sera destiné aux consommateurs et conçu pour réaliser des tâches ménagères telles que le rangement des chambres, le chargement du lave-vaisselle ou le pliage du linge.
Cependant, ces robots pourraient poser des risques, comme l’indique une plainte déposée par un ancien employé licencié après avoir alerté la direction sur le fait que les robots sont « suffisamment puissants pour provoquer des fractures crâniennes humaines », selon des source de Futurism.
Le plaignant, Robert Gruendel, ingénieur principal de sécurité en robotique, a déposé sa plainte vendredi dernier auprès d’un tribunal fédéral du District Nord de Californie. Les avocats de Gruendel affirment que son « licenciement abusif » est survenu en septembre, quelques jours après qu’il ait exposé à la direction ses « préoccupations de sécurité bien documentées ».
Cette action en justice survient seulement deux mois après que Figure ait atteint une valorisation de 39 milliards de dollars (environ 33,6 milliards d’euros) lors d’une levée de fonds dirigée par Parkway Venture Capital. Cela représente un multiplicateur de 15 par rapport à sa valeur au début de 2024, lorsque la société avait déjà sécurisé des financements auprès d’investisseurs tels que Jeff Bezos, Nvidia et Microsoft.

Capacités potentiellement dangereuses
Dans sa plainte, les avocats de Gruendel affirment qu’il a informé le PDG de Figure, Brett Adcock, et l’ingénieur en chef, Kyle Edelberg, des capacités potentiellement létales du robot. Un Figure 02 a failli blesser un employé en raison d’une défaillance technique, laissant une marque de près de 6 millimètres sur une porte en acier d’un réfrigérateur de bureau.
Bien que le Figure 02 ne sera pas commercialisé, il a été testé pendant 11 mois dans une usine de BMW aux États-Unis, contribuant à la production de plus de 30 000 véhicules, selon le constructeur. Après la présentation du Figure 03, la société a annoncé le retrait du Figure 02 pour intégrer les enseignements tirés à son nouveau modèle.
Gruendel a effectué des tests d’impact avec le Figure 02, concluant qu’il pouvait provoquer des blessures graves. Il a constaté que le robot se déplaçait à’une « vitesse surhumaine », générant des impacts évalués comme étant vingt fois supérieurs au seuil de la douleur. Gruendel a également estimé que la force exercée par le Figure 02 était environ deux fois supérieure à celle nécessaire pour fracturer un crâne humain adulte.
Selon la plainte, la société avait soumis une « feuille de route de sécurité » à des investisseurs potentiels qui ont ensuite financé l’entreprise. Gruendel a expressément mis en garde la direction de Figure AI contre une possible « dévalorisation » de ce plan de sécurité, craignant que cela ne nuise à la perception des investisseurs après la levée de fonds, un acte qui pourrait être interprété comme frauduleux.
Toutefois, les préoccupations de Gruendel ont été « considérées comme des obstacles, non comme des obligations », et la société a prétendu qu’un « vague changement de direction » était le prétexte à son licenciement, selon le document judiciaire. Gruendel réclame des dommages économiques, compensatoires et punitifs, et demande un procès avec jury.
De son côté, la société a déclaré que Gruendel avait été « licencié pour cause de sous-performance » et que ses « allégations sont des mensonges que Figure réfutera complètement devant les tribunaux ».
Points à retenir
- Figure AI prévoit une production massive de robots humanoïdes pour des missions domestiques.
- Le risque de blessures causées par ces robots soulève des inquiétudes sur leur sécurité.
- La plainte de Robert Gruendel met en lumière un conflit entre sécurité et innovation.
- Le modèle Figure 02 a été testé avec des résultats significatifs en production automobile.
- Des enjeux économiques existent autour des levées de fonds et de la sécurité des produits.
La situation actuelle soulève des questions fascinantes sur l’équilibre entre progrès technologique et sécurité. En tant qu’observateur, je me demande si la promesse de l’automatisation ne doit pas être tempérée par une réflexion approfondie sur les impacts potentiels sur la vie humaine. La technologie, aussi avancée soit-elle, doit toujours s’accompagner de responsabilités claires et de protocoles de sécurité rigoureux. Quel avenir voulons-nous pour ces robots et, par extension, pour nous-mêmes ?
