OpenAI et Nvidia scellent un partenariat de 100 milliards de dollars pour bâtir l’infrastructure de l’IA

Le partenariat entre OpenAI, la start-up la plus en vue dans le domaine de l’intelligence artificielle, et Nvidia, leader incontesté des processeurs graphiques (GPU), a franchi une nouvelle étape. Ce lundi, à la veille d’un déplacement à Abilene au Texas, Sam Altman, le patron d’OpenAI, et Jensen Huang, le dirigeant de Nvidia, ont conclu un accord historique évalué à 100 milliards de dollars, visant à construire ensemble la prochaine génération d’infrastructures pour l’IA.
Ce montage financier d’envergure vise à soutenir la fabrication massive de centres de données ultra-puissants, clés du développement des modèles d’intelligence artificielle générative. Nvidia s’engage à investir en plusieurs tranches de 10 milliards de dollars dans OpenAI, tout en fournissant ses processeurs de dernière génération, indispensables aux opérations de calcul intensif.
La collaboration entre les deux entreprises, déjà bien établie depuis plusieurs années, se renforce ainsi considérablement. À ce jour, Nvidia est une pièce maîtresse dans l’arsenal technologique d’OpenAI, grâce à sa gamme de GPU utilisés notamment par ChatGPT. Ce nouveau partenariat est un jalon majeur dans la recomposition du secteur, où le poids technologique et financier se concentre autour de ces deux acteurs.

Sam Altman a indiqué lors d’un entretien que les prochains mois seront cruciaux : « OpenAI doit exceller dans la recherche en IA, créer des produits qui séduisent et relever un défi sans précédent sur le plan infrastructurel ». Ce partenariat sera au cœur de cette montée en puissance.
Si Nvidia devient le partenaire privilégié d’OpenAI pour la fourniture de matériel, cette relation n’est pas exclusive. OpenAI continue de collaborer avec d’autres géants du cloud comme Microsoft, qui reste un acteur majeur malgré une information rapportée tardivement concernant cet accord. La firme continue aussi à s’appuyer sur des alliances stratégiques, notamment avec Oracle et SoftBank dans le cadre du projet Stargate. Lancé au début de l’année et soutenu par plusieurs acteurs internationaux, Stargate vise à bâtir l’infrastructure IA de demain et réunit désormais tous les grands contrats de capacité de calcul d’OpenAI.
L’enjeu est colossal puisque l’objectif est d’atteindre une capacité installée de 10 gigawatts, avec un calendrier visant à mettre en service les premiers centres dès la deuxième moitié de l’année prochaine. Une étude approfondie de centaines de sites potentiels en Amérique du Nord a été menée, en fonction de critères essentiels comme l’accès à l’énergie, la faisabilité administrative et les conditions financières.
Enfin, au-delà de ces performances matérielles, OpenAI envisage de devenir un acteur direct du cloud en proposant ses propres services. Cela pourrait bouleverser l’équilibre actuel dominé par Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud, confirmant l’ambition d’OpenAI de maîtriser tous les maillons de la chaîne technologique et financière.
Points à retenir
- L’accord de 100 milliards de dollars entre OpenAI et Nvidia marque un tournant stratégique dans le secteur de l’IA.
- Nvidia investira par tranches successives de 10 milliards, avec une valorisation progressive d’OpenAI en fonction des étapes.
- La collaboration prolonge une histoire commune depuis 2016, quand Nvidia a livré son premier supercalculateur à OpenAI.
- Le projet Stargate fédère désormais plusieurs partenaires majeurs autour d’une infrastructure mondiale pour l’intelligence artificielle.
- OpenAI reste vigilant à conserver une certaine souplesse en collaborant aussi avec d’autres fournisseurs cloud et concepteurs de puces.
- L’ambition d’OpenAI s’étend au-delà du développement de l’IA, en envisageant une entrée sur le marché du cloud computing.
- La localisation et la mise en service des infrastructures sont soumises à de nombreux critères, notamment énergétiques et réglementaires.
En fin de compte, on assiste à la montée en puissance d’un duo technologique et financier incontournable, qui reste à la croisée des chemins entre innovation disruptive et défi industriel de très grande ampleur. Et il faudra garder un œil sur ce partenariat, non seulement pour ce qu’il promet en termes de technologies d’avenir, mais aussi pour les conséquences potentielles sur le paysage mondial du cloud et de l’IA. Comme on dit, lorsque deux géants déplacent autant d’argent, ce n’est jamais juste pour faire joli dans le décor. À suivre, sans modération.
