À l’occasion de la 47e Journée mondiale du tourisme, l’archevêque Rino Fisichella, en qualité de pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, met en garde contre le risque d’une standardisation de l’expérience voyage par les algorithmes, ce qui entraverait la découverte de la richesse des rencontres humaines, souvent considérées comme les plus précieuses des découvertes. Il souligne également les enjeux liés à l’exclusion numérique et la régulation sur la collecte des données comportementales des voyageurs.
Lorsque le voyage se réduit à une « évasion de la réalité » permise par la technologie, on perd plus qu’une simple expérience : l’optimisation éteint le sens de l’émerveillement, qui est une forme authentique de connaissance. De plus, la mise en spectacle du voyage, centrée sur la consommation, dilute l’ »échange culturel et personnel ». Assimiler le tourisme à l’intelligence artificielle soulève des interrogations sur l’exclusion numérique, potentiellement néfaste pour les communautés qui dépendent du tourisme comme d’une « source vitale de subsistance », ainsi que sur la collecte massive des données des voyageurs, qui pourrait devenir un « outil de contrôle inacceptable pour la liberté et la dignité humaine ». Tels sont quelques-uns des points avancés par l’archevêque dans son message diffusé le 11 juin, à l’approche de cette Journée mondiale prévue le 27 septembre.
L’IA, un outil ambivalent
Le sens et la valeur de « cette incroyable rencontre entre les peuples » sont également soumis aux risques et aux atouts de l’intelligence artificielle. Selon le Pape Léon XIV dans son encyclical Magnifica humanitas : « l’IA n’est pas neutre, car elle prend la forme de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent ». Cependant, elle peut devenir un allié précieux du tourisme durable et accessible, à condition « qu’elle demeure un outil au service de l’homme et ne se transforme pas en un système de contrôle, de discrimination ou d’exclusion ».
Des opportunités pour tous
Parmi les avantages que l’archevêque voit dans l’application de l’IA au secteur du tourisme, on retrouve l’accès à l’information, la personnalisation des expériences, l’optimisation des parcours et la réduction de l’impact environnemental. Grâce aux nouvelles technologies, les personnes en situation de handicap peuvent explorer des lieux et vivre des expériences qui leur étaient auparavant inaccessibles. Les communautés locales dans les pays en développement ont désormais la possibilité de mettre en valeur leur patrimoine à travers des plateformes numériques, comme jamais auparavant. De plus, cela permet de suivre et de réduire l’impact environnemental des flux touristiques, contribuant ainsi à la préservation de notre planète.
La magie de la découverte
Mais la technologie ne saurait remplacer « le regard émerveillé posé sur un paysage inédit, la poignée de main entre inconnus, l’émotion face à une œuvre d’art ou un lieu sacré ». En somme, « les plateformes numériques et systèmes d’intelligence artificielle doivent être conçus et employés pour favoriser les vraies rencontres entre individus et cultures, plutôt que de réduire ces moments à de simples expériences virtuelles ou à une consommation d’images ».
Les dangers d’un tourisme algorithmiques
Des avantages aux risques, Fisichella met en lumière « l’absence de dimension humaniste lorsque le touriste est perçu comme un simple objet, le voyage comme un produit à optimiser, et la rencontre culturelle comme un spectacle à consommer ». Ainsi, selon l’archevêque, « la plus précieuse des découvertes » s’évanouit. De plus, ceux qui n’ont pas accès aux technologies sont exclus, et la vie privée des voyageurs se trouve compromise. Pour conclure, le tourisme peut devenir une « école de fraternité » uniquement lorsqu’il est vécu avec authenticité, comme une expérience « qui enrichit le cœur et l’esprit, qui enseigne la richesse de la diversité et la solidarité ».
Points à retenir
- Les algorithmes peuvent standardiser l’expérience touristique, réduisant l’importance des rencontres humaines.
- L’intelligence artificielle n’est pas intrinsèquement négative mais doit rester un outil au service de l’humain.
- Les nouvelles technologies peuvent favoriser l’accès pour les personnes en situation de handicap.
- Les communautés locales peuvent mieux valoriser leur patrimoine grâce au numérique.
- Il est essentiel d’éviter de réduire le voyage à une simple consommation.
En examinant ces points, je ne peux m’empêcher de me poser la question : comment trouverons-nous le juste équilibre entre les bénéfices de la technologie et la préservation des expériences humaines authentiques ? La discussion sur le tourisme de demain mérite d’être approfondie, car il contribue non seulement à notre compréhension du monde, mais également à la manière dont nous interagissons les uns avec les autres. Ce qui est certain, c’est que la richesse des voyages repose avant tout sur notre capacité à nous ouvrir aux autres.