sam. Juin 13th, 2026

Les relations sociales représentent une ressource précieuse, offrant soutien et ouvrant des portes vers de nouvelles opportunités. Toutefois, la formation de ces réseaux n’est pas le fruit du hasard : des facteurs tels que le genre, l’origine et la situation socio-économique jouent un rôle déterminant dans nos interactions. Par exemple, le statut social d’un individu influence considérablement sa façon d’interagir avec des personnes occupant des positions similaires ou différentes dans la hiérarchie sociale. Cette dynamique peut renforcer les inégalités à travers la formation de groupes distincts, aggravant ainsi la fracture sociale. Cela se vérifie lorsque des individus bénéficiant de nombreux contacts influents se concertent, créant des barrières au lieu de ponts.

Samuel Martin-Gutierrez, qui a effectué cette étude au Complexity Science Hub (CSH), souligne que « lorsque des groupes majoritaires se regroupent, cela engendre une invisibilité structurelle pour les minorités ». Avec Fariba Karimi, responsable du groupe de recherche sur l’équité algorithmique au CSH et professeur à l’Université technique de Graz, et Mauritz N. Cartier van Dissel, ils s’efforcent de comprendre comment les inégalités issues de diverses caractéristiques identitaires, telles que le genre et l’origine, impactent le capital social des personnes défavorisées.

« La nouveauté de notre étude réside dans le fait que nous démontrons comment divers attributs peuvent agir simultanément sur les réseaux sociaux », explique Martin-Gutierrez. Les résultats indiquent que la taille des groupes, les préférences de connexion et les corrélations entre les caractéristiques engendrent de nouveaux et complexes schémas d’avantages et de désavantages. Afin d’évaluer ces inégalités intersectionnelles, les chercheurs ont mis en place un modèle de réseau, testé avec des données réelles provenant de plus de 40 000 élèves américains de 1994-1995. Les adolescents ont identifié leurs amis, tandis que des informations sur le genre, l’appartenance ethnique et le niveau scolaire ont été analysées.

« Nos résultats révèlent que les désavantages en matière de relations sociales se manifestent souvent de manière inattendue, lorsque plusieurs caractéristiques identitaires s’entremêlent », souligne Karimi. En moyenne, les filles disposent de plus de connexions sociales que les garçons. Cependant, il est à noter que les filles noires sont moins nombreuses dans leurs amitiés comparativement à leurs consœurs blanches. Ainsi, le désavantage structurel d’être à la fois noire et féminine contrebalance l’avantage général dont bénéficient les filles, qui sont souvent plus désignées comme amies que les garçons, selon les conclusions de l’étude.

Les élèves blanches jouissent du plus grand nombre de connexions sociales, favorisées par leur statut majoritaire et la préférence générale accordée aux filles. Bien que les garçons blancs bénéficient aussi de cette majoritaire, les élèves noirs se montrent étonnamment bien connectés à certains niveaux scolaires. Karimi qualifie ce phénomène d’émergence intersectionnelle, où des avantages inattendus naissent d’interactions complexes entre les préférences de groupes, leur taille et leur contexte. Étant donné que les études précédentes se concentraient sur des caractéristiques individuelles, ces effets étaient souvent négligés. Les résultats soulignent l’importance de considérer les individus dans toute leur complexité, comme l’a souligné Karimi.

L’étude faisait partie d’un projet soutenu par le Conseil européen de la recherche (ERC) intitulé NetFair. La méthode développée pourrait contribuer à concevoir des établissements d’enseignement, des plateformes sociales ou des programmes politiques permettant de détecter et de corriger les désavantages structurels de manière précoce, selon les chercheurs de Vienne et de Graz. Ils ont également créé une visualisation interactive qui utilise des métaphores telles que des planètes habitées par des chiens et des chats pour illustrer la notion de justice sociale et son influence.

Points à retenir

  • Les réseaux sociaux sont influencés par des facteurs multiples tels que le genre et l’origine.
  • Le statut social impacte la façon dont les individus interagissent entre eux.
  • Les inégalités peuvent se renforcer lorsque des groupes majoritaires s’isolent.
  • Les filles ont en moyenne plus de connexions sociales que les garçons, sauf dans le cas des filles noires.
  • Le projet NetFair vise à identifier et corriger les désavantages structurels dans divers contextes.

En tant que passionné de ces questions sociales, je me demande comment nos interactions continuent de façonner nos sociétés. Les mécanismes d’exclusion basés sur des caractéristiques identitaires complexes posent un véritable défi. Il est impératif de trouver des solutions qui favorisent l’inclusion, car derrière chaque relation se cachent des opportunités. Comment pouvons-nous, à notre échelle, construire un monde social plus équitable?


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