21 août 2025 —
Une équipe de recherche est à la recherche d’enfants et de jeunes âgés de six à 24 ans ayant pris des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pour traiter la dépression, l’anxiété ou le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), afin de personnaliser les traitements au Manitoba et au-delà.
Environ 1,2 million d’enfants et de jeunes au Canada souffrent de troubles mentaux. La dépression, l’anxiété et le TOC figurent parmi les troubles mentaux les plus répandus chez cette tranche d’âge.
Les ISRS sont généralement considérés comme les médicaments de première ligne pour ces troubles, représentant le deuxième type de médicaments le plus prescrit aux enfants et aux jeunes canadiens souffrant de troubles mentaux.
Un rapport du Toronto Star a révélé une augmentation de 240 % des prescriptions d’antidépresseurs pour les moins de 18 ans à travers le Canada entre 2009 et 2019. Ce phénomène serait en partie dû à l’augmentation des temps d’attente pour les thérapies et le counseling. Selon le Manitoba Centre for Health Policy, entre 2010 et 2013, 14 % des enfants âgés de six à 19 ans ont été diagnostiqués avec un trouble mental au Manitoba.
Bien que les ISRS soient généralement efficaces et bien tolérés, ils ne conviennent pas à tout le monde et peuvent entraîner des effets secondaires indésirables chez certains enfants et jeunes.
“Un jeune peut devoir passer par de nombreux essais pour trouver un antidépresseur qu’il peut tolérer, ce qui peut prendre des mois, voire des années. Cela conduit souvent à l’arrêt du traitement ou à d’autres conséquences graves affectant leur vie et celle de leurs proches”, a déclaré le Dr Abdullah Maruf, professeur adjoint et responsable du Pharmacogenomics Knowledge to Action (PGx-K2A) Lab de la Rady Faculty of Health Sciences de l’Université du Manitoba.
À propos de l’étude

Dr. Abdullah Maruf dans le laboratoire du campus Bannatyne de l’UM, au Apotex Centre.
Pour faire face à ce problème, l’équipe de Maruf dirige le projet PGx-SImBA (Pharmacogénomique de l’activation comportementale induite par les ISRS). Cette initiative de recherche regroupe des étudiants diplômés et des étudiants en PharmD du Collège de pharmacie, ainsi que des assistants et associés de recherche. L’étude est réalisée en collaboration avec le Dr Laurence Katz, psychiatre pour enfants et adolescents et professeur au Max Rady College of Medicine de l’UM. L’équipe comparera les profils génétiques des enfants et des jeunes qui tolèrent ces médicaments à ceux qui éprouvent des effets secondaires indésirables, en se concentrant sur des effets comportementaux néfastes tels que l’hyperactivité, l’impulsivité, l’irritabilité et l’insomnie.
“Le succès de cette étude pourrait changer la manière dont les antidépresseurs sont prescrits aux enfants et aux jeunes”, a déclaré Maruf. “En utilisant des tests génétiques, nous espérons offrir aux professionnels de santé et aux parents un moyen personnalisé d’évaluer le risque d’effets indésirables.”
La recherche a reçu un financement de la Fondation du Centre des sciences de la santé et de l’Institut de recherche de l’hôpital pour enfants du Manitoba. Le groupe de participants fait également partie de l’étude pan-canadienne sur les données génomiques, environnementales et de santé mentale (Pan-GEM), laquelle fait partie de l’Initiative canadienne de santé de précision de Génome Canada, ayant obtenu un financement de 10 millions de dollars. Maruf est co-investigateur et responsable pour le Manitoba.
Que feront les participants à la recherche ?
Les enfants et les jeunes du Manitoba, âgés de six à 24 ans, qui ont éprouvé ou non des effets indésirables provenant de la prise d’antidépresseurs, seront sollicités pour :
- Compléter un court questionnaire en ligne (avec l’aide d’un parent si nécessaire).
- Fournir un échantillon de salive pour des tests génétiques.
Les participants recevront un kit de test par la poste après s’être inscrits en ligne. Toutes les informations recueillies seront confidentielles et la participation est entièrement volontaire.
Pour en savoir plus ou s’inscrire en tant que participant, rendez-vous sur maruf-lab.org/pgx-simba.
Notre Opinion Tech
Le projet dirigé par le Dr Maruf et son équipe représente une avancée significative dans le domaine de la pharmacogénomique et du traitement personnalisé des troubles mentaux. À une époque où les patients jeunes sont souvent confrontés à des solutions standardisées, il est essentiel d’intégrer des approches basées sur leur profil génétique. Cela pourrait ouvrir de nouvelles voies pour le traitement des troubles mentaux, permettant ainsi d’optimiser l’efficacité des médicaments tout en minimisant les effets secondaires indésirables. Cette méthodologie pourrait également inciter les professionnels de santé à repenser leur approche en matière de prescription médicamenteuse.
Bon à savoir
Les problématiques de santé mentale chez les jeunes sont souvent sous-estimées, c’est pourquoi une sensibilisation accrue et une recherche continue sont essentielles pour offrir le soutien adéquat. Les avancées dans le domaine de la pharmacogénomique pourraient notamment favoriser des traitements plus efficaces et adaptés.