L’intelligence artificielle progresse à une vitesse sans précédent. Ce week-end, OpenAI, la société derrière ChatGPT, a dévoilé Astra, un nouveau modèle d’IA capable de résoudre des problèmes qui semblaient jusqu’à présent inaccessibles à l’intelligence humaine. Sam Altman, son directeur exécutif, a affirmé que cet outil pouvait résoudre dix problèmes mathématiques, dont certains demeuraient non résolus depuis trois décennies. Parmi eux figurent deux problèmes notables de la liste d’Erdős, posés par le mathématicien hongrois Paul Erdős, une figure emblématique du domaine, qui a laissé de nombreux dilemmes ouverts jusqu’à sa mort en 1996.
Ces dix problèmes sont issus de domaines de haute complexité : géométrie en haute dimension, théorie du codage, algèbres d’opérateurs et complexité quantique, entre autres. OpenAI a également profité de cette annonce pour lancer un nouveau programme visant à encourager la recherche scientifique en offrant ses modèles gratuitement à 100 000 scientifiques et mathématiciens. “Nous voulons donner aux chercheurs les outils nécessaires pour accélérer la découverte”, expliquait le communiqué d’OpenAI.
Des problèmes mathématiques résolus par IA pour seulement 2 000 dollars
OpenAI a même évalué le coût pour résoudre ces problèmes avec son nouveau modèle d’IA. D’après la société, il suffit de 2 000 dollars pour élucider ces énigmes mathématiques, si l’on utilise la tarification des tokens, la monnaie interne des IA.
Par ailleurs, au début de juin, l’Union Mathématique Internationale (IMU) a officiellement soutenu un communiqué mettant en garde contre les risques liés à l’intégration d’outils d’IA sans régulations ni garanties suffisantes pour la résolution de problèmes mathématiques. Ce document, connu sous le nom de “Déclaration de Leiden sur l’Intelligence Artificielle et les Mathématiques”, a déjà recueilli plus de 3 400 signatures d’académiciens, de mathématiciens et de professeurs issus de certaines des meilleures universités internationales.
L’Union Mathématique Internationale exige une régulation et un soutien à la recherche publique
En outre, le texte exprimait une “grave préoccupation éthique”, dans un contexte où les conséquences d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle sont largement débattues, notamment en ce qui concerne la guerre, la surveillance de masse, les disruptions politiques et les dommages environnementaux. “Si nous n’agissons pas, nous risquons de devenir complices dans le soutien à des technologies qui menacent bien plus que la pratique des mathématiques”, affirmait le texte.
Pour faire face à ces risques, le communiqué propose plusieurs recommandations aux mathématiciens, notamment l’affirmation de l’auteur humain d’un travail, l’évaluation des conséquences éthiques et l’utilisation responsable des outils disponibles. Des conseils sont également adressés aux organisations mathématiques et aux bailleurs de fonds de recherche, leur demandant de maintenir des standards de rigueur, de protéger les droits d’auteur et de renforcer le soutien aux laboratoires publics.
De plus, le document appelle les décideurs politiques à réguler l’industrie de l’intelligence artificielle et à investir davantage dans “l’infrastructure informatique publique”.
Le nouveau modèle intègre des “multi-agents” pour résoudre des problèmes complexes de manière coordonnée
En outre, le nouveau modèle de ChatGPT présente des évolutions dans son fonctionnement. Astra sera un modèle conçu pour des tâches plus complexes. Ce système d’IA comportera un mécanisme de multi-agents, permettant à plusieurs processus spécialisés de travailler simultanément pour résoudre des problèmes. Dans un contexte de recherche académique, cela pourrait faciliter la division de problèmes scientifiques en sous-problèmes et la révision autonome des résultats. Ce mode de fonctionnement se rapproche du travail d’une équipe de chercheurs, chaque agent d’IA jouant un rôle spécifique pour accomplir une tâche.
Points à retenir
- OpenAI a lancé un modèle d’IA révolutionnaire, Astra, capable de résoudre des problèmes mathématiques complexes.
- Le coût pour résoudre ces problèmes avec Astra est estimé à 2 000 dollars.
- Une déclaration de l’Union Mathématique Internationale appelle à une régulation des outils d’IA dans le domaine mathématique.
- Le modèle utilise un système de multi-agents pour traiter des questions complexes de manière coordonnée.
- Cette avancée pose des questions éthiques et d’investissement dans la recherche publique.
Il est fascinant de réfléchir aux implications de ces avancées. En tant que passionné de mathématiques et de technologie, je me demande comment l’IA pourrait transformer notre compréhension des mathématiques et de la recherche scientifique. Équilibrer l’innovation et l’éthique sera crucial à mesure que nous avançons dans cette ère où l’IA pourrait devenir un allié puissant ou un outil potentiellement problématique. Quels seront les défis à relever pour garantir que cette transformation se fasse de manière responsable et bénéfique pour tous ?
